France - Politique

Nouvelle crise au sommet des RĂ©publicains : Wauquiez limoge Calmels

  • PubliĂ© le 17 juin 2018 Ă  23:47
  • ActualisĂ© le 18 juin 2018 Ă  05:12
Laurent Wauquiez, président des Républicains, et Virginie Calmels, n° 2 du parti, limogée dimanche soir. Photo prise le 3 septembre 2017.

Nouvelle crise au sommet des Républicains (LR): le président du parti Laurent Wauquiez a mis fin aux fonctions de vice-présidente déléguée de Virginie Calmels, remplacée par Jean Leonetti, en épilogue de deux semaines de conflit ouvert avec elle.


"AprÚs consultation de l'équipe dirigeante, Laurent Wauquiez, président des Républicains, nomme Jean Leonetti, maire d'Antibes et président du Conseil national, vice-président délégué des Républicains", a indiqué le parti dans un communiqué laconique publié dimanche soir, et qui ne mentionne pas le nom de Mme Calmels.
"La dĂ©rive continue dans le jeu personnel n?Ă©tait plus acceptable. Quand on est membre de l'Ă©quipe dirigeante, on ne peut pas tirer chaque jour contre son camp, surtout Ă  un moment oĂč chacun mouille sa chemise pour reconstruire la famille", a fait valoir dimanche soir une source dans l?entourage de M. Wauquiez.

Cette décision met un terme à deux semaines de conflit ouvert entre le patron des Républicains, élu en décembre, et sa N.2 qui l'avait rejointe lors de sa campagne interne.

PremiÚre adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux, représentante de la sensibilité libérale au sein de LR, Virginie Calmels avait publiquement critiqué un tract intitulé "Pour que la France reste la France", distribué le week-end dernier lors d'une opération de mobilisation. Mme Calmels avait jugé ce tract "anxiogÚne" et évoqué un "dysfonctionnement" dans la prise de décision au sommet du parti.

L'ancienne directrice générale d'Endemol Monde, dont la carriÚre politique a débuté en 2014 à Bordeaux aux cÎtés d'Alain Juppé, avait réitéré ses critiques mardi lors d'une réunion de direction houleuse.

Elle avait enfoncé le clou dans un entretien accordé au Parisien dimanche. Depuis son élection, avait-elle jugé, M. Wauquiez "démontre au fur et à mesure des jours qui passent qu'il semble uniquement là pour défendre sa propre ligne". "Il estime qu'il doit son élection qu'à sa seule présence, je ne partage pas cette vision". "J'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions, car je suis pour un régalien fort". "Mais je ne suis pas non plus un clone, je ne suis pas dénaturable", lançait-elle.

Cet épisode constitue une nouvelle crise pour M. Wauquiez, qui avait déjà défrayé la chronique avec la diffusion en février par TMC d'un cours donné à des étudiants lyonnais, enregistré à son insu, dans lequel on l'entendait adresser de sévÚres critiques à de nombreux acteurs de la vie politique, à commencer par Nicolas Sarkozy.

- Prise de décision solitaire -

Sous couvert d'anonymat, plusieurs membres du parti, y compris au sein de la direction qu'il a lui-mĂȘme installĂ©e, critiquent une prise de dĂ©cision jugĂ©e solitaire de M. Wauquiez et sa prĂ©sence trop parcimonieuse dans les mĂ©dias. Le prĂ©sident d'Auvergne-RhĂŽne-Alpes avait notamment appelĂ© Ă  la dĂ©mission du ministre ex-LR GĂ©rald Darmanin, alors mis en cause dans des enquĂȘtes pour viol, sans ĂȘtre suivi par de nombreux responsables de son parti.

Accusé par ailleurs de reprendre les thÚmes du Rassemblement national (ex-FN), M. Wauquiez, dont la cote de popularité ne cesse de s'effriter dans les sondages, a plusieurs fois affirmé qu'il n'entendait pas dévier de sa ligne.

Au sein de LR, il doit également compter avec la concurrence de Valérie Pécresse. La présidente de l'Ile-de-France a créé son propre mouvement, "Libres!", devenu associé à LR au mois de janvier.

Mme Pécresse, qui critique réguliÚrement une "droite des décibels" à laquelle elle oppose une "droite des solutions", présentera lundi matin ses propositions sur l'Europe, thÚme au centre du prochain Conseil national des Républicains le 30 juin à Menton (Alpes-Maritimes).

Ancien ministre délégué aux Affaires européennes, actuel maire d'Antibes (Alpes-Maritimes), Jean Leonetti est nommé vice-président délégué, le titre que détenait Mme Calmels. AprÚs l'élection de M. Wauquiez, M. Leonetti était devenu président du Conseil national, sorte de parlement du parti. Il préside également le Conseil des sensibilités, instance récemment créé par LR.

Son nom circule pour la tĂȘte de liste LR aux Ă©lections europĂ©ennes de 2019, alors qu'un nombre grandissant de responsables, dont Nicolas Sarkozy, plaident pour que M. Wauquiez conduise lui-mĂȘme la liste.

AFP

guest
0 Commentaires