Un militaire français a été tué et six blessés jeudi soir dans une attaque de drone au Kurdistan irakien, les premières pertes au sein d'une armée française qui adopte une "posture défensive" face à la guerre au Moyen-Orient.
C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran.
"L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces (centre-est) est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X.
Il a été tué dans une "attaque de drone" et six autres militaires ont été blessés et hospitalisés, selon le ministère des Armées, selon lequel "leur rapatriement en France se met en place".
Déployé en Irak depuis fin janvier, Arnaud Frion, un commando montagne de 42 ans, avait été déployé à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, notamment au Tchad, en Afghanistan et à plusieurs reprises au Mali, selon l'armée de Terre.
Il a été "frappé par un drone Shahed", selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnais, qui a salué un "excellent soldat, ultra-compétent".
Le Shahed est un engin de conception iranienne de longue portée. Les autorités françaises n'ont pas désigné les responsables de l'attaque. Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a jugé "prématuré" d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une "enquête technique" était en cours pour le déterminer.
- "Camp Tiger" -
Le drone a frappé jeudi à 19H40 GMT le "Camp Tiger, une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga où étaient installés les militaires français. La base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.
Le "Camp Tiger", est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP.
Un des deux soldats en faction, armés de fusil d'assaut et qui continuent de garder les accès, a assuré à l'AFP que "tout le monde est parti", sans préciser qui, combien, ni quand les occupants avaient levé le camp.
"Nous déplaçons régulièrement notre personnel (...) de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité qui reste une priorité pour les armées", selon le colonel Vernet.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés au Kurdistan irakien dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique.
- "Lutte contre le terrorisme" -
La présence des militaires français en Irak "s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme" auprès des partenaires irakiens, a rappelé Emmanuel Macron.
En parallèle, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale.
"Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, NDLR) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe.
Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe.
Pour M. Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques".
Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre au Moyen-Orient.
Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, avec certains desquels Paris a signé des accords de défense.
Par Rose TROUP BUCHANAN - © 2026 AFP
0 Commentaires

