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Obamacare: victoire d'étape de Trump, mais la route reste longue

  • PubliĂ© le 26 juillet 2017 Ă  01:07
Donald Trump et son épouse Melania à Washington, le 25 juillet 2017

Soumis à une pression exceptionnelle de Donald Trump, les sénateurs américains ont finalement voté mardi en faveur de l'ouverture du débat sur l'abrogation de la réforme du systÚme de santé de Barack Obama.

Mais le pari est loin d'ĂȘtre gagnĂ©.
Le Sénat, à majorité républicaine, a voté de justesse pour une simple motion de procédure qui autorise 20 heures de discussions dans l'hémicycle et de nombreux votes sur des amendements.
C'est néanmoins une victoire d'étape éclatante pour le président américain, qui avait sommé les sénateurs de son camp de taire leurs différences et d'avancer sur cette réforme enlisée depuis des mois.
"Je salue le Sénat pour avoir fait un pas de géant vers la fin du cauchemar Obamacare", a déclaré Donald Trump.
"Je suis persuadĂ© que dĂ©sormais, dans une semaine ou deux, nous allons prĂ©senter un plan qui va ĂȘtre vraiment, vraiment merveilleux pour le peuple amĂ©ricain", a promis une nouvelle fois le prĂ©sident lors d'une confĂ©rence de presse Ă  la Maison Blanche.
La majoritĂ© avait jetĂ© l'Ă©ponge la semaine derniĂšre, face Ă  ses dissensions internes. Donald Trump avait alors lancĂ© une campagne de charme, mĂȘlĂ©e Ă  des menaces de reprĂ©sailles, afin de dissuader les sĂ©nateurs de son camp de faire dĂ©fection.
A l'heure du vote, sur les 52 sénateurs républicains, seules deux ont osé dire non: Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska). Le vote final est de 51 voix contre 50, le vice-président Mike Pence ayant apporté la 51e voix, comme la Constitution permet au président du Sénat de le faire en cas d'égalité.
Illustration de la fragilitĂ© du vote, le sĂ©nateur John McCain, revenu exprĂšs d'Arizona oĂč il est traitĂ© d'un cancer du cerveau, a votĂ© oui mais a prĂ©venu qu'il voterait non au moment du vote final, si le texte dĂ©finitif n'Ă©tait pas satisfaisant.
Il a dénoncé la stratégie du chef de groupe consistant à "nous persuader d'avaler nos doutes et de passer en force contre l'opposition. Je ne pense pas que cela marchera, et c'est probablement mieux ainsi".
- Abrogation au rabais? -
Peu auparavant, une vingtaine de personnes prĂ©sentes dans les galeries du public du SĂ©nat ont tentĂ© d'interrompre le vote avant d'ĂȘtre expulsĂ©es par les policiers du Capitole.
La plupart des républicains modérés rebelles ont accepté de laisser le débat commencer.
C'est notamment le cas de Shelley Moore Capito, qui représente l'un des Etats les plus pauvres des Etats-Unis, la Virginie Occidentale, et qui avait prévenu qu'elle n'avait pas été élue "pour faire du mal aux gens". Elle a justifié son revirement en disant qu'elle continuerait à "se battre pour des politiques qui font baisser le prix des soins".
La séquence qui s'ouvre consistera à donner des concessions aux uns et aux autres, afin de faire le plein de voix.
C'est la quadrature du cercle, entre les conservateurs qui poussent pour une abrogation sÚche d'Obamacare, et les modérés qui refusent de sabrer le budget de la santé. Ces derniers veulent préserver au maximum les financements de Medicare, la couverture maladie publique qui assure les Américains les plus pauvres.
"Bien qu'il y ait des désaccords sur la meilleure façon d'abroger et de remplacer Obamacare, une chose est sûre: les Américains attendent de nous que nous tenions nos promesses", a lancé le conservateur Ted Cruz.
Pour John Boehner, ancien prĂ©sident rĂ©publicain de la Chambre des reprĂ©sentants, rien ne comblera le fossĂ© qui existe parmi les rĂ©publicains. "Ils n'abrogeront pas et ne remplaceront pas Obamacare", a-t-il lĂąchĂ© rĂ©cemment. Selon lui, seuls quelques Ă©lĂ©ments de la rĂ©forme pourront in fine ĂȘtre annulĂ©s.
L'opposition démocrate, elle, se méfie des "ruses" de la majorité. Elle craint que, par des manoeuvres parlementaires, l'abrogation soit arrachée au forceps. Verdict dans quelques jours.

Par Simon VALMARY - © 2017 AFP
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