85 morts en une semaine

Philippines: 19 civils tués par des islamistes dans le sud

  • PubliĂ© le 28 mai 2017 Ă  11:08
Un membre des forces spéciales de police en faction sur une route fermée à la circulation, le 28 mai 2017 à Marawi, sur l'ßle de Mindanao, aux Philippines

Les islamistes inspirés par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui combattent les forces de sécurité dans le sud des Philippines ont tué 19 civils, a annoncé dimanche l'armée, portant à au moins 85 morts le bilan des affrontements en prÚs d'une semaine.

Ces violences ont amené le président philippin Rodrigo Duterte à décréter mardi la loi martiale à Mindanao, deuxiÚme plus grande ßle de l'archipel. Les autorités ont annoncé que les activistes islamistes avaient tué 19 civils à Marawi, ville à majorité musulmane de 200.000 habitants dans le nord-ouest de Mindanao. Parmi eux, trois femmes et un enfant retrouvés morts dans une université.

"Ce sont des civils, des femmes. Ces terroristes sont contre le peuple. Nous avons dĂ©couvert les corps en menant une opĂ©ration de recherches" samedi, a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP le colonel Jo-ar Herrera, porte-parole rĂ©gional de l'armĂ©e. Un photographe de l'AFP a par ailleurs rapportĂ© avoir vu dimanche huit corps sur une route dans les faubourgs de Marawi, des habitants les identifiant comme des employĂ©s d'une rizerie et d'une Ă©cole de mĂ©decine. M. Herrera a prĂ©cisĂ© que l'armĂ©e enquĂȘtait sur ces dĂ©cĂšs.

Les combats de Marawi ont Ă©clatĂ© aprĂšs un raid des forces de sĂ©curitĂ© contre une cache supposĂ©e d'Isnilon Hapilon, considĂ©rĂ© comme le chef de l'EI aux Philippines. Les Etats-Unis ont mis sa tĂȘte Ă  prix pour cinq millions de dollars. C'est Ă©galement un des dirigeants d'Abou Sayyaf, groupe islamiste spĂ©cialisĂ© dans les enlĂšvements crapuleux.

Mais les forces de sĂ©curitĂ© ont essuyĂ© un Ă©chec retentissant. Des dizaines de combattants sont accourus pour les repousser, avant de partir saccager la ville en brandissant des drapeaux noirs de l'EI. Ils ont Ă©galement pris un prĂȘtre et 14 personnes en otage dans une Ă©glise et mis le feu Ă  des bĂątiments.

Outre les 19 civils, 13 militaires, deux policiers et 51 activistes islamistes ont pĂ©ri dans les combats, au cours desquels l'armĂ©e a effectuĂ© des bombardements sur des zones rĂ©sidentielles oĂč elle pensait que les combattants Ă©taient retranchĂ©s. La plupart des habitants de la ville ont fui.

"Nous voulons éviter les dommages collatéraux, mais ces rebelles nous forcent la main en se retranchant dans des maisons privées, des bùtiments publics et autres installations", a déclaré le porte-parole de l'armée, Restituto Padilla. "Leur refus de se rendre fait que toute la ville est captive. Il est donc de plus en plus nécessaire d'utiliser des frappes aériennes chirurgicales pour nettoyer la ville et mettre au plus vite un terme à cette rébellion".

M. Duterte et les chefs de l'armĂ©e ont affirmĂ© que la plupart des combattants islamistes appartenaient au groupe Maute qui a prĂȘtĂ© serment Ă  l'EI. Mais le prĂ©sident a aussi accusĂ© des criminels locaux de soutenir le groupe Maute Ă  Marawi.
 

AFP

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