Pont de Gênes : le jugement attendu jeudi après-midi, huit ans après l'effondrement

  • Publié le 16 juillet 2026 à 13:27
  • Actualisé le 16 juillet 2026 à 13:58
La salle d'audience du tribunal de Gênes, le jour du verdict concernant l'effondrement du pont Morandi en 2018, le 16 juillet 2026 en Italie

Près de huit ans après l'effondrement du pont Morandi de Gênes en Italie, le 14 août 2018, le jugement est attendu ce jeudi 16 juillet 2026, dans un méga-procès qui doit établir si les gestionnaires du viaduc auraient pu éviter cette catastrophe qui a fait 43 morts. Après quatre ans de procès et 283 audiences au tribunal de Gênes, le parquet a requis un total de plus de 400 ans de prison pour les 57 accusés, pour homicide involontaire, atteinte à la sécurité des transports et faux en écriture publique.

Le 14 août 2018, à 11h36 locales, sous une pluie battante, cet immense pont sur l'autoroute qui connecte l'Italie et la France s'écroulait, précipitant dans le vide des dizaines de véhicules. Après quatre ans de procès et 283 audiences au tribunal de Gênes (nord), les juges ont annoncé qu'ils énonceraient leur décision à 14h, heures locales. 

Le parquet a requis un total de plus de 400 ans de prison pour les 57 accusés, pour homicide involontaire, atteinte à la sécurité des transports et faux en écriture publique.

- Des accusés aux abonnés absents -

La plupart des accusés n'étaient pas présents à l'audience ce jeudi matin. "Avec cette tragédie, notre confiance en l'État a vacillé", a déclaré à l'entrée du tribunal la présidente du comité des victimes, Egle Possetti. "Nous avons regagné de la confiance avec le travail de la magistrature et celui des enquêteurs", qui "nous ont un peu soulagés de la profonde tristesse dans laquelle nous avions plongé après l’effondrement. Nous verrons aujourd’hui si tout ce travail parviendra à porter ses fruits avec des condamnations". Pendant ces années de procès, "pas une seule personne n'a dit "J’ai ma part de responsabilité". Ca, c'était dur", a souligné Egle Possetti.

Les accusés sont surtout des cadres de la société Autostrade per l'Italia (Aspi), qui gérait le pont, de sa filiale Spea, qui l'entretenait, et du ministère des Infrastructures et des Transports.

- L'effondrement du pont Morandi aurait pu être évité -

Cette tragédie avait jeté une lumière crue sur le mauvais état des infrastructures de transport en Italie et sur le rôle trouble d'Autostrade, accusée d'avoir failli à l'entretien de l'ouvrage d'art pour faire des économies.

Si leurs anciens dirigeants se retrouvent sur le banc des accusés, les sociétés Autostrade et Spea ont en revanche échappé au procès grâce à un accord à l'amiable conclu avec le parquet.

Autostrade s'est de nouveau excusé mercredi dans la presse italienne, par la voix de son nouveau directeur général, pour les "actions et les choix faits par certains, qui ont laissé des blessures indélébiles". Arrigo Giana, directeur général d'Aspi, a affirmé "l’engagement absolu" de ses salariés "pour que des faits de ce genre ne se reproduisent plus jamais".

AFP

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