Jusque-là abonné au bronze sur 10 km, la course reine de l'eau libre, la seule olympique, Marc-Antoine Olivier a gravi la marche supérieure en s'offrant la médaille d'argent aux Championnats du monde de natation, mardi à Yeosu, en Corée du Sud.
Plus un précieux sésame pour les JO-2020. David Aubry (23 ans), l'autre Français en lice, accompagnera Oliver (22 ans) dans la baie tokyoïte l'été prochain: lui a pris la dixiÚme et derniÚre place qualificative (1h48:05.1).
Deux jours aprÚs la nouvelle mésaventure connue par Aurélie Muller, double championne du monde du 10 km (2015 et 2017) et visage le plus familier de l'eau libre tricolore, passée à cÎté de la qualification olympique pour une place et un dixiÚme, les nageurs bleus ne se sont pas laissés submerger.
"Il y avait deux solutions: soit on entrait dans une spirale oĂč on commence Ă avoir peur, soit il fallait ĂȘtre encore plus guerrier, explique Ă l'AFP StĂ©phane Lecat, le patron de l'eau libre française. Je me suis engouffrĂ© lĂ -dedans. Il n'Ă©tait pas question qu'on plie Ă cause de ce moment malheureux."
Aux JO-2016 déjà , Olivier, finalement médaillé de bronze - aprÚs le bronze européen un mois plus tÎt et avant le bronze mondial l'été suivant - avait nagé au lendemain de la disqualification de Muller, alors privée de médaille d'argent.
"Je l'avais dĂ©jĂ un peu vĂ©cu Ă Rio, c'Ă©tait un peu les mĂȘmes circonstances mĂȘme si c'est diffĂ©rent. C'est compliquĂ©, ça met quand mĂȘme un coup au moral de tout le groupe", reconnaĂźt le nageur nordiste.
- "Train d'enfer" -
Lui comme Aubry s'accordent sur un point : dans les eaux sud-coréennes mardi matin, ils ont nagé "une de (leurs) courses les plus difficiles", menée à un "train d'enfer" notamment par l'Italien Gregorio Paltrinieri et l'Allemand Florian Wellbrock, futur vainqueur au sprint.
Arrivé avec la "hùte d'en découdre" aprÚs avoir connu sa "meilleure préparation", loin de sa saison précédente "pas facile" hùchée par deux blessures (fissure du sacrum et biceps), Olivier n'a pas été déçu du voyage.
"On a rarement eu des courses comme ça. Paltrinieri a mis un rythme trÚs dur dÚs le début. Ca se battait beaucoup. J'ai essayé de démarrer (à un moment donné), de mettre un rythme assez soutenu pour creuser l'écart, mais avec la qualification olympique, tout le monde est au meilleur niveau et a réussi à s'accrocher", décrit-il, pas totalement comblé par sa deuxiÚme place, à deux dixiÚmes de Wellbrock (1h47:55.9 contre 1h47:56.1).
"C'est une trÚs belle course, une belle deuxiÚme place, la qualification olympique est là , donc j'ai le sourire, mais j'espÚre que ce sera l'or aux jeux Olympiques. Ce n'est que partie remise pour l'année prochaine", lance-t-il.
"Content" pour Olivier et Aubry, ainsi que pour Lara Grangeon, quatriÚme du 10 km dames dimanche et qualifiée pour les JO-2020 à ce titre, Lecat garde toutefois en travers de la gorge la non-qualification de Muller. "Je garde un goût amer dans la bouche par rapport à Aurélie, il y a un petit truc qui me manque", lùche-t-il.
"Je suis vraiment déçu de ne pas avoir rempli mon contrat de quatre (qualifiés olympiques), c'est un petit échec pour moi", souffle-t-il. Au-delà de l'enjeu olympique, les Bleus de l'eau libre totalisent néanmoins deux médailles d'argent en trois courses, aprÚs la premiÚre obtenue par le jeune Logan Fontaine sur 5 km dÚs samedi.
AFP

