Tennis

"On ne peut pas reprendre tant que la situation n'est pas sûre et juste", estime Nadal

  • PubliĂ© le 4 juin 2020 Ă  19:23
  • ActualisĂ© le 4 juin 2020 Ă  19:28
L'Espagnol Rafael Nadal vainqueur de Roland-Garros, le 9 juin 2019

"On ne peut pas reprendre tant que la situation n'est pas entiĂšrement sĂ»re et juste", estime jeudi Rafael Nadal, douze fois vainqueur de Roland-Garros, dont l'Ă©dition 2020 a Ă©tĂ© repoussĂ©e Ă  l'automne en raison de la pandĂ©mie de nouveau coronavirus, et qui "dĂ©teste l'idĂ©e" de jouer Ă  huis clos. Le tennis mondial est Ă  l'arrĂȘt depuis dĂ©but mars et au moins jusqu'Ă  dĂ©but aoĂ»t.

Q: Sans crise sanitaire, Roland-Garros se jouerait en ce moment. Le tournoi vous manque-t-il et ĂȘtes-vous optimiste quant Ă  sa tenue Ă  l'automne ?

R: "Je ne suis pas optimiste, je ne suis pas nĂ©gatif, je ne sais pas. Je suis juste ce qui se passe, la pandĂ©mie. Bien sĂ»r, jouer au tennis me manque, jouer mes tournois prĂ©fĂ©rĂ©s me manque. En mĂȘme temps, je n'ai pas la tĂȘte Ă  ça. Mon esprit est concentrĂ© sur l'idĂ©e d'essayer de retrouver une vie normale, sur le plan personnel, c'est la premiĂšre chose Ă  faire. AprĂšs, on essaiera d'organiser nos vies professionnelles. Mais le tennis est un sport globalisĂ©, avec des gens qui viennent du monde entier, donc c'est un sport difficile Ă  relancer. Je crois vraiment qu'il faut rester calme, patient, et travailler jour aprĂšs jour Ă  des solutions, mais en mĂȘme temps, on doit envoyer un message fort et trĂšs clair Ă  la sociĂ©tĂ©. On ne peut pas reprendre tant que la situation n'est pas entiĂšrement sĂ»re en termes sanitaires et juste quant au fait que tous les joueurs, d'oĂč qu'ils viennent, puissent voyager et jouer des tournois dans des conditions sĂ»res."

Q: Vous étiez trÚs pessimiste sur une reprise éventuelle de la saison 2020 il y a quelques semaines. Votre position a-t-elle évolué ?

R: "Si vous me disiez (de jouer l'US Open, prĂ©vu Ă  partir du 24 aoĂ»t) aujourd'hui, je vous dirais non. Dans quelques mois, je ne sais pas. J'espĂšre que oui. (...) On doit attendre que les gens retrouvent une vie normale. Et quand ce sera le cas, attendre de voir comment le virus va Ă©voluer. C'est trĂšs difficile pour moi de sĂ©parer ce que le monde vit de mon point de vue sur le tennis, c'est pour ça que j'Ă©tais trĂšs pessimiste il y a quelques semaines. Dans mon esprit, si le monde entier souffre, si beaucoup de gens meurent Ă  cause de cette pandĂ©mie, on ne peut pas envisager d'organiser un Ă©norme Ă©vĂ©nement sportif avec plein de gens venant du monde entier. Ce ne serait pas rĂ©aliste. A mon avis, ce n'Ă©tait pas le bon message Ă  envoyer il y a quelques semaines. C'est vrai que la situation est un petit peu moins nĂ©gative maintenant. Est-ce qu'il y a une possibilitĂ© (que la saison reprenne) ? Oui. Est-ce que je suis trĂšs optimiste ? Non, parce que je ne peux pas prĂ©dire ce qui va se passer dans les prochains mois. Mais ma position n'a pas changĂ© : on doit faire preuve de responsabilitĂ©, on doit (d'abord) ĂȘtre certain que la situation est suffisamment sĂ»re, et aprĂšs bien sĂ»r, essayer de relancer le circuit, quand on y verra clair."

Q: Imaginez-vous jouer des tournois Ă  huis clos ?

R: "HonnĂȘtement, je dĂ©teste l'idĂ©e, mais si c'est la seule solution, pourquoi pas ? Je ne conçois pas le tennis sans l'Ă©nergie du public, sans la passion qu'un stade plein vous apporte. Mais si c'est comme ça, si on doit jouer sans spectateurs, je le ferai."

Q: A quel point jouer Roland-Garros à l'automne serait différent ?

R: "Ca change tout. Ca change la prĂ©paration, la mĂ©tĂ©o sera probablement diffĂ©rente. Je suis habituĂ© Ă  le jouer Ă  une autre pĂ©riode et Ă  avoir un calendrier diffĂ©rent. Mais si c'est ce qui se passe, il faudra que je m'adapte, comme tout le monde. Si finalement c'est possible de jouer Roland-Garros (en 2020), j'essaierai de me prĂ©parer le mieux possible pour ĂȘtre trĂšs compĂ©titif."

Q: Comment vivez-vous votre reprise du tennis aprĂšs ce long confinement ?

R: "Je suis surtout heureux de pouvoir revoir mes amis, ma famille, de partager des moments avec les gens que je n'ai pas pu voir pendant tellement longtemps, plus que de pouvoir rejouer au tennis. Mais je suis bien sĂ»r content de rejouer. J'y vais trĂšs doucement, pas Ă  pas. Je ne joue pas tous les jours. Je me prĂ©pare juste Ă  ĂȘtre prĂȘt Ă  reprendre un peu plus fort dans quelques semaines. Physiquement, ça va mais je ne me teste pas. Avec mon Ă©quipe, on s'entraĂźne avec beaucoup de prĂ©caution, on augmente la charge de travail trĂšs, trĂšs lentement. Notre objectif, ce n'est pas d'ĂȘtre prĂȘt dans une, deux ou trois semaines, c'est d'ĂȘtre prĂȘt Ă  reprendre un vrai entraĂźnement quand on aura un calendrier clair. Ce qu'on fait en ce moment, c'est une prĂ©-prĂ©paration."

Propos recueillis lors d'une visioconférence réservée aux agences de presse.

AFP

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