À Budapest

Mondiaux d'athlétisme: Richardson la flamboyante se pare d'or sur 100 m

  • PubliĂ© le 22 aoĂ»t 2023 Ă  01:52
  • ActualisĂ© le 22 aoĂ»t 2023 Ă  05:08
L'athlÚte américaine Sha'Carri Richardson célÚbre aprÚs avoir remporté la finale du 100 m féminin aux Mondiaux d'athlétisme à Budapest en Hongrie le 21 août 2023

Son retour sur le devant de la scÚne est flamboyant, à son image: aprÚs deux ans en retrait, la fantasque Américaine Sha'Carri Richardson s'est parée d'or mondial sur 100 m pour ses premiers pas en grands championnats, lundi à Budapest.

Couloir 9, en retard sur ses rivales, Richardson a signé une fin de course canon pour les coiffer sur la ligne d'arrivée. A la clé, un chrono de 10 sec 65 (vent: -0,2 m/s), record personnel et meilleure performance de la saison égalée, pour devancer deux Jamaïcaines déjà médaillées l'été dernier, Shericka Jackson, et la tenante du titre mondial, Shelly-Ann Fraser-Pryce.

Sûre de son fait, la petite bombe texane a immédiatement levé les bras au ciel. Jamais personne n'avait couru aussi vite en finale mondiale.

A 23 ans, sa consécration sur la course reine parachÚve son retour au premier plan. Avant ça, la sprinteuse à la personnalité haute en couleurs, qui avait épaté dÚs 2019 sous les couleurs de l'université de Louisiane, comme le perchiste star Armand Duplantis, restait sur deux déceptions majeures.

Il y a deux ans, elle avait bien franchi les redoutables sélections américaines olympiques, mais une suspension pour un contrÎle positif au cannabis l'avait privée des Jeux de Tokyo.

Il y a un an, elle avait échoué à se qualifier pour les Mondiaux de Eugene (Oregon), les tout premiers sur le sol américain.

"Je ne suis pas de retour, je suis meilleure", se plaßt-elle à répéter. Elle a prouvé qu'elle n'a pas menti.

- Nouvelle star ? -

"Ce chemin, depuis que je suis devenu pro, c'est de savoir que peu importe ce qui arrive, il ne faut pas perdre la foi, pas perdre de vue ses objectifs. Il y aura des bons jours, des mauvais, des horribles, mais il y aura toujours un lendemain Ă  aimer", philosophe Richardson.

"Je veux dire à mes fans, n'abandonnez pas, ne laissez pas les médias, les gens de l'extérieur vous définir", ajoute-t-elle.
Et si, avec elle, l'athlétisme mondial venait de trouver une de ces stars qu'elle recherche depuis que la légende du sprint Usain Bolt a quitté la piste ?

"C'est génial pour ce sport parce qu'elle a une personnalité unique", estime Michael Johnson, grand nom de l'athlé devenu consultant pour la BBC. "Ce sport en a besoin, pour attirer des gens qui ne sont pas seulement fans d'athlétisme."

Inspirée par les looks détonnants de Florence Griffith-Joyner, dont les records du monde du 100 m et du 200 m tiennent depuis la fin des années 1980, Richardson, adepte des perruques flashy, ongles et cils interminables, et autres tatouages, a le don de ne pas passer inaperçue.

PĂȘle-mĂȘle, on se souvient de sa combinaison rĂ©sille rose osĂ©e l'Ă©tĂ© dernier et de sa perruque orange feu arborĂ©e aux rĂ©cents "trials".

Mais Richardson, simples tresses jaunes et rouges sur la piste hongroise, c'est aussi une athlĂšte qui, si elle fuit les mĂ©dias, n'a pas hĂ©sitĂ© Ă  s'exprimer sur sa dĂ©pression traversĂ©e aprĂšs le dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 2021, ou encore qui prend la parole sur les rĂ©seaux sociaux pour essayer de fĂ©dĂ©rer les athlĂštes amĂ©ricains avec l'objectif affichĂ© de mieux dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts.

- 15e médaille pour Fraser-Pryce -

Son sacre n'est pas une surprise au regard de sa saison estivale: avant Budapest, l'Américaine avait gagné huit des neuf 100 m qu'elle avait courus (séries comprises) et comptait quatre des sept chronos les plus rapides de l'été.

Quintuple championne du monde de la ligne droite, Fraser-Pryce est détrÎnée dans la capitale hongroise mais elle obtient néanmoins, à 36 ans, la sixiÚme médaille mondiale de sa carriÚre à la longévité exceptionnelle sur la course reine, la quinziÚme au total. Le tout dans une saison lancée trÚs tardivement, il y a un mois seulement, à cause d'un genou récalcitrant.

Arrivée avec le statut de femme la plus rapide en 2023 (10.65), et longtemps idéalement placée en finale, Jackson doit elle se contenter de l'argent, comme en 2022.

La JamaĂŻcaine venue du 400 m aura l'occasion de prendre sa revanche sur 200 m, dont elle est championne du monde en titre, Ă  partir de mercredi.

MĂȘme si Richardson a prĂ©venu: "Je suis prĂȘte, mentalement, physiquement, et Ă©motionnellement, et je suis lĂ  pour rester", lançait-elle dĂ©but juillet dans une de ses trĂšs rares dĂ©clarations. "Je suis de retour", a-t-elle rĂ©pĂ©tĂ© une fois de plus dans la nuit hongroise, sa mĂ©daille d'or autour du cou.

AFP

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