Mondial-2018

Pas de miracle pour la Syrie

  • PubliĂ© le 10 octobre 2017 Ă  16:28
  • ActualisĂ© le 10 octobre 2017 Ă  16:51
L'Australien Tim Cahill auteur d'un doublé face à la Syrie en qualif pour le Mondial-2018, le 10 octobre 2017 à Sydney

La belle histoire s'est achevĂ©e Ă  Sydney: l'Australie a mis fin au rĂȘve du Mondial-2018 de la Syrie, pays ravagĂ© par la guerre, mardi en prolongation du prĂ©-barrage retour de la zone Asie (2-1 a.p pour les Australiens; 1-1 Ă  l'aller).


Les Syriens auront tout de mĂȘme signĂ© un parcours incroyable. "Ce que nous avons rĂ©alisĂ© avec cette sĂ©lection est grand, nos joueurs se sont comportĂ©s en hommes", a d'ailleurs saluĂ© le coach national syrien Ayman al-Hakim sur beIN Sports.
Mais, pour les joueurs, la tristesse est grande. "Je m'excuse auprÚs du peuple syrien au nom de mes équipiers, nous voulions donner du sourire et de la joie aux Syriens", a commenté l'attaquant Firas al-Khatib sur beIN Sports.
"Notre déception est immense, a-t-il poursuivi. Notre regret, c'est de ne pas avoir gagné le pré-barrage aller (1-1, à Malacca, en Malaisie, qui sert de terrain à domicile pour les Syriens). L'équipe australienne est expérimentée, ils nous manquaient beaucoup de joueurs importants et cela a certainement eu un impact".
Cinq joueurs majeurs (blessés ou suspendus) faisaient défaut aux Aigles de Qassioun. Et comme l'a dit Firas al-Khatib, c'est le vécu international qui a pesé: Le vétéran australien Tim Cahill, 37 ans, a mis un point final à l'épopée syrienne avec un doublé (13e, 109e).
Omar al-Soma, buteur emblĂ©matique, a Ă©tĂ© l'homme du match cĂŽtĂ© syrien. Pour le meilleur, il a ouvert le score dĂšs la 6e minute. Et, pour le pire, c'est son coup franc, qui aurait permis d'aller aux tirs au but, qui s'est fracassĂ© sur le poteau australien dans les arrĂȘts de jeu de la prolongation.


- Parcours qui restera dans l'histoire -


L'Australie défiera au mois de novembre, en match aller-retour, le pays qui finira 4e de la zone Concacaf (Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes). Les Socceroos espÚrent désormais se qualifier pour leur 4e Mondial d'affilée.
Les Syriens, eux, n'ont jamais participé à une Coupe du monde. Et ils garderont une immense amertume du match à Sydney. Arrivés en prolongation face aux Australiens, 50e au rang Mondial, les Syriens, 75e nation Fifa, n'ont pas eu le temps de souffler. Leur milieu syrien Mahmoud Al-Mawas fut exclu dÚs la 94e minute pour un deuxiÚme jaune. DÚs lors les Socceroos ont campé dans la surface de réparation syrienne. Jusqu'au coup de grùce de Cahill, l'ancien joueur d'Everton.
Les Ă©liminatoires du Mondial-2018 des Aigles de Qassioun resteront tout de mĂȘme dans l'histoire. Dans un pays ravagĂ© par les conflits armĂ©s, certains Syriens ont trouvĂ© dans l'Ă©quipe nationale une raison de sourire Ă  nouveau, comme l'ont prouvĂ© les dĂ©monstrations de joie Ă  l'issue des matches prĂ©cĂ©dents.
Mais aprÚs six années d'une guerre civile qui a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés, la sélection ne faisait pas l'unanimité, notamment dans les zones syriennes tenues par les rebelles.
"Cette équipe représente le régime et ses partisans, elle ne me représente pas", fulminait avant le match Mohamed Obeid, 22 ans, originaire de la localité de Binnish, dans la province d'Idleb.
"Qu'elle gagne ou qu'elle perde ça ne m'intéresse pas, bien au contraire je lui souhaite de perdre", lùchait encore celui qui se décrit comme un fan du Barça.
"Pour les Syriens, le +conte de fée+ autour des victoires du football syrien ne fait pas oublier le cauchemar que nous endurons depuis six ans", expliquait lui aussi Obau Al-Akel, arrivé en Australie en 2014.

Par Frankie TAGGART - © 2017 AFP

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