Deux femmes sont décédées dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une tentative de traversée clandestine de la Manche au sud de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, a appris l'AFP des autorités.
Le drame s'est produit à hauteur de Neufchùtel-Hardelot alors que prÚs d'une centaine de migrants tentaient de prendre la mer sur une embarcation de fortune, a déclaré à l'AFP la sous-préfÚte de Montreuil-sur-Mer, Isabelle Fradin-Thirode.
Une soixantaine de personnes ont été prises en charge par la protection civile, les autres s'étant dispersées avant l'arrivée des secours, a-t-elle précisé.
Trois personnes en hypothermie légÚre, un couple et leur enfant, ont par ailleurs été transportées "trÚs rapidement" à l'hÎpital de Boulogne-sur-Mer, a ajouté la sous-préfÚte.
Cela porte à au moins 25 le nombre de personnes décédées au cours de ces tentatives de traversées clandestines de la frontiÚre franco-britannique depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.
Plus de 500 migrants ont péri dans la Manche depuis 1999, selon des associations.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre, trois migrants sont morts, vraisemblablement Ă©crasĂ©s au fond d'une embarcation partie de Sangatte, prĂšs de Calais. Le prĂ©fet du Pas-de-Calais, Laurent Touvet, avait alors Ă©galement mentionnĂ© trois migrants probablement disparus en mer dans un autre secteur durant la mĂȘme nuit.
Vendredi, une Ă©quipe de l'AFP Ă Gravelines (Nord) avait constatĂ© que plusieurs centaines de migrants se dĂ©plaçaient vers le littoral, s'apprĂȘtant Ă tenter des dĂ©parts vers le Royaume-Uni depuis diffĂ©rents endroits Ă la faveur d'une fenĂȘtre mĂ©tĂ©o favorable.
- "Si je reste ici, je suis mort" -
Ces traversées trÚs périlleuses se font sur des embarcations de fortune de quelques mÚtres de long, surnommées "small boats", souvent surchargées et dont les départs sont réguliÚrement chaotiques.
MalgrĂ© le renforcement rĂ©gulier des moyens français pour empĂȘcher ces traversĂ©es - avec un soutien financier consĂ©quent du Royaume-Uni - ces dĂ©parts ne faiblissent pas, bien au contraire: plus de 32.000 personnes sont parvenues Ă rejoindre les cĂŽtes britanniques depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, un record.
Sous la pression notamment de l'extrĂȘme droite, le gouvernement britannique travailliste a conclu un accord migratoire avec Paris cette annĂ©e, entrĂ© en vigueur depuis aoĂ»t, prĂ©voyant le retour en France de migrants entrĂ©s illĂ©galement au Royaume-Uni en Ă©change de l'envoi dans le sens inverse de personnes pouvant prĂ©tendre Ă une rĂ©gularisation, sur le principe du "un pour un".
De premiers échanges de quelques personnes entre Paris et Londres dans le cadre de ce nouvel accord ont eu lieu ce mois-ci.
Mais ce dispositif, trÚs critiqué par les ONG et s'exposant à des recours en justice, n'a pour l'instant qu'une portée essentiellement symbolique.
Il ne dissuade guÚre les candidats à l'exil de tenter de traverser la Manche, eux qui ont déjà souvent vécu tant d'autres épreuves avant d'arriver si prÚs de leur but ultime.
Plusieurs migrants rencontrĂ©s par l'AFP plus tĂŽt cette semaine dans le camp prĂ©caire de Loon-Plage, prĂšs de Dunkerque (Nord), Ă©taient ainsi sur la mĂȘme longueur d'onde.
Saad, un Palestinien d'Irak de 30 ans, résumait le mieux la mentalité ambiante à Loon-Plage: "Si je reste ici, je suis mort. Et si je rentre chez moi, je suis mort".
 AFP

Bah, on va tous mourir un jour.
Pctm