La Commission européenne publie samedi son évaluation "objective" des 23 villes candidates pour accueillir les deux agences européennes qui devront quitter Londres suite au Brexit, en amont d'une bataille politique entre Etats membres.
Mais ce n'est ni un "classement", ni une "prĂ©sĂ©lection", a insistĂ© un porte-parole de l'institution: la Commission avait Ă©tĂ© commanditĂ©e pour passer ces candidatures aux cribles des critĂšres dĂ©finis par les 27 Etats membres, eux-mĂȘmes trĂšs intĂ©ressĂ©s par les prometteuses retombĂ©es Ă©conomiques gĂ©nĂ©rĂ©es par ces deux organismes.
Son rapport servira de "base" à une "discussion politique" mi-octobre. Mais la décision ne sera prise que lors d'un conseil des ministres à 27 le 20 novembre, par un vote à bulletin secret.
L'Agence européenne du médicament (AEM) et l'Autorité bancaire européenne (ABE), actuellement basées à Londres, se voient contraintes de déménager en prévision de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue fin mars 2019.
La compétition pour héberger ces agences, synonymes de prestige et de retombées économiques, s'annonce rude, en particulier pour l'AEM qui compte prÚs de 900 employés et pour laquelle 19 villes ont postulé.
Huit se sont proposĂ©es pour l'ABE, moins importante mais qui compte tout de mĂȘme un peu moins de 200 employĂ©s.
L'examen de la Commission n'a aucune valeur contraignante pour les Etats membres.
Tous les candidats se sont lancés dans une campagne de publicité intense pour tenter de séduire les dirigeants européens, mais aussi en premier lieu les employés des agences.
- Retombées économiques -
L'AEM a prĂ©venu que "l'avenir de la santĂ© publique en Europe" Ă©tait en jeu dans le choix Ă venir, aprĂšs les rĂ©sultats d'une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e auprĂšs de son Ă©quipe montrant que ses employĂ©s Ă©taient prĂȘts Ă dĂ©missionner en masse si leur nouvelle destination ne leur convenait pas.
"Pour certains endroits, les taux de rĂ©tention du personnel pourrait ĂȘtre trĂšs en dessous de 30%. Ce qui signifierait que l'Agence ne serait plus capable de fonctionner", affirme l'AEM dans un communiquĂ© de presse.
L'Agence ne cite aucune ville dans les rĂ©sultats de son enquĂȘte, qu'elle a volontairement rendus anonymes. Mais selon le site Politico, Bratislava, Varsovie, Bucarest et Sofia font partie des villes qui rebutent le plus.
A l'inverse, Amsterdam, Barcelone et Vienne auraient leurs faveurs.
AthĂšnes, Bruxelles, Bonn (Allemagne), Copenhague, Dublin, Helsinki, Lille (France), Milan (Italie), Porto (Portugal), Zagreb et Malte sont aussi sur les rangs.
L'AEM est chargée de l'évaluation scientifique, de la supervision et des contrÎles de sécurité pour les médicaments à usages humains et vétérinaires commercialisés dans l'UE.
Installée depuis 1995 dans le quartier d'affaires de Canary Wharf à Londres, elle a par exemple généré des réservations de 30.000 nuitées d'hÎtels pour ses nombreux visiteurs en 2015.
Pour l'ABE, connue pour les tests de résistance qu'elle mÚne sur les banques européennes, Bruxelles, Dublin, Francfort, Paris, Prague, Luxembourg, Vienne et Varsovie ont posé leur candidature.
Plusieurs critĂšres ont Ă©tĂ© dĂ©finis par le Conseil europĂ©en, outre la capacitĂ© d'ĂȘtre opĂ©rationnel dĂšs le transfert: l'accessibilitĂ©, la prĂ©sence d'Ă©coles, l'accĂšs au marchĂ© du travail et aux soins mĂ©dicaux.
Un certain Ă©quilibre gĂ©ographique dans la rĂ©partition avec les autres agences de l'UE devra aussi ĂȘtre respectĂ©.
Par Yulius Martoni - © 2017 AFP


