AprĂšs un raid de 60 km

Paris-Roubaix: seul au monde, Van der Poel entre dans la légende

  • PubliĂ© le 7 avril 2024 Ă  19:54
  • ActualisĂ© le 7 avril 2024 Ă  20:10
Mathieu van der Poel, vainqueur de Paris-Roubaix pour la deuxiÚme fois consécutive, le 7 avril 2024

Seul au monde, Mathieu Van der Poel a remporté en solitaire dimanche son deuxiÚme Paris-Roubaix aprÚs un raid de 60 km qui le fait entrer dans la légende des plus grands coureurs de classiques de l'histoire.

Grandissime favori au dĂ©part, le cannibale nĂ©erlandais a Ă©tĂ© encore plus impĂ©rial que prĂ©vu sur les pavĂ©s de l'Enfer du nord pour devenir le onziĂšme coureur, le premier depuis Fabian Cancellara en 2013, Ă  remporter la mĂȘme annĂ©e le Tour des Flandres et la Reine des classiques.

Et c'est avec une avance d'un autre temps, trois minutes pleines, un gouffre digne d'un Eddy Merckx, que le champion du monde a coupé la ligne du vélodrome, devançant, comme l'année derniÚre, son coéquipier belge Jasper Philipsen et le Danois Mads Pedersen qui se sont départagés au sprint.

"C'est difficile Ă  croire. Je voulais vraiment montrer le maillot (arc-en-ciel de champion du monde) cette annĂ©e. Gagner Flandres et Roubaix avec est un rĂȘve, j'en perds mes mots", a commentĂ© le petit-fils de Raymond Poulidor.

AprÚs ce nouveau triomphe, Van der Poel est désormais le seul coureur en activité à compter six Monuments à son palmarÚs, un de plus que Tadej Pogacar, l'autre monstre du peloton qui assomme la concurrence à coups de chevauchées fantastiques.

Une semaine aprÚs son raid de 44 km au "Ronde", Van der Poel est parti cette fois à 60 km de l'arrivée, exactement comme Andrei Tchmil il y a trente ans, en accélérant dans le secteur pavé d'Orchies.

Volant sur les pavés, à l'abri de tout ennui de crevaison et de chute grùce à sa dextérité diabolique, il a rapidement plié tout suspense face à une concurrence rapidement résignée.
"Il était imbattable aujourd'hui", a applaudi Pedersen.

- "Des jambes incroyables" -

Inaccessible, intouchable, il a pu savourer longuement son succÚs en caressant son vélo avec affection ou en "checkant" son directeur sportif alors qu'il restait encore plus de cinq kilomÚtres à parcourir.

"Je n'avais pas prévu de m'isoler aussi tÎt, je voulais seulement durcir la course à partir de là. Je savais qu'on aurait le vent dans le dos jusqu'à l'arrivée. J'avais vraiment des jambes incroyables aujourd'hui", a-t-il savouré.

Le NĂ©erlandais rejoint ainsi, Ă  29 ans, des champions comme Fabian Cancellara, Tom Boonen, Roger De Vlaeminck et Rik Van Looy dans le club fermĂ© des champions Ă  gagner la mĂȘme annĂ©e le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, une tĂąche herculĂ©enne.

Déjà vainqueur l'an dernier, Van der Poel est également le premier à triompher deux années de suite sur les pavés de l'Enfer du nord aprÚs Tom Boonen en 2008 et 2009.

C'est aussi un triomphe pour son équipe Alpecin qui, fait inédit, a enlevé les trois premiers Monuments de l'année en comptant le succÚs de Jasper Philipsen, bien aidé par Van der Poel, en mars sur Milan-Sanremo.

"C'est unique, il faut savourer", a souligné Philipsen.

"L'équipe a été encore plus forte que l'an dernier, je suis trÚs fier des garçons et content d'avoir pu concrétiser leur travail. Jasper va gagner un jour ici, il en est capable", a insisté Van der Poel.

- Rendez-vous Ă  LiĂšge -

La course, avalée à une vitesse record (47,8 km/h!) avec un fort vent dans le dos, s'est décantée rapidement avec un peloton morcelé en petits groupes. Cette sélection précoce a permis d'éviter des chutes massives dans des secteurs stratégiques comme la chicane avant la trouée Arenberg que les favoris ont négocié au sein d'un petit peloton d'une trentaine de coureurs seulement.

Mais la trouĂ©e a fait des dĂ©gĂąts et jetĂ© la confusion aprĂšs la crevaison de plusieurs gros bras, Jasper Philipsen et Mads Pedersen en tĂȘte.

Le groupe des favoris, sans Français hormis Hugo Page, s'est ensuite reconstitué, avant d'assister, impuissant, au démarrage fulgurant de Van der Poel en route vers la gloire avec son coup de pédale aussi puissant qu'aérien.

Alors que plusieurs superstars sont sur le flanc aprÚs plusieurs chutes terribles ces derniers jours, à commencer par Wout Van Aert, son rival de toujours, Remco Evenepoel ou Jonas Vingegaard, le Néerlandais peut désormais se projeter avec gourmandise vers ses prochains objectifs: les classiques ardennaises et, à plus long terme, les Jeux Olympiques de Paris.

"On va d'abord essayer de savourer et de faire une bonne fĂȘte ce soir, a-t-il dit. Mais, oui, normalement je serai prĂ©sent" Ă  LiĂšge-Bastogne-LiĂšge, le prochain Monument, dans deux semaines, sur un terrain plus escarpĂ© et donc moins favorable Ă  ses qualitĂ©s.

Mais vu le gouffre qui le sépare de ses adversaires, rien ne lui semble interdit et son duel attendu avec Tadej Pogacar, l'autre ogre, dans les cÎtes de la Redoute ou de la Roche-aux-Faucons, fait déjà saliver d'avance.

AFP

guest
1 Commentaires
Missouk
Missouk
1 an

Lance AMSTRONG doit se fendre la g... C'est plus des vélos, c'est des mobylettes !