C'est un Ă©vĂ©nement rarissime: une perquisition est en cours jeudi au ministĂšre de la Justice dans le cadre de l'enquĂȘte qui vise Eric Dupond-Moretti sur de possibles conflits d'intĂ©rĂȘts entre son action de garde des Sceaux et ses anciennes fonctions d'avocat.
La perquisition, qui a débuté dans la matinée place VendÎme, est menée par les gendarmes de la section de recherche de Paris avec les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), ont indiqué à l'AFP des sources judiciaire et proches du dossier, confirmant une information du Parisien.
L'enquĂȘte ouverte en janvier pour "prise illĂ©gale d'intĂ©rĂȘts" Ă la CJR, seule juridiction habilitĂ©e Ă juger des ministres, fait suite aux plaintes dĂ©posĂ©es par trois syndicats de magistrats et l'association Anticor. L'entourage du ministre a confirmĂ© Ă l'AFP la perquisition en cours.
Elle "intervient prĂšs d'un an aprĂšs les faits dont la Cour de justice de la RĂ©publique est saisie, ce caractĂšre tardif ne manque pas d'Ă©tonner, alors mĂȘme que les avocats d'Eric Dupond-Moretti ont pris le soin de transmettre dĂšs l'annonce de l'ouverture de l'enquĂȘte tous les Ă©lĂ©ments utiles", a-t-on Ă©galement commentĂ©. "Le garde des Sceaux est serein face Ă cette procĂ©dure pour laquelle il a toujours dit avoir exclusivement suivi les recommandations de ses services composĂ©s de magistrats", a ajoutĂ© son entourage. "Je n'ai rien Ă craindre", avait lui-mĂȘme affirmĂ© M. Dupond-Moretti en janvier, aprĂšs l'annonce de l'ouverture de l'information judiciaire menĂ©e par la commission d'instruction de la CJR.
Selon le Canard enchaĂźnĂ©, le garde des Sceaux devrait ĂȘtre prochainement convoquĂ© par les magistrats de la CJR et risque une mise en examen. Le Premier ministre Jean Castex a lui dĂ©jĂ Ă©tĂ© entendu le 7 juin dans cette affaire, en tant que tĂ©moin.
- "Fadettes" -
Au cĆur des accusations figure l'enquĂȘte administrative ordonnĂ©e par Eric Dupond-Moretti en septembre contre trois magistrats du parquet national financier (PNF). Tous les trois avaient participĂ© Ă une enquĂȘte prĂ©liminaire visant Ă identifier la taupe qui aurait informĂ© l'ex-prĂ©sident Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils Ă©taient sur Ă©coute dans une affaire de corruption. MM. Sarkozy et Herzog ont depuis Ă©tĂ© condamnĂ©s dans ce dossier Ă trois ans de prison, dont un ferme et ont fait appel.
Le PNF avait été mis en cause pour avoir épluché les relevés téléphoniques détaillés ("fadettes") de ténors du barreau, dont Eric Dupond-Moretti, un ami de Thierry Herzog. M. Dupond-Moretti avait alors dénoncé des "méthodes de barbouzes" et déposé une plainte pour "atteinte à la vie privée", avant de la retirer le soir de sa nomination, en juillet, comme garde des Sceaux.
Les syndicats lui reprochent aussi d'avoir ouvert une autre enquĂȘte administrative Ă l'encontre du magistrat Edouard Levrault, aujourd'hui en poste Ă Nice. Avant de devenir ministre, M. Dupond-Moretti avait Ă©tĂ© l'avocat d'un haut policier monĂ©gasque mis en examen par ce magistrat, alors dĂ©tachĂ© Ă Monaco, dont il avait critiquĂ© les mĂ©thodes de "cow-boy". Ce juge s'Ă©tait exprimĂ© Ă la tĂ©lĂ©vision sur cette affaire aprĂšs son dĂ©part forcĂ© de son poste.
Monaco s'en était aussi plaint auprÚs de la Chancellerie, et le juge avait été convoqué par sa hiérarchie - avant la nomination de M. Dupond-Moretti - mais avait refusé de répondre aux questions. Une fois place VendÎme, Eric Dupond-Moretti avait saisi l'Inspection générale de la Justice.
Les conclusions de l'enquĂȘte prĂ©disciplinaire visant M. Levrault Ă©taient attendues pour fin juin mais n'ont pas encore Ă©tĂ© rendues publiques. Le garde des Sceaux a Ă©tĂ© officiellement Ă©cartĂ© de ces enquĂȘtes et de toutes les affaires en lien avec ses anciennes activitĂ©s d'avocat, en vertu d'un dĂ©cret de "dĂ©port" vers Jean Castex.
Les perquisitions au ministĂšre de la Justice sont trĂšs rares. Ce fut le cas en 2007, dans le cadre de l'enquĂȘte sur la mort du juge Borrel en 1995 Ă Djibouti, ou en 2001, dans dossier de favoritisme concernant la construction du nouveau tribunal Ă Fort-de-France.
AFP



Eric Dupond-Moretti ' Le YĂ©ti part en vrille totale . C'est retour vers le futur.En 2018, dans un journal national, il dĂ©clarait : " Je suis sĂ»r que je ne veux pas faire de politique ", qualifiant mĂȘme de " saugrenue " l'idĂ©e qu'on lui propose le ministĂšre de la Justice.Semble t-il que son pois est au feu , Le YĂ©ti .
Tous ceux qui se sont attelés à tenter de toucher au fonctionnement de la Justice, s'y sont cassé les dents !Inquiétés, mis en examen, et y ont laissé des plumes !