Pour renouer avec les corps intermédiaires

Mobilisation pour l'emploi: Philippe change sa "méthode" avec les partenaires sociaux

  • PubliĂ© le 6 mai 2019 Ă  11:57
  • ActualisĂ© le 6 mai 2019 Ă  12:07
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Penicaud (G) lors d'une rencontre avec les syndicats Ă  Matignon le 11 janvier 2019

En invitant lundi matin à Matignon syndicats, patronat ou encore associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie, l'exécutif espÚre mettre en oeuvre un "changement de méthode" avec les corps intermédiaires aprÚs plus de six mois de crise sociale.

C'est l'un des virages amorcés par Emmanuel Macron à l'issue du grand débat: comment renouer avec ces corps intermédiaires qui pour beaucoup se sont sentis maltraités dans les deux premiÚres années du quinquennat ?
L'exécutif soumet lundi un premier élément de réponse en conviant autour d'Edouard Philippe et d'une dizaine de ministres les réseaux d'élus, représentants des organisations syndicales et patronales ou encore des associations, afin de donner le coup d'envoi d'une "mobilisation nationale et territoriale autour de la formation, l'emploi, et des grandes transitions écologique et numérique".

Cette mobilisation, voulue par M. Macron en réponse à la crise des "gilets jaunes", doit tourner autour de "questions consensuelles, concrÚtes, qui intéressent les Français", explique-t-on à Matignon. "Il se dit qu'on n'a pas suffisamment écouté les corps intermédiaires, nous disons donc +chiche+. Prenons tous nos responsabilités", insiste-t-on encore dans l'entourage du Premier ministre.

ConcrÚtement, cinq chantiers ont été mis sur la table par Matignon, en laissant toutefois la possibilité aux interlocuteurs d'allonger la liste. L'apprentissage tout d'abord, dont le gouvernement a fait la promotion pour susciter de nouvelles vocations. "Notre responsabilité, c'est comment honorer cette demande d'apprentissage", souligne-t-on à Matignon en évoquant les problématiques de logement et de transport pour les quelque 440.000 apprentis actuels.

Les questions des emplois non pourvus et des freins Ă  la reprise d'emploi (transport, logement, garde d'enfant) seront Ă©galement au menu. Dans ce cadre, s'invitera aussi le sujet plus spĂ©cifique de la prime mobilitĂ©, que certains syndicats voudraient rendre obligatoire et que le gouvernement serait prĂȘt Ă  dĂ©fiscaliser.
Des discussions auront également lieu sur l'accompagnement des territoires dans la transition écologique et numérique, ou encore sur les gestes écologiques du quotidien (gestion des déchets, cycles courts, alimentation dans les cantines...).

- "Communication politique" -

"Ce n'est pas une confĂ©rence sociale oĂč l'on essaye de dĂ©cliner un agenda social comme on a pu faire par le passĂ©", insiste-t-on Ă  Matignon oĂč l'on fait valoir qu'il s'agit surtout de s'appuyer sur les outils existants et de s'assurer "de les faire marcher" et de les faire connaĂźtre.
LancĂ©e Ă  Paris, cette mobilisation doit ensuite "descendre sur les territoires, dans les rĂ©gions et les bassins d'emploi", pour une premiĂšre salve de remontĂ©es fin juin. "On distinguera ce qui doit ĂȘtre traitĂ© au niveau national et ce qui doit ĂȘtre traitĂ© au niveau local" pour "qu'en septembre il y ait un agenda de solutions", prĂ©cise-t-on Ă  Matignon.

Reste toutefois à entraßner les corps intermédiaires. Dimanche soir, le patron de la CGT Philippe Martinez entretenait le doute sur sa participation, arguant avoir été prévenu "tardivement". "Avec le président de la République c'est toujours pareil : +je vous invite, mais voilà de quoi on va discuter+", a-t-il lancé sur BFMTV, alors qu'il voudrait, pour sa part, aborder "plein de sujets": les "salaires", "l'augmentation du Smic", le retour de "l'ISF", "les services publics"...

"On n'a pas l'intention de s'inscrire dans une démarche de communication politique, on y va pour rappeler nos revendications", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de Force ouvriÚre Yves Veyrier, en évoquant la généralisation de la prime mobilité ou le bonus-malus sur les contrats courts.
Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CFDT Laurent Berger a, lui, demandĂ© "des rĂ©ponses extrĂȘmement concrĂštes" aux revendications de la centrale. Parmi celles-ci, outre la prime mobilitĂ©, "un encadrement des rĂ©munĂ©rations dans les entreprises, des aides au logement renforcĂ©es pour les salariĂ©s ou encore un pacte de mobilitĂ© pour les jeunes".

De son cÎté, Solidaires a annoncé boycotter la rencontre, afin de ne pas servir de "caution" à l'"entreprise de communication" d'un gouvernement qui "maintient l'ordre social à coup de matraques, LBD, grenades, gaz lacrymogÚne et de fakes news".

AFP

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