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Nucléaire: Washington prolonge la suspension de sanctions contre l'Iran

  • PubliĂ© le 15 septembre 2017 Ă  01:22
  • ActualisĂ© le 15 septembre 2017 Ă  06:01
image tirée d'une vidéo fournie par la présidence iranienne montrant le président Hassan Rouhani le 29 août 2017 à Téhéran

Les Etats-Unis ont décidé jeudi de maintenir l'allÚgement des sanctions lié à l'accord nucléaire iranien, mais l'administration Trump a présenté ce geste comme "temporaire" et fait savoir qu'elle poursuivait sa réflexion sur sa politique vis-à-vis de Téhéran.


ParallÚlement à cette annonce, le Trésor américain a pris des mesures ciblées contre prÚs d'une douzaine d'individus et d'entités qui soutiennent les Gardiens de la Révolution en Iran ou qui ont mené des cyber-attaques contre le systÚme financier américain. La prolongation de l'exemption des sanctions est "une décision temporaire", a déclaré un responsable américain sous couvert d'anonymat, soulignant qu'aucune décision n'a été prise quant au devenir de l'accord sur le nucléaire.

"L'administration a approuvé cette suspension pour se donner plus de flexibilité", a commenté la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert.
Il s'agit de laisser "le temps au président et à son cabinet de prendre une décision finale sur la politique que suivront les Etats-Unis" quant à l'accord JCPOA de non prolifération (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en 2015 à Vienne par l'Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Donald Trump doit décider d'ici mi-octobre s'il "certifie" ou non devant le CongrÚs que Téhéran respecte les termes de cet accord. Il doit renouveler cette démarche tous les 90 jours, et, bien qu'il ait promis avant son élection de "déchirer" l'accord nucléaire, il l'a depuis validé à deux reprises tout en dénonçant ces derniÚres semaines, les agissements de l'Iran.

"Vous connaitrez ma dĂ©cision trĂšs prochainement en octobre", a dĂ©clarĂ© jeudi le prĂ©sident amĂ©ricain, Ă  bord de Air Force One, estimant que "cet accord n'aurait jamais dĂ» ĂȘtre passĂ©". "Ils (les Iraniens) violent les diffĂ©rents termes (de l'accord) et ils violent l'esprit de l'accord", a-t-il Ă©galement estimĂ©.
De son cÎté, le minsitre des Affaires étrangÚres iranien, Javad Zarif a indiqué que l'accord iranien n'était pas renégociable. "Un meilleur" accord est fantaisiste, a-t-il estimé sur son compte twitter.

L'accord sur le nuclĂ©aire iranien prĂ©voit une levĂ©e progressive et conditionnelle des sanctions en Ă©change de garanties que TĂ©hĂ©ran ne se dotera pas de l'arme atomique. Depuis, de nombreuses sanctions internationales ont Ă©tĂ© levĂ©es, ouvrant notamment la porte aux investissements Ă©trangers. DĂ©but juillet 2017, le groupe français Total, Ă  la tĂȘte d'un consortium international, a ainsi signĂ© un accord avec l'Iran.

L'Agence internationale de l'énergie atomique est, elle, chargée de contrÎler réguliÚrement tous les sites nucléaires iraniens. Et dans son dernier rapport d'étape, publié fin août, elle estime que l'Iran respecte bien ses engagements.

- Menaces iraniennes -

"Il y a eu plusieurs discussions" et "aucune décision finale n'a été prise" pour le moment pour "certifier" ou "dé-certifier" la conformité de l'accord nucléaire, a pour sa part indiqué jeudi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, soulignant que l'administration Trump n'avait pas terminé l'analyse de sa politique en Iran.

"Le Président Trump a été clair avec ceux qui le conseillent sur cette politique: nous devons prendre en compte la totalité des menaces iraniennes, et pas seulement les capacités nucléaires de l'Iran", a-t-il expliqué. M. Tillerson a estimé que "la pleine mise en oeuvre de l'accord nucléaire contribuerait de maniÚre positive à la stabilité et à la paix dans la région et à l'échelle internationale: ce sont les attentes de l'accord".

Il a jouté que de son point de vue, l'Iran ne contribuait pas à ces attentes, citant le développement de missiles balistiques et la destabilisation régionale qui "menacent la sécurité". L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley, a, elle déclaré récemment que si le président "devait décider de dé-certifier, il aurait de bonnes raisons pour le faire".

"Les dirigeants iraniens veulent utiliser l'accord nuclĂ©aire pour prendre le monde en otage", avait-elle estimĂ© le 5 septembre devant le think tank American Enterprise Institute. En attendant la dĂ©cision, le TrĂ©sor amĂ©ricain a annoncĂ© jeudi le gel de tous les biens et intĂ©rĂȘts de 11 entitĂ©s et personnes en lien avec l'Iran.

"Une entreprise iranienne fournissant du matériel de soutien au programme de missiles balistiques, des compagnies aériennes assurant le transport des combattants et des armes en Syrie ainsi que des hackers qui ont commis des cyber-attaques à l'encontre d'institutions financiÚres américaines" figurent sur cette liste, a précisé le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. "Le Trésor continuera de prendre de sévÚres sanctions face aux provocations de l'Iran, dont le soutien au corps des Gardiens de la révolution (l'armée d'élite du régime iranien) et aux extrémistes terroristes", a-t-il insisté.

AFP

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