Triple champion du monde

Mondiaux d'athlétisme: Warholm reprend sa marche en avant

  • PubliĂ© le 24 aoĂ»t 2023 Ă  01:12
  • ActualisĂ© le 24 aoĂ»t 2023 Ă  05:08
Le NorvĂ©gien Karsten Warholm passe la ligne d'arrivĂ©e en tĂȘte du 400 m haies lors des Mondiaux d'athlĂ©tisme Ă  Budapest, Hongrie, le 23 aoĂ»t 2023

Freiné dans son implacable marche en avant sur 400 m haies l'été dernier, le Norvégien Karsten Warholm a reconquis l'or mondial à Budapest mercredi. Il devient le premier triple champion du monde de la spécialité.

Avant sa victoire dans la capitale hongroise, cĂ©lĂ©brĂ©e casque de viking sur la tĂȘte, Warholm (27 ans) avait Ă©tĂ© sacrĂ© champion du monde une premiĂšre fois Ă  Londres en 2017, Ă  21 ans seulement, et avait conservĂ© le titre en 2019 Ă  Doha.

Il y a un an en revanche, il avait dû abandonner la couronne au Brésilien Alison dos Santos (5e mercredi), trop retardé par une blessure musculaire aux ischio-jambiers survenue pour sa rentrée estivale et avait fini septiÚme à Eugene (Oregon, Etats-Unis).

Dans la touffeur hongroise mercredi soir, le puissant Norvégien, fort des quatriÚme et cinquiÚme meilleurs temps de l'histoire (46.51 et 46.52) courus plus tÎt dans l'été, n'a pas rendu complÚtement fou le chronomÚtre, comme ça avait été le cas en finale olympique à Tokyo avec un ahurissant record du monde en 45 sec 94.

Il s'est néanmoins imposé en 46 sec 89, devant l'athlÚte des Iles vierges britanniques, Kyron McMaster (47.34), et l'Américain Rai Benjamin (47.56). Et a proposé une nouvelle démonstration de force, dans son style agressif caractéristique, qui repose sur un départ pied au plancher.

"C'est une maniÚre de courir difficile, trÚs lactique, c'est dur pour le corps. Je ne suis pas sûr de pouvoir courir comme ça jusqu'à mes 40 ans !", souriait Warholm début juillet auprÚs de l'AFP.

- "Pas de note artistique" -

Mais "c'est un atout", considĂšre-t-il. "Avant, il Ă©tait plus question d'Ă©lĂ©gance, mais il n'y a pas de note artistique sur 400 m haies, il s'agit purement de lancer le chrono, et de l'arrĂȘter. Et je pense que la maniĂšre la plus agressive est la meilleure pour courir vite. Il faut le courir comme un sprint".

Il faut entendre rĂ©sonner les puissantes claques et autres tapes qu'il se donne Ă  lui-mĂȘme avant de prendre place dans les starting-blocks pour mesurer la violence de l'effort qu'il se plaĂźt Ă  s'infliger.

DÚs le début de leur fructueuse collaboration, son entraßneur de longue date Leif Olav Alnes comprend que c'est ce schéma de course qui fera la force de son élÚve.

"Quand j'ai commencé à m'entraßner avec coach Leif, beaucoup de gens lui ont dit: +Tu dois changer sa foulée et sa maniÚre de courir+. Il a répondu: +Certainement pas.+, raconte Warholm. Ca a été trÚs intelligent de garder ça."

"Il faut jouer avec les cartes que vous avez en main", confirme l'entraßneur norvégien à l'AFP.

"Je sais que ma maniÚre de courir n'est pas orthodoxe, elle ne conviendrait pas à tout le monde, mais c'est la plus naturelle pour moi, reprend celui qui est aussi double champion d'Europe (2018 et 2022). Au début, je n'étais pas assez bon pour tenir jusqu'au bout, alors tout le monde disait qu'il fallait faire l'inverse."

"Mais on est arrivé à la conclusion que ce n'était pas les 300 premiers mÚtres qui étaient trop rapides, mais les 100 derniers qui étaient trop lents, on a essayé de changer ça, ajoute-t-il. Et je crois qu'on a trouvé la meilleure façon de gérer le 400 m haies, et qu'elle est partie pour durer."

- Bis repetita pour Ingebrigtsen -

"AprĂšs Tokyo, je lui ai donnĂ© trois choix: arrĂȘter sa carriĂšre car il avait tout gagnĂ©, je lui ai dĂ©conseillĂ© jusqu'Ă  ce qu'il ait trouvĂ© quelque chose dans lequel il pourrait s'abandonner avec passion autant que dans l'athlĂ©tisme. DeuxiĂšme choix: chasser l'argent. Mais la performance va baisser petit Ă  petit. Ou continuer", Ă©numĂšre Alnes. Warholm a visiblement choisi la troisiĂšme option.

Son compatriote Jakob Ingebrigtsen, lui, va se mettre à cauchemarder en anglais. Comme en 2022, le champion olympique du 1.500 m et détenteur du record d'Europe, a vu un adversaire britannique le surprendre dans la derniÚre ligne droite et le priver d'or mondial: aprÚs Jake Wightman il y a un an, Josh Kerr cette fois (3:29.38 contre 3:29.65).
Ingebrigtsen (22 ans) a mĂȘme failli ĂȘtre coiffĂ© sur la ligne d'arrivĂ©e par un autre NorvĂ©gien, Narve Gilje Nordas, finalement mĂ©daillĂ© de bronze (3:29.68).

L'amertume a fait quitter la piste illico presto au fondeur scandinave, qui a disparu dans dans les coursives du stade hongrois, oĂč il a Ă©voquĂ© un mal de gorge qui le tracasse depuis deux jours.

Comme il y a un an, il aura l'occasion de prendre une revanche sur 5.000 m, dont les séries sont programmées jeudi.

AFP

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