Les cheminots, qui contestent la réforme ferroviaire et la remise en cause à venir de leur statut, ont entamé leur quatriÚme épisode de grÚve depuis début avril, avec un taux de grévistes en baisse mais un trafic toujours perturbé mercredi.
Les prévisions de la SNCF annonçaient un TGV sur trois mercredi, ainsi que deux TER et Transiliens sur cinq. Un train Intercités sur quatre devait circuler, ainsi que trois trains sur quatre à l'international. Un trafic malgré tout "en augmentation par rapport au début de la grÚve", a commenté Alain Krakovitch, directeur général SNCF Transilien.
De fait, la SNCF a comptabilisé un taux de 19,8% de grévistes au total mercredi, avec parmi les personnels indispensables à la circulation des trains 60% des conducteurs en grÚve, 51% des contrÎleurs et 23% des aiguilleurs. Des chiffres en baisse par rapport au début du mouvement.
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a reconnu mercredi, dans Les Echos, "une petite baisse" qu'il a attribuée à "la période des vacances scolaires". Mais selon lui, les cheminots en assemblée générale "sont ultra majoritaires pour continuer".
Ils protestent notamment contre la fin du recrutement au statut pour les futurs embauchĂ©s Ă la SNCF, qui interviendra Ă partir du 1er janvier 2020, a annoncĂ© Matignon mercredi. Cette date "correspond notamment au dĂ©but de la reprise de la dette de la SNCF et la transformation du statut de l'entreprise", a-t-on justifiĂ© de mĂȘme source.
Ce quatriÚme épisode de deux jours de grÚve sur cinq, à l'appel des syndicats CGT, Unsa et CFDT - SUD-Rail appelant lui à une grÚve illimitée - s'achÚvera vendredi à 07H55.
A Lyon Part-Dieu, la dizaine de gilets rouges aux entrĂ©es Ă©tait trĂšs sollicitĂ©e mercredi matin. "Les deux premiers jours de grĂšve, c'Ă©tait le plus dur", relativise Abdelafid Benghalia, venu de Villefranche-sur-SaĂŽne. "LĂ c'est plus facile" car "c'est les vacances. Je suis mĂȘme arrivĂ© assis ce matin", se fĂ©licite-t-il.
A Marseille, la majoritĂ© des voyageurs prĂ©sents en gare avaient un train, les autres ayant anticipĂ©. MĂȘme constat Ă Rennes, oĂč les rares voyageurs prĂ©sents devaient cependant attendre trois heures pour prendre un TGV pour Paris.
Mardi, le projet de loi "pour un nouveau pacte ferroviaire" a Ă©tĂ© trĂšs largement adoptĂ© en premiĂšre lecture par les dĂ©putĂ©s, avec 454 voix pour, 80 contre et 29 abstentions. Une majoritĂ© "allant bien au-delĂ de la majoritĂ© gouvernementale", a saluĂ© la ministre des Transports Ălisabeth Borne.
- "Nouvelle provocation" -
Les syndicats avaient, eux, dénoncé par avance un passage "en force" du gouvernement. La ministre du Travail Muriel Pénicaud les a invités mercredi à tenir compte d'"un appel de la démocratie".
Ce projet de loi, que le gouvernement espÚre voir "voté au plus tard début juillet", comporte notamment la transformation de la SNCF en "société nationale à capitaux publics", le calendrier de l'ouverture à la concurrence, et certaines garanties pour les cheminots qui seront transférés vers une autre entreprise ferroviaire concurrente (le "sac à dos social").
Ces garanties seront complétées d'ici le passage au Sénat fin mai, en fonction des concertations, toujours en cours jusqu'à fin avril, a assuré Mme Borne. Le sort des cheminots en cas de refus de transfert reste en suspens.
AprĂšs avoir confirmĂ© dimanche la reprise progressive par l'Ătat d'une partie de la dette de la SNCF, qui avoisine les cinquante milliards d'euros, le prĂ©sident Emmanuel Macron a rĂ©affirmĂ© mercredi croire "profondĂ©ment" dans cette rĂ©forme, alors qu'il Ă©tait interpellĂ© par des cheminots lors d'un dĂ©placement dans les Vosges.
Mais les syndicats n'entendent pas infléchir leur discours. L'annonce lundi par la SNCF du lancement de la filialisation de sa branche de fret ferroviaire a ajouté de l'huile sur le feu. "Une nouvelle provocation", s'est insurgée la CGT. Un "démantÚlement inacceptable" pour la CFDT. Cette décision "sera combattue dans le cadre du conflit social actuel", a assuré l'Unsa.
Une mobilisation nationale et interprofessionnelle est organisée jeudi par la CGT et Solidaires dans l'espoir de former un front unique contre la politique du gouvernement. D'autres secteurs, comme celui de l'énergie ou la RATP, seront également en grÚve.
2018 AFP



Bonjour, les cheminots ont raison de faire grĂšve. Je suis d'accord avec eux.
Tout est fait pour détruire les acquis sociaux. Merci macron