Anesthésiste de Besançon

Poursuites pour "empoisonnement sur personne vulnérable" pour 17 nouveaux cas

  • PubliĂ© le 16 mai 2019 Ă  20:44
  • ActualisĂ© le 17 mai 2019 Ă  05:27
L'anesthésiste Frédéric Péchier, le 29 mars 2017 à Besançon,

Le parquet de Besançon a annoncé jeudi avoir engagé des poursuites contre l'anesthésiste Frédéric Péchier pour "empoisonnement sur personne vulnérable" visant 17 nouveaux cas présumés, qui s'ajoutent aux sept empoisonnements pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017.

"Ce sont 17 dossiers qui ont Ă©tĂ© retenus" portant sur des arrĂȘts cardiaques survenus lors d'interventions chirurgicales sur des patients ĂągĂ©s de 4 Ă  80 ans dont "sept n'ont pas survĂ©cu", a dĂ©taillĂ© le procureur de la RĂ©publique Étienne Manteaux, prĂ©cisant qu'il avait requis le placement en dĂ©tention du mĂ©decin de 47 ans.

Celui-ci devait ĂȘtre prĂ©sentĂ© peu aprĂšs aux magistrats instructeurs en vue de sa mise en examen.
Le Dr PĂ©chier, qui encourt la "rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ©" est "apparu comme le dĂ©nominateur commun" des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables graves (EIG) relevĂ©s par le corps mĂ©dical entre 2008 et 2016, a dit le procureur. Au terme de l'enquĂȘte, le parquet a choisi d'en retenir 17 sur les 66 dossiers qui avaient Ă©tĂ© relevĂ©s pendant cette pĂ©riode, a-t-il dĂ©taillĂ©.

Ces EIG s'inscrivaient "dans un contexte de conflit aigu avec ses collÚgues anesthésistes ou chirurgiens au sein de la clinique Saint-Vincent" de Besançon, a-t-il poursuivi.
Évoquant "un faisceau d'Ă©lĂ©ments concordants", Etienne Manteaux a Ă©numĂ©rĂ© "l'arrĂȘt des EIG depuis qu'il (le Dr PĂ©chier) n'exerce plus Ă  la clinique Saint-Vincent", la "multiplication des EIG dans les pĂ©riodes de conflit intense entre lui et ses collĂšgues" et son "omniprĂ©sence dans la gestion des rĂ©animations en cas d?arrĂȘts cardiaques".
Il "se trouvait le plus souvent Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la salle opĂ©ratoire", a-t-il soulignĂ©, faisant des "diagnostics prĂ©coces" dans des situations "oĂč rien ne permettait Ă  ce stade de suspecter un surdosage en potassium ou aux anesthĂ©siques locaux".

Il était aussi le "seul anesthésiste présent le jour de l'ensemble des EIG suspects" ou peu de temps avant et le seul "à ne pas avoir été concerné par un EIG suspect" pendant la période incriminée.
"Nous avons affaire à un professionnel de santé particuliÚrement habile qui a agi lorsque personne ne se trouvait dans les salles d'anesthésie, qui a su varier dans le temps la nature des poisons administrés pour ne pas éveiller les soupçons", a-t-il affirmé.
"Au début de sa garde à vue, Frédéric Péchier a dénoncé un complot, considérant que les EIG sur lesquels il était questionné était la résultante des limites professionnelles de ses collÚgues", a révélé le magistrat.
Plus tard, a-t-il ajouté, "il a admis que des actes criminels, des empoisonnements, ont bien été commis à la clinique Saint-Vincent" tout en affirmant "qu'il n'était pas l'auteur de ces empoisonnements".

AFP

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