France

PMA: le gouvernement promet un texte avant fin 2018 mais pas de "précipitation"

  • PubliĂ© le 18 juillet 2018 Ă  21:37
  • ActualisĂ© le 18 juillet 2018 Ă  21:40
Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux lors d'un point presse Ă  l'issue du conseil des ministres, le 18 juillet 2018

Pas de "mollissement" mais pas de "précipitation": l'élargissement de la PMA, source de tensions jusque dans la majorité, figurera dans un projet de loi sur la bioéthique présenté avant la fin de l'année, a affirmé le gouvernement mercredi, face à "l'empressement" de certains LREM.

Sur ce sujet sensible de l'ouverture de la ProcrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e aux femmes cĂ©libataires et aux couples de femmes, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, l'exĂ©cutif apparaĂźt sur une ligne de crĂȘte. En octobre, le prĂ©sident avait d'ailleurs souhaitĂ© un "dĂ©bat apaisĂ©".

Pas question d'"isoler" la PMA des autres sujets bioéthiques, comme le souhaitait notamment le député LREM Guillaume Chiche via une proposition de loi attendue jeudi.
"Un projet de loi sera présenté en Conseil des ministres avant la fin de l'année, pour un examen (au) début du premier trimestre de l'année prochaine", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Le comité d'éthique (CCNE) doit rendre à la rentrée son avis sur les thÚmes des Etats généraux de la bioéthique.

Le porte-parole a plaidé qu'"il ne faut pas confondre vitesse et précipitation", récusant "le début d'un commencement d'un mollissement du gouvernement".
"La bioĂ©thique est un sujet global, qui ne peut ĂȘtre dĂ©tricotĂ©", a dĂ©fendu aussi le secrĂ©taire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner mardi devant les dĂ©putĂ©s LREM, selon des propos rapportĂ©s.

Et "mieux vaut travailler avant de communiquer", a lancé le président du groupe Richard Ferrand mercredi, au lendemain d'une réunion de groupe marquée par un échange tendu, avec quelques invectives, sur la PMA.

Le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) avait défendu mercredi matin l'initiative d'une proposition de loi comme "une façon de passer à l'action".
Le texte de Guillaume Chiche prĂ©voit le mĂȘme dispositif de filiation pour les couples de femmes homosexuelles que pour les couples hĂ©tĂ©rosexuels. Il ne prĂ©voit pas Ă  ce stade le remboursement de la "PMA pour toutes" par la SĂ©cu, bien que son auteur y soit favorable.

Mais "c'est un sujet dĂ©licat, qui divise et mĂȘme oppose, et il aurait fallu la jouer collectif", d'autant qu'une mission d'information parlementaire sur la bioĂ©thique vient d'ĂȘtre lancĂ©e, a reprochĂ© AgnĂšs Thil Ă  Guillaume Chiche.

Cette dĂ©putĂ©e revendiquĂ©e "chrĂ©tienne" a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP ĂȘtre "inondĂ©e par les lobbies LGBT" mais il y a aussi "des gens contre, on doit les Ă©couter et les respecter". En rĂ©union, M. Chiche a notamment rĂ©pliquĂ© qu'"on poursuit un objectif commun: lutter contre une discrimination fondĂ©e sur l'orientation sexuelle", rĂ©cusant toute "dĂ©marche individuelle", selon des participants.

- "A couteaux tirés" -

"C'est assez à couteaux tirés. Il y a une scission qui apparaßt de plus en plus forte au sein du groupe", témoignait mercredi un "marcheur".
Selon Jean-Louis Touraine (LREM, ex-PS), rapporteur de la mission d'information et pro-PMA, M. Chiche "veut se prémunir contre des reports répétés, et contre une PMA a minima".

A l'inverse, le patron des députés MoDem, Marc Fesneau, a jugé nécessaire de prendre le temps, ne voyant "pas d'urgence" à faire voter une loi sur ce sujet "complexe".
Quant au président de la République, "il n'aime pas ces sujets parce qu'il considÚre que ce sont des débats qui hystérisent la société, il est précautionneux", observait récemment une "marcheuse".

"Il n'a pas envie de revivre la Manif pour tous", selon une hypothÚse de Jean-Louis Touraine, trouvant cependant "illusoire d'espérer un consensus".
Le président LR du Sénat Gérard Larcher a, lui, affirmé son opposition à "une procédure accélérée", soulignant que ce sujet "nécessite le temps, le sérieux".
AprÚs les déclarations de Benjamin Griveaux, Ludovine de la RochÚre, présidente de la Manif pour tous, opposée à la réforme de la PMA, a jugé "sage et raisonnable de laisser du temps au débat sur un enjeu aussi majeur".

Catherine Michaud, présidente de GayLib, mouvement LGBT de centre droit, rallié au Mouvement radical, est favorable à un projet de loi "dédié à la PMA", avec "symboliquement plus de force".

LaurÚne Chesnel, déléguée "Famille" à l'Inter-LGBT, lesbienne et mÚre de deux jumelles par PMA, a craint que l'intégration au paquet bioéthique ne permette pas "d'aborder la question de la filiation pour les autres cas que les PMA réalisées en hÎpital en France", coparentalité, PMA à l'étranger ou inséminations artisanales.
AFP

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