Mondiaux de cyclisme : Pogacar, un pas de plus dans la lĂ©gende

  • PubliĂ© le 28 septembre 2025 Ă  19:22
  • ActualisĂ© le 28 septembre 2025 Ă  21:06
Le SlovÚne Tadej Pogacar, sacré de nouveau champion du monde, le 28 septembre 2025 à Kigali au Rwanda

Dans un contexte historique et une ambiance exceptionnelle, Tadej Pogacar est entré un peu plus dans la légende dimanche à Kigali en conservant son titre de champion du monde aprÚs une attaque à 104 kilomÚtres de l'arrivée de ces premiers Mondiaux en Afrique.

"Je ne peux pas toujours attaquer à 100 km de l'arrivée comme l'année derniÚre", à Zurich pour son premier sacre, avait assuré le SlovÚne avant la course. Au final, il aura encore fait mieux pour mener à bout un nouveau raid insensé, dont 66 km en solo.

Avançant sans jamais faiblir, allant mĂȘme plus vite de tour en tour, le quadruple vainqueur du Tour de France s'est imposĂ© avec une marge confortable de 1 min 28 sur le Belge Remco Evenepoel, passĂ© par tous les Ă©tats dimanche.

L'Irlandais Ben Healy complÚte le podium, alors que le premier Français, l'épatant Paul Seixas, termine 13e du haut de ses 19 ans sur un parcours exceptionnellement difficile de 267 km que seuls trente coureurs ont fini.

"Ce n'Ă©tait pas le plan, tous les gars expĂ©rimentĂ©s dans l'Ă©quipe m'ont dissuadĂ© de partir aussi tĂŽt. Mais je me sentais vraiment bien. Je suis si heureux de garder ce beau maillot arc-en-ciel et de ne pas avoir Ă  changer toute ma garde-robe", a expliquĂ© "Pogi" en descendant du podium oĂč il venait de recevoir la mĂ©daille d'or des mains du prĂ©sident rwandais Paul Kagame devant un public en Ă©bullition, comme il l'aura Ă©tĂ© toute la journĂ©e.

Car ces Mondiaux, les premiers sur le sol africain dans un pays qui continue Ă  panser les plaies du gĂ©nocide des Tutsi en 1994, ont Ă©tĂ© historiques Ă  tous les points de vue, jusqu'au nouveau chef d'Ɠuvre de Pogacar.

- "Moi contre moi-mĂȘme" -

"Une expérience incroyable à tous les niveaux. Gagner ici, au Rwanda, rend cette victoire encore plus spéciale", a-t-il commenté.

Et c'est devant une foule énorme - 1 million de spectateurs sur tout le parcours, selon l'Union cycliste internationale - que Pogacar a attaqué peu avant le sommet du Mont Kigali, à 104 km de l'arrivée, une distance considérée comme suicidaire.

Dans un premier temps, seul Juan Ayuso a rĂ©ussi Ă  suivre. Mais l'Espagnol a ensuite calĂ© dans le mur de Kigali, Ă©picentre de la ferveur populaire, oĂč Pogacar s'est dĂ©finitivement envolĂ© en compagnie d'un autre de ses coĂ©quipiers chez UAE, le jeune Mexicain Isaac del Toro.

Les deux feux follets ont fait une trentaine de kilomĂštres ensemble avant que Del Toro ne craque Ă  son tour, au retour sur le circuit de Kigali.

"Ca aurait Ă©tĂ© un combo parfait de partir Ă  trois, a soulignĂ© Pogacar, mais Juan a connu un problĂšme et Isaac avait des maux d'estomac. Donc je me suis rapidement retrouvĂ© tout seul. C'Ă©tait moi contre moi-mĂȘme, comme l'an dernier"

- Evenepoel, le chaud et le froid" -

LancĂ© dans un contre-la-montre en solo, il a cependant moins souffert que l'an dernier Ă  Zurich, gĂ©rant une avance tournant autour de la minute sur ses premiers poursuivants, avant mĂȘme de creuser encore Ă  la fin.

DerriÚre, Evenepoel a soufflé le chaud et le froid. Un temps largué, le Belge a réussi à revenir, malgré deux changements de vélo et un énervement palpable, pour au final mener la chasse et aller décrocher seul la médaille d'argent.

Avec ce nouveau triomphe, Pogacar efface sa dĂ©ception du chrono, oĂč il avait Ă©tĂ© surclassĂ© par Evenepoel dimanche dernier, et couronne une nouvelle saison exceptionnelle alors qu'il lui reste encore Ă  disputer les Championnats d'Europe, dimanche prochain en DrĂŽme-ArdĂšche, et le Tour de Lombardie..

Vainqueur du Tour de France, de deux Monuments (Tour des Flandres, LiÚge-Bastogne-LiÚge), il devient aussi le premier coureur à conserver son titre mondial depuis 2021 et le sacre de Julian Alaphilippe qui a rapidement abandonné dimanche, malade.

Les Français, trĂšs offensifs en dĂ©but de course, n'ont pas rĂ©ussi Ă  rivaliser mĂȘme si Paul Seixas et Pavel Sivakov se sont longtemps retrouvĂ©s aux avant-postes, pour terminer respectivement Ă  la 13e et la 16e place, Ă  plus de neuf minutes.

Valentin Paret-Peintre a fini 28e. Les cinq autres Français ont jeté l'éponge sur un parcours impitoyable qui aura trouvé en Pogacar un dompteur à la hauteur de sa démesure.

AFP

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