Donald Trump a annoncé lundi qu'il sortirait de l'hÎpital en fin d'aprÚs-midi, en lançant sur Twitter: "N'ayez pas peur du Covid".
Le président des Etats-Unis, impatient de donner au moins l'image d'un candidat mobilisé par sa campagne à 29 jours du scrutin le voyant briguer un second mandat, aura donc été hospitalisé pendant trois jours depuis son admission vendredi soir, moins de 24 heures aprÚs avoir été testé positif au Covid-19.
"Je quitterai le formidable Centre médical Walter Reed aujourd'hui à 18H30 (22H30 GMT)", a tweeté le milliardaire républicain. "Me sens vraiment bien", "mieux qu'il y a 20 ans!", a-t-il insisté.
Il en a profité pour tenter de se présenter comme revigoré par cette épreuve, et pour défendre une fois de plus sa gestion de la pandémie, critiquée de toute part.
"N'ayez pas peur du Covid. Ne le laissez pas dominer votre vie", a-t-il martelé. "Nous avons développé, sous l'administration Trump, de bons médicaments et de bonnes connaissances."
De nombreux experts s'interrogeaient ces derniĂšres heures sur une sortie hĂątive de l'hĂŽpital. Mais il ne s'agit nullement d'un retour Ă la normale: Donald Trump restera encore pour un temps confinĂ© Ă la prĂ©sidence, Ă©quipĂ©e pour qu'il continue Ă ĂȘtre soignĂ©. Il va donc encore ĂȘtre privĂ© de dĂ©placements dans les
Etats-clés pour tenter de refaire son retard dans les sondages face au démocrate Joe Biden. Or la Maison Blanche ressemble de plus en plus à un foyer virulent du coronavirus.
AprÚs le président, sa femme Melania, sa proche conseillÚre Hope Hicks et plusieurs autres membres de son équipe, c'est Kayleigh McEnany, la porte-parole de Donald Trump, qui a annoncé lundi avoir été testée positive au Covid-19. A plusieurs occasions ces derniers jours, elle s'est adressée, sans porter de masque, aux journalistes.
Cette annonce, aprÚs trois jours de communication cacophonique sur l'état de santé du président de la premiÚre puissance mondiale, renforce encore un peu plus l'image d'un exécutif n'ayant pas pris la pleine mesure de l'épidémie.
- Réelle inquiétude -
Le médecin présidentiel a fini par admettre dimanche que l'état initial de son patient avait été plus grave que ce qui avait été officiellement déclaré dans un premier temps, renforçant l'impression d'un vrai manque de transparence, voire d'une réelle inquiétude au plus fort de la maladie.
Faisant volte-face par rapport Ă son point presse de samedi, le docteur Sean Conley a confirmĂ© que Donald Trump avait bien eu besoin d'une mise sous oxygĂšne vendredi, pendant environ une heure, Ă la Maison Blanche, un Ă©pisode jugĂ© suffisamment inquiĂ©tant pour dĂ©cider de l'hospitaliser le soir mĂȘme.
Le médecin a aussi annoncé un autre épisode de baisse de la saturation en oxygÚne survenu samedi matin. Et samedi également, les médecins lui ont administré un troisiÚme traitement, la dexaméthasone, un corticoïde efficace contre les formes graves du Covid-19, en plus de l'antiviral remdesivir et du cocktail expérimental de la société Regeneron, qu'il a reçus dÚs vendredi.
Le Dr Conley a reconnu qu'il n'avait pas révélé cet incident la veille pour projeter une image "optimiste".
- Avalanche de tweets -
La famille et l'entourage de Donald Trump tentent en effet de dĂ©peindre un prĂ©sident "combattant" prĂȘt Ă vaincre la maladie et remonter sur le ring. DĂšs dimanche, avec sa brĂšve sortie pour saluer depuis sa voiture ses partisans devant l'hĂŽpital, l'ex-magnat de l'immobilier avait manifestĂ© son impatience de reprendre sa campagne.
Car en face, Joe Biden, 77 ans, qui a maintenu voire accru son avance dans les intentions de vote aprÚs le débat confus de la semaine derniÚre face à Donald Trump, continue lui sa campagne à son rythme. Il s'est rendu lundi en Floride, l'un des Etats-clés que le président sortant doit à tout prix remporter à nouveau, comme en 2016, pour conserver un espoir de victoire au niveau national.
Lundi, à défaut de déplacement sur le terrain, le milliardaire républicain a lui renoué avec un rythme trÚs soutenu sur Twitter, aprÚs avoir été en retrait depuis son test positif au coronavirus.
Avant mĂȘme le lever du soleil sur la capitale fĂ©dĂ©rale des Etats-Unis, le prĂ©sident-candidat s'est lancĂ© dans une longue sĂ©rie de courts tweets, majuscules et points d'exclamation Ă l'appui, appelant ses sympathisants Ă voter.
"MARCHES BOURSIERS EN HAUSSE. VOTEZ!". "L'ARMEE LA PLUS FORTE QUI SOIT. VOTEZ!". "LA LOI ET L'ORDRE. VOTEZ!". "LIBERTE RELIGIEUSE. VOTEZ!". "PLUS FORTES BAISSE D'IMPOTS DE L'HISTOIRE ET UNE AUTRE QUI ARRIVE. VOTEZ!". "FORCE DE L'ESPACE. VOTEZ!". "LUTTE CONTRE LES MEDIA FAKE NEWS CORROMPUS. VOTEZ!".
AFP


