"Le coach nous a donnĂ© la stratĂ©gie, on l'a bien suivie sans et avec le ballon" : de l'aveu mĂȘme de ses joueurs, la victoire du PSG contre Manchester United (2-0) porte avant tout la marque de Thomas Tuchel, maĂźtre tacticien mĂȘme privĂ© de son "joueur-clĂ©" Neymar.
Sans son N.10 brĂ©silien et Edinson Cavani, son buteur le plus en forme depuis le dĂ©but de l'annĂ©e 2019, l'entraĂźneur parisien Ă©tait confrontĂ© Ă un immense casse-tĂȘte tactique. Sans oublier qu'en raison de la mise Ă l'Ă©cart d'Adrien Rabiot, ses possibilitĂ©s de recours Ă©taient trĂšs limitĂ©es...
Mais, fidĂšle Ă son goĂ»t pour l'offensive, il a laissĂ© libre cours Ă son ingĂ©niositĂ© en mettant en place un 3-4-3 hybride, oĂč des joueurs comme Marquinhos, Juan Bernat, Dani Alves, ou encore Julian Draxler, ont su dĂ©passer leurs fonctions premiĂšres et jouer plusieurs postes Ă la fois durant le mĂȘme match. Formule dĂ©routante, mais gagnante !
Le calme des grandes équipes
"C'est le niveau que l'on veut atteindre". Le compliment d'Ole Gunnar Solskjaer, entraĂźneur vaincu de Manchester United, est aussi Ă©loquent que pertinent. Car contrairement Ă la victoire contre Liverpool (2-1) en automne dernier, oĂč le rĂ©cital tactique n'avait durĂ© que la premiĂšre demi-heure, l'impressionnant succĂšs du PSG contre "ManU" a Ă©tĂ© maĂźtrisĂ© de bout en bout.
Du sang-froid dans les moments chauds, Ă l'image des dribbles fous de Marco Verratti prĂšs de sa surface, un sens du sacrifice total, et mĂȘme des attaquants qui dĂ©fendent au service du collectif... Les ingrĂ©dients mis en place pour arracher la premiĂšre victoire d'un club français Ă Old Trafford sont quasi inĂ©dits.
"On a par exemple vu Angel (Di Maria), Ă la 70e minute, ĂȘtre totalement Ă©puisĂ© parce qu'il avait fait beaucoup d'efforts offensifs et dĂ©fensifs. C'Ă©tait vraiment Ă©norme !", a savourĂ© le Parisien Marquinhos, aprĂšs le match.
"On a grandi dans ce match, on a fait le pas d'aprÚs, en défendant comme ça. On n'a pas laissé beaucoup d'actions. C'est un bel accomplissement de notre part", a renchéri Thomas Tuchel.
Marquinhos au milieu, reconversion gagnante
"Paul Pogba a toujours eu trois Parisiens autour de lui, tout le temps", a déploré impuissant Solskjaer, conscient que le sort du match s'est joué, au-delà du danger représenté par la vitesse de Kylian Mbappé, sur la domination du milieu de terrain.
Dans une forme exceptionnelle depuis le départ de Jose Mourinho, le champion du monde français a été parfaitement muselé par Marquinhos, le défenseur reconverti en sentinelle. Un coup planifié de longue date par Tuchel.
"C'est un coach qui nous donne des stratĂ©gies. Il analyse beaucoup l'adversaire, il cherche les points faibles et les points forts. Avant le match, on a fait une rĂ©union trĂšs importante oĂč l'on a parlĂ© d'abord de l'aspect dĂ©fensif puis des points Ă explorer (sur le plan offensif). Cela a bien fonctionnĂ©", a expliquĂ© le BrĂ©silien.
"Le coach m'a donnĂ© la mission de rester trĂšs attentif et vigilant avec Pogba. On savait que le jeu allait beaucoup passer par lui, alors il fallait que j'empĂȘche les transitions offensives de Manchester", a encore confiĂ© Marquinhos, tout en avouant prendre "du plaisir" Ă son nouveau poste.
Maturité et "remontada"
Fort de cet exploit, la voie pour retrouver les quarts de finale de Ligue des champions s'est grande ouverte. D'autant plus que la manche retour, le 6 mars au Parc des Princes se jouera contre "ManU" privé de Pogba, suspendu...
Reste qu'aprÚs le 4-0 contre Barcelone en 8e de finale aller lors de la saison 2016/2017, Paris avait également 100% de chance de se qualifier pour le Top 8 européen. Et puis l'impensable "remontada" est arrivée... Un traumatisme resté dans tous les esprits, à commencer par celui de Thiago Silva.
"Je ne suis pas habitué à parler à la fin des matches, parce que parfois à chaud... J'évite un peu mais (mardi) c'était important de le faire parce qu'il semble que c'est déjà fini", a confié le capitaine parisien, en zone mixte.
"2-0, les gens vont dire +C'est facile+ mais nous, qui jouons au foot au quotidien, savons que cela ne l'est pas du tout, a-t-il prévenu. Il faut gagner le match retour si on veut aller en quarts, et oublier tout ce qu'il s'est passé les autres années".
AFP


