Allemagne

Olaf Scholz dément toute intervention dans le scandale des "Cum-ex Files"

  • PubliĂ© le 19 aoĂ»t 2022 Ă  17:09
  • ActualisĂ© le 19 aoĂ»t 2022 Ă  17:25
Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une conférence de presse à Berlin le 18 août 2022

Le chancelier allemand Olaf Scholz a fermement dĂ©menti vendredi, dĂšs le dĂ©but de son audition par une commission d'enquĂȘte parlementaire sur le scandale "Cum-ex", avoir exercĂ© une quelconque "influence" pour solder ce complexe dossier de fraude Ă  la fiscalitĂ© sur les dividendes.

Le chancelier allemand a commencĂ© Ă  s'expliquer vendredi Ă  12H00 GMT devant la commission d'enquĂȘte du Parlement de Hambourg sur cette fraude rĂ©vĂ©lĂ©e en 2017. AprĂšs avoir jurĂ© de dire la vĂ©ritĂ© et suscitĂ© des rires en indiquant "avocat" comme profession, M. Scholz est d'emblĂ©e entrĂ© dans le vif du sujet. "Je n'ai exercĂ© aucune influence sur la procĂ©dure fiscale Warburg", a notamment assĂ©nĂ© le dirigeant.

Le scandale "Cum-ex" porte sur un dispositif ingénieux d'optimisation fiscale mis en place par des banques, permettant à des investisseurs étrangers d'alléger leurs impÎts sur les dividendes.

Des dizaines de personnes ont été inculpées dans cette affaire en Allemagne, dont des banquiers, des traders, des avocats et des conseillers financiers. Une dizaine de pays au total sont concernés.

- "Insinuations" -

Parmi les banques incriminées figure la Warburg à Hambourg, qui aurait dû rembourser 47 millions d'euros à la ville portuaire allemande, mais la municipalité y avait renoncé en 2016. La banque a finalement dû s'acquitter de dizaines de millions d'euros de remboursement sous la pression du gouvernement d'Angela Merkel.

Les enquĂȘteurs cherchent Ă  savoir si des dirigeants politiques - et parmi eux Olaf Scholz, alors maire de la ville - ont fait pression sur le fisc municipal afin qu'il renonce Ă  recouvrer ces impĂŽts. "Il n'y a pas eu d'influence politique sur la procĂ©dure fiscale", a martelĂ© M. Scholz, balayant "suppositions et insinuations" relayĂ©es selon lui dans les mĂ©dias.

La décision de renoncer au remboursement des sommes dues par la banque Warburg aurait été prise peu de temps aprÚs une conversation entre Olaf Scholz et Christian Olearius, alors responsable de la banque. M. Scholz nie toutefois avoir fait pression sur les responsables du fisc de la ville de Hambourg, qu'il a dirigée entre 2011 et 2018. Mais de nouveaux éléments révélés ces derniers jours mettent à mal les dénégations du successeur d'Angela Merkel.

Plusieurs mĂ©dias ont ainsi rĂ©vĂ©lĂ© ces derniers jours que des mails d'une proche de M. Scholz avaient Ă©tĂ© saisis par les enquĂȘteurs et apporteraient des Ă©lĂ©ments "potentiellement probants" au sujet de "rĂ©flexions sur la suppression de donnĂ©es".

Chez un autre Ă©lu SPD, susceptible d'avoir jouĂ© un rĂŽle dans le remboursement par la banque, les enquĂȘteurs ont dĂ©couvert plus de 200.000 euros en liquide dans un coffre fort, alimentant les soupçons sur d'Ă©ventuels arrangements financiers occultes.

- Aucun "souvenir" -

D'autres documents saisis suggÚreraient en outre que M. Scholz, contrairement à ce qu'il a affirmé jusqu'ici, aurait bien abordé le sujet du remboursement directement auprÚs de Christian Olearius. Vendredi, M. Scholz a redit avoir rencontré M. Olearius à plusieurs reprises, sans en garder de "souvenir concret". "Il n'y a pas eu de traitement de faveur pour M. Olearius", a-t-il assuré.

Le journal populaire Bild a publié vendredi des extraits du journal de M. Olearius évoquant une réunion entre M. Scholz et lui le 26 octobre 2016. "Il pose des questions, écoute sans exprimer la moindre opinion et sans indiquer s'il entend agir ou non", aurait écrit le banquier aprÚs la rencontre. L'opposition s'est engouffrée dans la brÚche pour critiquer le dirigeant de la premiÚre puissance économique européenne.

"Les derniÚres révélations laissent supposer qu'Olaf Scholz et son entourage direct se sont efforcés de ne donner que des informations limitées (...) ou de les dissimuler volontairement", dénonce ainsi Matthias Hauer, membre conservateur de la commission des Finances du Bundestag. Elles tombent mal pour Olaf Scholz, devenu moins populaire que nombre de ses ministres, moins d'un an aprÚs son entrée en fonction.

Le chancelier peine notamment à rassurer les Allemands, inquiets de possibles pénuries énergétiques cet hiver, en particulier de gaz, dans le contexte d'invasion russe de l'Ukraine.

AFP

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