Opération symbolique

À Paris, une pyramide de chaussures contre les bombardements de civils

  • PubliĂ© le 29 septembre 2018 Ă  20:53
  • ActualisĂ© le 29 septembre 2018 Ă  21:14
La pyramide de chaussures organisée par Handicap international place de la République à Paris, le 29 septembre 2018

Une pyramide de chaussures sur la place de la République: les Parisiens étaient appelés samedi par l'ONG Handicap international à venir jeter leurs souliers usagés pour protester contre les bombardements de civils en zones de guerre, a constaté l'AFP.

Chaque jour dans le monde, 90 civils sont victimes de "bombardements aux effets indiscriminĂ©s", selon l'ONG. "En zones urbaines, aujourd'hui théùtres de nombre de combats, les civils reprĂ©sentent 92% des victimes d'armes explosives", indique Handicap international. L'ONG a lancĂ© une pĂ©tition et espĂšre rassembler un million de signatures pour faire pression sur les États. "Une dizaine d'États travaillent Ă  l'Ă©laboration d'une dĂ©claration politique contre les bombardements en zones peuplĂ©es, soutenue par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies. La France, elle, est aux abonnĂ©s absents", dĂ©nonce Handicap international.

"Nous visons tous les États qui ne respectent pas le droit international humanitaire", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Xavier du Crest de Villeneuve, le directeur France de l'organisation, citant par exemple les "belligĂ©rants en Somalie, en Syrie, au YĂ©men". "L'Arabie saoudite continue de bombarder le YĂ©men or la France continue de lui vendre des armes", a-t-il critiquĂ©. Le directeur gĂ©nĂ©ral d'Handicap international, Manuel Patrouillard, en a appelĂ© Ă  Emmanuel Macron, le prochain Forum de Paris sur la Paix qui se tiendra du 11 au 13 novembre et oĂč seront rĂ©unis une cinquantaine d'Etats, Ă©tant "une opportunitĂ© pour la France de prendre le leadership" sur cette question.

Handicap international est notamment prĂ©sente en Irak, pour des opĂ©rations de dĂ©minage, de prĂ©vention et d'assistance aux victimes. Sara Shwani, une Irakienne de 28 ans, est venue Ă  Paris expliquer le travail qu'elle mĂšne avec l'ONG dans les Ă©coles contre les engins explosifs et avec les Irakiens qui ont dĂ» fuir leur habitation. "Nous essayons d'Ă©duquer les enfants comme les adultes au danger des explosifs: comment se comporter, comment reconnaĂźtre ces engins qui peuvent ĂȘtre cachĂ©s n'importe oĂč, dans un four, dans une bouteille de jus, et mĂȘme dans un Coran. N'importe quel objet peut en fait ĂȘtre un explosif", a-t-elle expliquĂ©.

"DĂ©but septembre, une famille de Mossoul qui avait fui les bombardements a voulu retourner dans sa maison. Mais quand ils ont poussĂ© la porte, la maison a explosĂ©. Les parents et leurs trois enfants sont morts", a-t-elle racontĂ©. "Des gens ont fui pour ĂȘtre en sĂ©curitĂ© et quand ils reviennent chez eux, ils meurent parce que leur maison a Ă©tĂ© contaminĂ©e" par des explosifs, a-t-elle dĂ©plorĂ©. "C'est l'un des principaux problĂšmes aujourd'hui en Irak".

Quinze pyramides de chaussures ont été installées en France tout au long du mois de septembre. A Lyon, outre des démonstrations de déminage, est également présenté un projet pilote permettant de cartographier les zones potentiellement minées grùce à un drone et d'ainsi mieux cibler le travail des démineurs. Le projet doit débuter en novembre au Tchad.

- © 2018 AFP

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