Catastrophe humanitaire

Plus de 50 Palestiniens tués dans des frappes à Rafah, nouvelle cible israélienne à Gaza

  • Publié le 12 février 2024 à 06:18
  • Actualisé le 12 février 2024 à 11:05

Nouvelle cible de l'opération d'Israël à Gaza, Rafah, ville à la frontière avec l'Egypte, a subi une série de frappes aériennes israéliennes dans la nuit de dimanche à lundi, qui a fait 52 morts palestiniens, selon le Hamas, au pouvoir à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à son armée de préparer une offensive sur Rafah, où se masse actuellement la majeure partie de la population du territoire palestinien, selon l'ONU. Le Hamas a prévenu dimanche qu'une telle offensive "torpillerait" tout accord pour une libération des otages qu'il détient encore à Gaza.

Mais les frappes de la nuit ne semblent pas marquer le début de cette offensive, qui inquiète la communauté internationale, y compris les Etats-Unis, principal allié d'Israël.

Elles ont touché 14 maisons et trois mosquées dans différents secteurs de Rafah, selon le gouvernement du Hamas. L'armée israélienne a affirmé dans un communiqué avoir "mené une série de raids contre des cibles terroristes dans le sud de la bande de Gaza", ajoutant que ceux-ci étaient terminés.

Ces frappes, d'une intensité supérieure à celle des derniers jours, ont provoqué des nuages de fumée, ont constaté des journalistes de l'AFP et des témoins.

Le président américain Joe Biden a exhorté le Premier ministre israélien, lors d'un entretien téléphonique dimanche, à "garantir la sécurité" de la population palestinienne tandis que plusieurs Etats ont mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" en cas d'assaut sur la ville surpeuplée.

Rafah est devenue le dernier refuge pour les Palestiniens coincés à la frontière fermée avec l'Egypte, au nombre d'1,4 million selon l'ONU, en grande majorité des déplacés ayant fui la guerre qui fait rage depuis quatre mois entre Israël et le mouvement islamiste.

- "Nulle part où aller" -

"La victoire est à portée de main", a déclaré sur la chaîne américaine ABC News Benjamin Netanyahu, qualifiant Rafah de "dernier bastion" des "bataillons terroristes du Hamas".

Israël assurera "un passage sécurisé à la population civile pour qu'elle puisse quitter" la ville, a-t-il ajouté, sans préciser où les civils pourraient se réfugier.

"Je ne sais pas où nous irons" en cas d'offensive sur Rafah, a témoigné Farah Mohammad, qui a fui la ville de Gaza, dans le nord du territoire. "Il n'y plus d'endroit pour s'échapper", dit cette mère de famille de 39 ans, qui a perdu tout contact avec son mari depuis un mois.

"Dans les conditions actuelles", Washington "ne pourrait pas soutenir une opération militaire à Rafah en raison de la densité de la population", a indiqué un haut responsable de l'administration américaine, soulignant que la population civile n'a "nulle part où aller".

Cette guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas dans le sud d'Israël, qui a fait plus de 1.160 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation "terroriste", de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. L'offensive israélienne a fait plus de 28.000 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

- Encore une centaine d'otages -

Environ 250 personnes ont été enlevées en Israël le 7 octobre et emmenées à Gaza. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël. Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.

Par ailleurs, la police et l'armée israéliennes ont annoncé avoir tué dimanche soir deux Palestiniens auteurs d'attaques au couteau, l'une sur un barrage de police à Jérusalem-Est occupé et annexé, et l'autre contre un soldat israélien à un barrage près de Bethléem, en Cisjordanie occupée.

Le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, a fait état d'un Palestinien de 35 ans tué par les forces israéliennes près de Bethléem. Le Palestinien tué à Jérusalem-Est était un résident de la ville âgé de 15 ans, a rapporté l'agence officielle palestinienne Wafa.

Environ 1,7 million de personnes, d'après l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants, ont fui leur foyer depuis le 7 octobre dans le territoire palestinien dévasté, assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure. Beaucoup ont été déplacées plusieurs fois, fuyant toujours plus vers le sud à mesure que les combats s'étendaient.

Rafah, devenue un gigantesque campement, est le dernier centre urbain où l'armée israélienne n'a pas encore pénétré et le principal point d'entrée de l'aide humanitaire, insuffisante pour répondre aux besoins de la population menacée en plein hiver par la famine et les épidémies.

AFP

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
3 semaines

Et on continue à laisser faire...