Un ton plus dur, mais sans bouleversement sur le fond. Le ministre de lâIntĂ©rieur Bruno Retailleau vient de publier une nouvelle circulaire consacrĂ©e aux naturalisations des Ă©trangers qui insiste davantage sur les dispositions susceptibles de restreindre lâaccĂšs Ă la nationalitĂ© française, selon le document rĂ©vĂ©lĂ© ce dimanche 4 mai par Le Figaro et consultĂ© par lâAFP.
Bruno Retailleau doit en prĂ©senter le contenu lundi matin lors dâun dĂ©placement Ă la prĂ©fecture du Val-de-Marne Ă CrĂ©teil. Il avait dĂ©jĂ rĂ©visĂ© en janvier la circulaire Valls sur les conditions de rĂ©gularisations des Ă©trangers sans papiers en France.
Ce texte de cinq pages, auxquelles la charte des droits et des devoirs du citoyen français est annexĂ©e, a Ă©tĂ© diffusĂ© Ă lâensemble des prĂ©fets par le ministre, tenant dâune ligne dure sur lâimmigration et par ailleurs candidat Ă la prĂ©sidence des LR.
Langue française, adhésion aux valeurs de la République...
Dans cette nouvelle circulaire, Bruno Retailleau rappelle que "la jurisprudence établit la naturalisation non comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement".
En 2024, les acquisitions de la nationalitĂ© française par dĂ©cret et par dĂ©claration (mariage, ascendants et fratries) se sont Ă©levĂ©es Ă 66 745, soit une hausse de 8,3 % par rapport Ă 2023, une augmentation qui sâexplique par un rattrapage aprĂšs une annĂ©e 2023 marquĂ©e par des difficultĂ©s techniques, selon la direction gĂ©nĂ©rale des Ă©trangers en France (DGEF) qui dĂ©pend du ministĂšre de lâIntĂ©rieur.
En sâappuyant sur une disposition de loi Darmanin, Bruno Retailleau demande aux prĂ©fets de sâassurer du renforcement du niveau de maĂźtrise requis en langue française pour obtenir la naturalisation. Idem pour lâadhĂ©sion aux valeurs de la RĂ©publique.
Le ministre liste Ă©galement les Ă©lĂ©ments dâapprĂ©ciation dĂ©montrant "lâexemplaritĂ© du parcours du demandeur", notamment en ce qui concerne un sĂ©jour irrĂ©gulier avĂ©rĂ©. Lâautonomie du demandeur est en outre soulignĂ©e. Celle-ci doit se traduire par une « insertion professionnelle » sur cinq ans. Un seuil rehaussĂ©. Le demandeur devra justifier de "ressources suffisantes et stables", hors prestations sociales, insiste le document.
Les prĂ©fets sont tenus de faire un bilan dans trois mois au ministre de lâapplication de la circulaire.
AFP
