Coronavirus

Pause dans les tractations Ă  Bruxelles, masques obligatoires en France

  • PubliĂ© le 20 juillet 2020 Ă  09:40
  • ActualisĂ© le 20 juillet 2020 Ă  09:49
Le président français Emmanuel Macron quitte la session de négociations à Bruxelles le 20 juillet 2020

MalgrĂ© une nuit de tractations intenses, les dirigeants europĂ©ens Ă©taient toujours en quĂȘte lundi d'un compromis sur la rĂ©ponse Ă©conomique Ă  apporter Ă  l'Ă©pidĂ©mie de coronavirus dont la progression a conduit la France Ă  rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, qui ont multiplié les échanges depuis vendredi dans un climat empreint parfois d'exaspération, ont convenu à l'aube de faire une pause avant de se retrouver pour une nouvelle session pleniÚre à 16H00 (14H00 GMT).

La partie s'annonce toutefois toujours aussi dĂ©licate tant les positions restent apparemment tranchĂ©es, notamment sur la question de la rĂ©partition des 750 milliards d'euros du plan de relance qui doit permettre aux Ă©conomies europĂ©ennes Ă©prouvĂ©es par l'Ă©pidĂ©mie de retrouver quelques couleurs. Les Etats dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, SuĂšde, Danemark), auxquels s'est associĂ©e la Finlande, qui prĂ©fĂšrent les prĂȘts aux subventions, se heurtent au reste du bloc, avec Paris et Berlin en tĂȘte hostiles Ă  tout accord qui rĂ©duirait la part des subventions, symboles Ă  leurs yeux de la solidaritĂ© europĂ©enne.

Signe des vifs désaccords entre les deux camps, le président français Emmanuel Macron a tapé du poing sur la table dans la nuit pour dénoncer la mauvaise volonté des Etats "frugaux", selon plusieurs délégations.

- Plus de 600.000 morts -

Sur le terrain, le Covid-19, qui est apparu en Chine en décembre et qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de trÚs nombreux pays. Selon un bilan établi dimanche par l'AFP, la pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre. Le nombre de décÚs a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.474 décÚs pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest. Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (39.184) et l'Italie (35.042).

Mais en proportion de la population, hors micro-Etats, c'est en Belgique que la mortalité est la plus élevée (846 morts par million d'habitants), devant le Royaume-Uni (667), l'Espagne (608), l'Italie (580) et la SuÚde (556).

- Nouvelles mesures sanitaires -

Face Ă  la progression du virus et Ă  la crainte d'une deuxiĂšme vague, de nombreux pays ont dĂ©cidĂ© de renforcer les mesures sanitaires, Ă  l'image de la France oĂč, dĂšs lundi, le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics clos, sous peine d'une amende de 135 euros. Le Premier ministre français Jean Castex a par ailleurs indiquĂ© "surveiller de trĂšs prĂšs" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontiĂšres avec l'Espagne.

A Hong Kong, oĂč la situation est jugĂ©e "critique", de nouvelles mesures ont Ă©tĂ© annoncĂ©es, dont celle de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos ou encore l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique. En Grande-Bretagne, oĂč le risque d'une deuxiĂšme vague est jugĂ© "Ă©levĂ©" par le conseiller scientifique du gouvernement, la piste d'un reconfinement est pour l'heure exclu par le Premier ministre Boris Johnson qui a prĂ©venu qu'il n'utiliserait cette carte qu'en dernier ressort.

La réouverture complÚte de l'économie au Salvador, qui devait s'effectuer lundi, a pour sa part été reportée sine die en raison de l'augmentation du nombre de contaminations dans le pays.

La flambée du nombre d'infections sur le sol américain n'a en revanche pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump qui a une nouvelle fois assuré que la maladie finirait par "disparaßtre" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national. "J'aurai raison au final. Vous savez, j'ai dit: ça va disparaßtre. Je le dirai encore", a déclaré le président américain dans une interview à Fox News Sunday, diffusée dimanche.

- Réouverture des restaurants au Pérou -

Autre farouche détracteur du confinement ayant minimisé ces quatre derniers mois la gravité de la pandémie, le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a contracté le coronavirus, a quant à lui reçu le soutien de centaines de personnes rassemblées dimanche à Brasilia. Selon le dernier bilan, 23.529 nouveaux cas ont été confirmés dimanche dans le pays, pour un total de plus de 2 millions, et prÚs de 80.000 morts. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité.

Au Chili, le président Sebastiån Pinera a annoncé dimanche un plan de sortie du confinement en vigueur depuis 60 jours, dont la mise en oeuvre dépendra de la situation région par région.

Au Pérou voisin, le gouvernement n'entend pas non plus revenir sur son déconfinement progressif entamé le 1er juillet et qui se traduira lundi par la réouverture des restaurants dans le pays - et ce en dépit de la barre des 13.000 morts franchie dimanche.

AFP

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