Mort de Jean Pormanove: l'autopsie exclut "l'intervention d'un tiers"

  • PubliĂ© le 21 aoĂ»t 2025 Ă  20:23
  • ActualisĂ© le 22 aoĂ»t 2025 Ă  07:01
Le décÚs du streamer Jean Pormanove "n'est pas en lien avec l'intervention d'un tiers", selon les conclusions de l'autopsie révélées par le procureur de la République de Nice.

Le décÚs du streamer Jean Pormanove, aprÚs plus de 12 jours de vidéo live le montrant violenté et humilié par ses partenaires de streaming, "n'est pas en lien avec l'intervention d'un tiers", selon les conclusions de l'autopsie révélées jeudi par le procureur de la République de Nice.

"Les causes probables du décÚs apparaissent donc d'origine médicale et/ou toxicologique", ajoute le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.

La mort en direct de Raphaël Graven, alias JP ou Jean Pormanove, diffusée sur la plateforme Kick et suivie par des milliers d'internautes a suscité un énorme scandale, la ministre déléguée chargée du Numérique Clara Chappaz dénonçant "une horreur absolue".

Une vidéo diffusée en live lundi sur Kick, et largement partagée depuis, montrait JP, allongé inanimé dans un lit au moment de la découverte de son décÚs par un de ses partenaires de streaming, Owen Cenazandotti, alias Narutovie, dans leur studio de tournage à Contes, prÚs de Nice.

Sur d'autres vidéos, largement partagées depuis lundi sur les réseaux sociaux, Jean Pormanove, 46 ans, se faisait insulter, frapper par Narutovie et un autre influenceur, Safine Hamadi dit Safine, ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball, semblant assumer son rÎle de souffre-douleur, au cÎté d'un autre homme, surnommé Coudoux, visiblement handicapé.

En janvier dernier, le parquet de Nice avait dĂ©jĂ  ouvert une enquĂȘte, aprĂšs la rĂ©vĂ©lation de ces vidĂ©os par Mediapart, visant notamment des faits de "violences volontaires en rĂ©union sur personnes vulnĂ©rables".

Owen Cenazandotti, 26 ans, et Sofiane Hamadi, 23 ans, avaient alors été placés en garde à vue mais relùchés sans charge.

- "Ecchymoses et lésions cicatrisées" -

Tant Jean Pormanove que le dit Coudoux avaient, selon le parquet, "fermement' contestĂ© ĂȘtre victimes de violences, invoquant "des mises en scĂšnes destinĂ©es Ă  faire le buzz" et Ă  gagner de l'argent, grĂące aux dons des internautes versĂ©s Ă  la plateforme lors des "dĂ©fis" en direct.

Lors de l'autopsie, les deux médecins légistes n'ont relevé ni "lésions traumatiques tant au niveau interne qu'externe", ni "brûlures", mais uniquement la "présence de quelques ecchymoses et lésions cicatrisées plus particuliÚrement sur les membres inférieurs", indique jeudi le procureur.

"A la lumiĂšre de ces Ă©lĂ©ments, les mĂ©decins experts considĂšrent que le dĂ©cĂšs de M. Graven n’a pas une origine traumatique et n’est pas en lien avec l’intervention d’un tiers", Ă©crit M. Martinelli, qui prĂ©cise que "des analyses complĂ©mentaires, toxicologiques et anatomopathologiques, ont Ă©tĂ© ordonnĂ©es pour prĂ©ciser ces causes".

Ces analyses seront mises en relation avec certains tĂ©moignages faisant Ă©tat de "difficultĂ©s cardiaques" mises en Ă©vidence lors d'une anesthĂ©sie en Turquie en 2024, et d'un "traitement mĂ©dical pour la glande thyroĂŻde", ajoute le procureur, qui prĂ©cise que la direction nationale de la police judiciaire et l’office anticybercriminalitĂ© ont Ă©tĂ© cosaisis avec la police des Alpes-Maritimes pour la suite des enquĂȘtes.

Selon des témoignages recueillis par l'AFP auprÚs de proches de Jean Pormanove, ce dernier, qui avait accumulé des petits boulots aprÚs plusieurs années au sein de l'armée en Moselle, sa région d'origine, était de santé fragile, avec une hygiÚne de vie déplorable, s'alimentant essentiellement de sucreries et fumant jusqu'à trois paquets de cigarettes par jour.

Si certains proches des influenceurs niçois ont assuré que JP vivait "sa meilleure vie" depuis sa rencontre en 2020 avec Narutovie, un de ses anciens amis, militaire à la retraite, s'est quant à lui dit convaincu que Raphaël Graven, décrit comme "crédule" et "pas trÚs intelligent", se faisait "manipuler".

Mise en cause, la plateforme australienne de diffusion en direct Kick s'est engagée jeudi à revoir l'ensemble des rÚgles de supervision et de modération de ses contenus, aprÚs un échange avec l'Arcom, le gendarme du numérique.

AFP

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