Hillary Clinton avait commencé les primaires par un soupir de soulagement.
Lundi, c'est revigorée que la démocrate s'attaque aux derniÚres 24 heures avant le "super mardi", moment-charniÚre également dans la guerre civile qui oppose Donald Trump au reste du parti républicain.Les primaires de mardi, dans 11 Etats pour chaque parti, ne mettront pas fin à la compétition pour les investitures présidentielles démocrate et républicaine: les électeurs de dizaines d'autres Etats voteront jusqu'en juin.
Mais elles pourraient donner une avance significative Ă Donald Trump et Ă Hillary Clinton dans la course aux dĂ©lĂ©guĂ©s pour les conventions d'investiture de juillet - et peut-ĂȘtre enterrer les espoirs de leurs rivaux de les rattraper.
L'ex-secrétaire d'Etat est favorite du "super mardi". Elle vient d'infliger une déroute au sénateur du Vermont Bernie Sanders en Caroline du Sud samedi, et a entre 20 et 34 points d'avance au Texas, en Géorgie et au Tennessee, selon des sondages publiés dimanche par NBC/Wall Street Journal.
Bernie Sanders a reconnu avoir Ă©tĂ© "tuĂ©" en Caroline du Sud, oĂč 86% des Noirs ont votĂ© pour l'Ă©pouse de Bill Clinton. Sa stratĂ©gie dĂ©pend donc des Etats oĂč les minoritĂ©s sont moins reprĂ©sentĂ©es: Massachusetts, Minnesota, Oklahoma, Colorado, et bien sĂ»r son propre Etat du Vermont, frontalier du QuĂ©bec.
"Nous ferons mieux au sein de la communauté noire en dehors du Sud historique", a-t-il assuré dimanche sur ABC. Il promet de rester en course jusqu'à la fin, malgré les défaites ici ou là .
Mathématiquement, il est impossible qu'Hillary Clinton obtienne la majorité des 4.763 délégués à court terme, a fortiori mardi. Son équipe répÚte aux journalistes que ce sera un marathon.
La candidate a montré ses muscles en remportant trois des quatre premiÚres consultations depuis un mois, redonnant un second souffle à sa campagne alors que Bernie Sanders se rapprochait dangereusement d'elle dans les sondages depuis janvier.
- Guerre civile chez les républicains -
Donald Trump continue quant à lui de dominer ses quatre poursuivants, notamment les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas).
L'homme d'affaires a gagné, avec une marge impensable il y a plusieurs mois, les trois derniers scrutins: New Hampshire, Caroline du Sud, Nevada.
Il a montré que sa cote dans les sondages n'était pas qu'un mirage et a réussi à ratisser large, des conservateurs aux républicains modérés. Aucune controverse, aucun dérapage ne l'a fait trébucher à ce jour, mais jamais les attaques contre lui n'ont été aussi dures que ces derniers jours.
"Ce n'est pas moi, je suis un messager, c'est vraiment un mouvement, nous allons reprendre notre pays, nous allons le gĂ©rer intelligemment au lieu d'ĂȘtre idiots", a lancĂ© l'homme d'affaires, avec sa casquette rouge "Rendre Ă l'AmĂ©rique sa grandeur", devant une foule record dimanche Ă Madison, dans l'Alabama - 32.000 personnes, selon lui, un nombre Ă©tourdissant pour la campagne Ă©lectorale amĂ©ricaine.
L'inquiétude s'est transformée en panique chez les barons républicains qui promettent que l'investiture de Donald Trump signera la défaite à la présidentielle de novembre et transformera le parti républicain pour une génération.
Mais il n'est plus le pestiféré qu'il était il y a quelques mois. Des élus commencent à se rallier à lui, comme Chris Christie, gouverneur iconoclaste du New Jersey et ex-candidat des primaires. Le déni de réalité commence à se dissiper.
"Le ralliement de Chris Christie est un véritable avertissement à l'establishment républicain pour qu'ils commencent à considérer Trump comme l'avenir", a écrit sur Twitter Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants et candidat aux primaires de 2012.
L'hégémonie de Donald Trump a provoqué un nivellement par le bas de la campagne, et les insultes volent depuis jeudi, un spectacle déploré par les deux autres candidats en course, le gouverneur de l'Ohio John Kasich et l'ancien neurochirurgien Ben Carson.
Marco Rubio et Ted Cruz ont décidé d'adopter le registre du milliardaire en s'en prenant à son allure, ses faillites, ses revenus. Ted Cruz a sous-entendu que le promoteur immobilier avait pu faire affaire avec la mafia.
"C'est un rĂȘve pour le parti dĂ©mocrate d'avoir le parti rĂ©publicain dans cet Ă©tat-lĂ ", a dit Marco Rubio Ă des journalistes samedi, avant de jurer: "Donald Trump ne sera pas le candidat du parti de Lincoln et de Reagan".
- © 2016 AFP
0 Commentaires



