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Primaires du "Super mardi": Trump et Clinton écrasent leurs rivaux

  • PubliĂ© le 2 mars 2016 Ă  10:18
Donald Trump le 1er mars à Palm Beach en Floride, aprÚs les résultats du "Super mardi"

La route vers l'investiture pour la présidentielle leur est désormais grande ouverte: Donald Trump et Hillary Clinton ont largement dominé leurs rivaux lors des primaires américaines du "Super mardi".


"Ce fut une soirée fantastique": depuis Palm Beach, en Floride, l'exubérant milliardaire de 69 ans s'est présenté comme le seul capable de rassembler le parti républicain et de l'emporter face à la candidate démocrate le 8 novembre.
"J'ai des millions et des millions de personnes (derriĂšre moi), le match n'est mĂȘme pas serrĂ©", a-t-il insistĂ©, dans un discours au ton plus consensuel qu'Ă  l'habitude oĂč il a tendu la main Ă  certains de ses rivaux.
Le "Grand Old Party", qui espÚre retrouver la Maison Blanche en janvier 2017 aprÚs deux mandats du démocrate Barack Obama, est cependant divisé sur la candidature du magnat de l'immobilier, dont les provocations et le style abrasif dérangent et inquiÚtent.
GĂ©orgie, Massachusetts, Tennessee, Alabama, Virginie, Arkansas, Vermont: aprĂšs une impressionnante sĂ©rie de victoires, l'homme d'affaires, qui a brisĂ© un Ă  un les codes de la politique amĂ©ricaine, a donnĂ© rendez-vous aux Ă©lecteurs de Floride oĂč aura lieu la prochaine primaire, le 15 mars.
La dĂ©faite du jeune sĂ©nateur Marco Rubio en Virginie, oĂč il nourrissait de rĂ©els espoirs, sonne comme un revers pour celui qui espĂšre encore rallier sur sa candidature tous les "anti-Trump". Sa victoire dans le Minnesota - sa toute premiĂšre des primaires - lui apporte cependant une bouffĂ©e d'air.
- 'Diviser l'Amérique' -
Comme attendu, Hillary Clinton l'a elle emportĂ© haut la main dans les Etats du Sud oĂč les minoritĂ©s lui confĂšrent un grand avantage: GĂ©orgie, Alabama, Tennessee, Virginie, Arkansas, Texas.
Dans un discours prononcé depuis Miami, l'ancienne secrétaire d'Etat, 68 ans, qui a également remporté le Massachusetts et l'archipel américain des Samoa, s'est déjà projetée vers le scrutin de novembre, réservant ses piques aux républicains.
"Le niveau du discours dans l'autre camp n'a jamais été aussi bas", a-t-elle jugé, dénonçant, dans une allusion aux propositions de Trump sur les Mexicains ou les musulmans, la stratégie consistant à "diviser l'Amérique".
Seul rival de l'ancienne PremiÚre dame dans le camp démocrate, le sénateur Bernie Sanders l'a emporté dans son fief du Vermont, frontalier du Québec, ainsi que dans l'Oklahoma, le Colorado et le Minnesota.
Comme en Caroline du Sud samedi, Hillary Clinton a remporté la quasi-totalité du vote noir en Virginie: 82%, selon les sondages de sorties d'urnes. Deux tiers des électrices démocrates ont également voté pour elle.
Mais la base de Bernie Sanders parmi les jeunes démocrates ne s'érode pas: 71% des 17-29 ans ont voté pour lui dans cet Etat. Et sa campagne a encore les moyens financiers de poursuivre le combat pendant plusieurs mois.
Visiblement Ă©puisĂ©, le sĂ©nateur de 74 ans, a tentĂ© de faire bonne figure, rappelant que la course Ă©tait encore en longue: "35 Etats doivent encore voter", a-t-il lancĂ© lors d'un discours oĂč la flamme qui a marquĂ© sa campagne jusqu'ici semblait Ă©teinte.
Le sénateur ultra-conservateur du Texas, Ted Cruz, l'a emporté dans son fief ainsi que dans l'Oklahoma, sauvant la mise et sans doute sa campagne.
- Les Républicains divisés -
Preuve des tensions qui traversent le camp républicain, Donald Trump est la cible d'attaques tous azimuts auxquelles il répond, pour le plus grand plaisir des larges foules qui viennent l'applaudir, du tac au tac.
En trois jours, il s'est vu reprocher d'avoir refusĂ© de condamner le Ku Klux Klan, d'avoir retweetĂ© une citation de Benito Mussolini, de forcer sur le faux bronzage ou encore d'ĂȘtre liĂ© Ă  la mafia du bĂątiment.
Certains conservateurs affirment désormais publiquement qu'ils ne voteront pas Donald Trump à la présidentielle.
Le rival républicain malheureux de Barack Obama en 2008, John McCain, a jugé "inquiétant" le niveau du débat dans son camp, appelant de ses voeux une campagne présidentielle "qui ne se concentre pas sur la taille des oreilles des gens" ou "leurs problÚmes de sudation".
Reflétant la perplexité de nombre de dirigeants occidentaux face à la montée en puissance de Donald Trump, le ministre allemand des Affaires étrangÚres, Frank-Walter Steinmeier, en visite à Washington, s'est invité dans le débat politique américain.
"Construire des murs est une trÚs mauvaise idée, peu importe qui les finance", a-t-il lancé, dénonçant "les politiques de la peur (...) dangereuses pour l'Europe comme pour les Etats-Unis".
Selon un sondage CNN publié mardi, Hillary Clinton et Bernie Sanders l'emporteraient l'un comme l'autre en cas de duel face au milliardaire.

Par Anne-Laure MONDESERT - © 2016 AFP
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