Il est nommé mercredi ministre de la Transition écologique et solidaire,

Nicolas Hulot, l'aiguillon vert des présidents

  • PubliĂ© le 17 mai 2017 Ă  19:59
Nicolas Hulot le 22 juin 2011 Ă  Bordeaux

Nicolas Hulot, 62 ans, nommĂ© mercredi ministre de la Transition Ă©cologique et solidaire, est aux avant-postes de la dĂ©fense de l'environnement depuis prĂšs de 30 ans avec sa fondation mais aussi en cĂŽtoyant de prĂšs les locataires de l?ÉlysĂ©e, sensibles Ă  son inoxydable popularitĂ© et son message non partisan.


Sur l'environnement, "il faut casser les clivages traditionnels", pense celui qui a eu l'oreille des présidents Chirac, Sarkozy et Hollande et désormais de Macron dont il disait récemment : "il faut regarder si la conversion (à l'écologie) est cohérente, sincÚre, crédible ou pas".
C'est la premiÚre fois que l'ex-présentateur de l'émission "Ushuaïa", candidat malheureux à la primaire écologiste de 2012 et maintes fois sollicité, accepte d'entrer dans un gouvernement.

"Dans une logique transpartisane, il est la bonne personne au bon moment", estime Matthieu Orphelin, son ex-bras droit à la Fondation Hulot et candidat de la République en marche pour les législatives. Pendant la campagne présidentielle, il n'avait soutenu aucun candidat, estimant que son rÎle était "plutÎt de faire avancer des idées".

"Ce qui le guide, c'est toujours de se demander oĂč il peut ĂȘtre le plus utile", affirme le dĂ©putĂ© europĂ©en EELV Pascal Durand, un proche.
Figure de proue de la cause environnementale, Nicolas Hulot était crédité de 10% des voix dans les sondages avant de renoncer en juin 2016 à la course présidentielle.

- "Envoyé spécial pour la planÚte" -

L'Ă©cologiste au physique de jeune homme et au caractĂšre secret confiait "ne pas ĂȘtre fait pour la politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui", "un monde oĂč les violences et les tensions sont Ă©normes". Électron libre - "Mon plus grand trĂ©sor, c'est mon indĂ©pendance" - il a Ă  l'Ă©vidence surmontĂ© sa mĂ©fiance vis-Ă -vis de l'exercice du pouvoir.

"Sa force, c'est d'ĂȘtre le porte-parole de la sociĂ©tĂ© civile", estime Matthieu Orphelin en misant sur "sa force de conviction" et "sa libertĂ©".
En janvier 2016, sollicité par François Hollande pour entrer au gouvernement, Hulot avait décliné l'offre, faute d'assurances suffisantes sur l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la renégociation du traité de libre échange avec le Canada (Ceta) et une réforme de la fiscalité. Autant de sujets toujours à l'ordre du jour.

Dans la perspective de la COP21, il avait Ă©tĂ© pendant trois ans son "envoyĂ© spĂ©cial pour la planĂšte", avec un bureau Ă  l?ÉlysĂ©e. Ce compagnonnage au plus haut sommet de l'État a dĂ©butĂ© avec Jacques Chirac, croisĂ© Ă  la fin des annĂ©es des 90. Au sommet de la Terre de Rio (2002), les deux hommes rencontrent ensemble Nelson Mandela et Hulot devient un visiteur rĂ©gulier Ă  l?ÉlysĂ©e.

En 2007, il hésite - déjà - à se présenter à la présidentielle avant d'imposer son "Pacte écologique" aux candidats. Nicolas Sarkozy le signe et, aussitÎt élu, lance le Grenelle de l'Environnement, une concertation inédite qui débouche sur deux lois importantes.

- Lecture et kite-surf -

Mais l'abandon du projet de taxe carbone refroidit ses relations entre Hulot et Sarkozy, avant mĂȘme la dĂ©claration de ce dernier sur l'Ă©cologie qui "commence Ă  bien faire". En 2009, l'Ă©chec commercial de son film "Le syndrome du Titanic", critiquĂ© pour son catastrophisme, l'affecte et le plonge dans le doute.

La crise Ă©cologique s'aggravant, en 2011, il franchit le pas en se prĂ©sentant Ă  la primaire des Verts, un parti pas toujours tendre avec lui. Les militants lui prĂ©fĂšrent Eva Joly. Certains lui reprochent d'ĂȘtre financĂ© par de grandes entreprises (L'OrĂ©al, EDF, TF1, etc.) et d'ĂȘtre pro-nuclĂ©aire.
L'ex-animateur télé assume "le dialogue avec le monde économique" et le besoin d'avoir "les moyens de se battre" tout en prÎnant plus clairement, depuis l'accident de Fukushima, une sortie progressive de l'atome.

Comme Ă  chaque dĂ©convenue, le natif de Lille, Ă©levĂ© Ă  Paris, se replie dans sa maison en Bretagne, oĂč il vit avec sa femme et leurs deux garçons.
La lecture et le kite-surf aident le "commandant couche-tĂŽt" Ă  se ressourcer et il ne tarde jamais Ă  reprendre son bĂąton de pĂšlerin vert.
Au fil des ans, son discours insiste davantage sur les liens entre Ă©cologie et solidaritĂ©, Ă  l'image de la campagne lancĂ©e en mars avec une centaine d'associations (EmmaĂŒs, etc.) et dont il dĂ©plore le peu d'Ă©chos dans les mĂ©dias et chez les politiques.
AFP

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