Syrie

Poutine "persuadé" que Damas n'a pas commis d'attaque chimique

  • PubliĂ© le 30 mai 2017 Ă  21:08
Le président russe Vladimir Poutine, le 29 mai 2017 à Versailles prÚs de Paris

Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine s'est dit "persuadĂ©" que le rĂ©gime syrien n'avait pas commis "l'attaque chimique" meurtriĂšre perpĂ©trĂ©e dĂ©but avril et a dĂ©clarĂ© ĂȘtre "d'accord" avec "la ligne rouge" fixĂ©e par son homologue français Emmanuel Macron, dans une interview sur le site internet Figaro live mardi.


"Selon nos informations, il n'y a aucune preuve d'utilisation d'armes chimiques par (le prĂ©sident syrien Bachar al-) Assad. Nous sommes persuadĂ©s qu'il ne l'a pas fait", a dĂ©clarĂ© M. Poutine dans cet entretien, au lendemain d'une premiĂšre rencontre Ă  Versailles avec M. Macron. Plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont accusĂ© le rĂ©gime syrien d'avoir Ă©tĂ© responsable de l'attaque de Khan Cheikoun, qui avait fait 88 morts le 4 avril, et le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump avait mĂȘme ordonnĂ© trois jours plus tard des frappes en reprĂ©sailles sur une base aĂ©rienne du rĂ©gime.

InterrogĂ© sur "la ligne rouge" Ă©voquĂ©e lundi Ă  Versailles par Emmanuel Macron, qui a prĂ©venu que "toute utilisation d'armes chimiques" serait suivie d'une "riposte immĂ©diate" de la France, le prĂ©sident russe a dit ĂȘtre "d'accord". "Je suis d'accord. Plus que ça, je pense que cette question doit ĂȘtre posĂ©e dans un contexte plus large. Le prĂ©sident Macron en a Ă©tĂ© d'accord. Contre toute personne, toute force ayant utilisĂ© les armes chimiques, la communautĂ© internationale doit Ă©tablir une politique commune et donner une rĂ©ponse qui rendrait l'utilisation d'armes chimiques impossible, tout simplement", a-t-il dĂ©clarĂ©.

Un rapport des services de renseignement français fin avril a estimé que l'attaque de Khan Sheikou portait la "signature" du pouvoir à Damas, et a accusé le régime de détenir des armes chimiques de guerre, en violation de ses engagements pris en 2013.

Depuis le début de la guerre en Syrie, en mars 2011, le régime a été accusé à plusieurs reprises d'avoir eu recours aux armes chimiques. L'attaque de la Ghouta, en banlieue de Damas en août 2013, qui a fait des centaines de victimes, a été un des marqueurs du conflit. Elle a conduit, aprÚs la retentissante renonciation américaine à des frappes de représailles, à un accord international sur le démantÚlement de l'arsenal chimique du régime.

Mais des dizaines d'autres attaques de moindre ampleur sont suspectĂ©es, tĂ©moignant de la banalisation de l'arme chimique, mĂȘme si les responsabilitĂ©s sont extrĂȘmement dĂ©licates Ă  prouver.

AFP

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