La cour d'appel de Paris a rejeté mercredi la deuxiÚme demande de mise en liberté du maire LR de Levallois-Perret Patrick Balkany, qui était toujours incarcéré faute d'avoir pu réunir le montant de la caution fixée aprÚs l'acceptation de sa premiÚre demande de libération.
"Le maintien en détention de Patrick Balkany est ordonné", a indiqué le président, sans expliquer les motivations de la cour. Il a jugé la demande du maire "recevable" sur la forme mais "non fondée".
L'Ă©lu de 71 ans, qui a refusĂ© d'ĂȘtre extrait de sa cellule de la maison d'arrĂȘt de la SantĂ©, n'Ă©tait pas prĂ©sent au dĂ©libĂ©rĂ©.
L'un de ses avocats, Antoine Vey, n'a pas commentĂ© la dĂ©cision, expliquant que la dĂ©fense allait avant toute chose "analyser les termes de l'arrĂȘt" et "les comprendre".
Patrick Balkany est incarcĂ©rĂ© Ă la maison d'arrĂȘt parisienne de la SantĂ© depuis deux mois exactement, aprĂšs sa premiĂšre condamnation pour fraude fiscale le 13 septembre.
La cour d'appel avait fait droit à sa premiÚre demande de mise en liberté, consécutive à sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale avec incarcération immédiate et dix ans d'inéligibilité.
Elle avait toutefois assorti sa libération d'un contrÎle judiciaire sévÚre et du paiement préalable d'une caution de 500.000 euros.
- "Obligé de rester au trou" -
A l'audience concernant sa deuxiĂšme demande de mise en libertĂ©, Patrick Balkany avait expliquĂ© qu'il craignait d'ĂȘtre "obligĂ© de rester au trou" jusqu'Ă son premier procĂšs en appel (fixĂ© au 11 dĂ©cembre), ne parvenant pas Ă rĂ©unir la caution de 500.000 euros exigĂ©e.
Mais mĂȘme si l'Ă©dile Ă©tait parvenu Ă rassembler cette somme, il ne serait pas sorti de sa cellule de la SantĂ©, du fait du rejet de sa deuxiĂšme demande.
Il peut, s'il le souhaite, déposer une nouvelle demande de mise en liberté, visant sa seconde condamnation à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépÎt le 18 octobre.
Si Patrick Balkany reste en dĂ©tention, son nouveau procĂšs pour blanchiment devra ĂȘtre fixĂ© dans un dĂ©lai maximum de six mois Ă compter de sa condamnation.
A l'audience le 5 novembre, Patrick Balkany, 71 ans, était apparu amaigri, l'air fatigué, pour affirmer depuis le box des prévenus qu'il se tenait "bien entendu à la disposition de la justice pour le procÚs en appel", n'avait "plus un rond" et "aucune intention de fuir".
Outre le paiement d'une lourde caution, la cour, en faisant droit à sa premiÚre demande de libération, avait ordonné son placement sous contrÎle judiciaire, avec plusieurs obligations: ne pas sortir du territoire, ne pas se rendre à Paris et plusieurs départements alentours - dont son département des Hauts-de-Seine -, mais aussi fixer sa résidence à Giverny (Eure), pointer une fois par semaine à la gendarmerie, remettre son passeport - passeport depuis retrouvé périmé dans le dossier.
A l'audience de début novembre, l'accusation s'était une nouvelle fois opposée à la mise en liberté de l'élu, arguant d'un "risque de fuite possible, probable, prévisible" et jugeant "important de garantir sa représentation au procÚs en appel".
L'avocat de Patrick Balkany s'était à nouveau emporté contre le traitement "absolument exceptionnel" réservé à son client. "Il n'a aucune raison de fuir.
Qu'est-ce qu'il va faire ? Partir en cavale tout seul à 71 ans, pendant que Mme Balkany reste tranquillement à la maison ?", avait grondé Me Eric Dupond-Moretti, plaidant pour une "justice apaisée" en appel, avec "des peines normales".
Sur le fond, Patrick Balkany a reconnu des erreurs tout en les minimisant - Ă©voquant un hĂ©ritage familial non dĂ©clarĂ© en Suisse dans le volet fraude fiscale de son procĂšs. Mais il a contestĂ© fermement les accusations de blanchiment, niant possĂ©der un luxueux riad Ă Marrakech et assurant ĂȘtre Ă©tranger au montage offshore qui a permis son acquisition. Il a Ă©galement contestĂ© toute corruption passive, dĂ©lit pour lequel il a Ă©tĂ© relaxĂ©.
 AFP

