Rapport annuel de SOS Homophobie

Nouvelle hausse des actes homophobes en France en 2017

  • PubliĂ© le 15 mai 2018 Ă  14:15
  • ActualisĂ© le 15 mai 2018 Ă  14:56
Pour la deuxiÚme année consécutive, les actes homophobes ont augmenté en 2017 confirmant "l'ancrage" de l'homophobie dans la société française

Pour la deuxiÚme année consécutive, les actes homophobes ont augmenté en 2017 confirmant "l'ancrage" de l'homophobie dans la société française, selon le rapport annuel de SOS Homophobie dévoilé mardi.


L'an dernier, "SOS Homophobie a recueilli 1.650 témoignages d'actes (homophobes)", en augmentation de 4,8% par rapport à 2016 (1.575 témoignages), une année qui avait déjà enregistré une forte hausse (+19,5%), observe l'association. AprÚs le pic constaté en 2013 (3.517 témoignages), lié à l'adoption de la loi sur le mariage pour tous, le niveau "se situe dans la fourchette haute" des années qui ont précédé la loi Taubira, souligne SOS Homophobie.

Parmi les témoignages recueillis, dont certains pouvaient cumuler plusieurs actes homophobes, les manifestations de rejet (62%) et les insultes (52%) sont les faits les plus fréquemment relevés, devant les cas de discrimination (34%), de harcÚlement (20%) et de menaces et chantage (19%).

Plus inquiétant, les agressions physiques repartent à la hausse aprÚs plusieurs années de baisse, avec 139 cas recensés en 2017, contre 121 en 2016 (+15%), selon ce rapport.

Les victimes sont le plus souvent des hommes (58%), jeunes (56% ont moins de 35 ans, quand leur ùge est connu). Lieux publics, travail, voisinage, famille, école, commerces et services: dans plus d'un cas sur deux (55%), l'homophobie survient "dans les contextes relatifs à la vie quotidienne", note l'étude.

Les cas relevant du voisinage (+84%) et du milieu scolaire (+38%) explosent. Cela "a de quoi alarmer dans la mesure oĂč le domicile est censĂ© ĂȘtre un lieu oĂč l'on se sent en sĂ©curitĂ©", souligne SOS Homophobie qui rappelle par ailleurs que "+PD+ reste l'insulte la plus prononcĂ©e dans les cours de rĂ©crĂ©ation".

Parmi les tĂ©moignages, souvent trĂšs durs, celui de MickaĂ«l et Gabriel, un couple de Toulousains, qui n'invitent "plus personne Ă  la maison de peur d'ĂȘtre insultĂ©s" par leur voisin qui, un jour, a vocifĂ©rĂ©: "Hitler a mal fait son travail, je vais vous balancer une bouteille d?essence chez vous et vous faire brĂ»ler".

A l'Ă©cole, les insultes sont le plus souvent profĂ©rĂ©es entre Ă©lĂšves mais sont parfois le fait des enseignants. Ainsi, le tĂ©moignage d'un stagiaire dans un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© Ă  qui le formateur intime d'arrĂȘter de parler "avec (sa) voix de tarlouze". SOS homophobie dit espĂ©rer que l'annĂ©e 2018, marquĂ©e par les dĂ©bats bioĂ©thiques sur l'ouverture de la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e (PMA) aux lesbiennes et femmes cĂ©libataires, ne se traduira pas par "une hausse des actes LGBTphobes et des agressions physiques".

AFP

guest
0 Commentaires