Quel repreneur pour Go Sport, en redressement judiciaire depuis janvier ? Le tribunal de commerce de Grenoble dévoile vendredi son choix parmi une vingtaine de candidatures, au premier rang desquelles celles d'Intersport France et du britannique Frasers.
Sauf nouveau rebondissement, le suspense touche enfin Ă son terme pour les quelque 2.150 salariĂ©s du distributeur d'articles sportifs basĂ© en pĂ©riphĂ©rie de Grenoble qui, au terme de la procĂ©dure, devrait rapidement quitter le giron de l'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon, lui-mĂȘme en pleine tourmente financiĂšre et judiciaire.
Sa sociĂ©tĂ© Hermione, People & Brands (HPB), qui entendait initialement prĂ©senter un plan de redressement de Go Sport avec l'aide d'un partenaire, y avait finalement renoncĂ© "avec regret" le 17 avril, affirmant s'ĂȘtre vu mettre "des bĂątons dans les roues depuis le dĂ©but".
Un désistement salué par les salariés, qui disent depuis des mois avoir perdu toute confiance en leur maison-mÚre et mettent tous leurs espoirs dans un rachat de l'entreprise, de peur de "finir comme Camaïeu", autre enseigne détenue par HPB, mise en liquidation fin septembre.
Le parquet de Paris a en outre ouvert une enquĂȘte judiciaire pour "escroquerie en bande organisĂ©e, blanchiment habituel, banqueroute et abus de bien social", en prolongement d'une information ouverte Ă Grenoble Ă la suite de "plusieurs rĂ©vĂ©lations de faits dĂ©lictueux" signalĂ©s par les commissaires aux comptes de Go Sport.
- Rugby et Jeux olympiques -
Pour racheter Go Sport, les offres d'Intersport France et de Frasers apparaissent les mieux placées pour l'emporter face aux autres candidats, qui n'ont proposé que des reprises partielles de ses actifs et de ses salariés.
Intersport France, allié à la société qatarie Al-Mana, offre de reprendre 72 magasins et 1.446 salariés des magasins sur 1.574, ainsi que 185 salariés du siÚge (Groupe Go Sport), défendant "un projet industriel ambitieux".
"Go Sport nous ressemble, avec pour ADN la randonnĂ©e, le ski, le vĂ©lo... et des profils de collaborateurs similaires. Et nous avons une complĂ©mentaritĂ© gĂ©ographique: lĂ oĂč Intersport est faible, Paris et la rĂ©gion parisienne, Go Sport a un maillage fort. Et Go Sport est plutĂŽt absent des zones, en province, oĂč on est trĂšs forts", avait expliquĂ© son PDG Jacky Rihouet Ă l'AFP en mars.
L'autre favori, le groupe britannique Frasers, qui revendique 30.000 salariĂ©s, table pour sa part sur les "synergies parfaites" entre les deux sociĂ©tĂ©s, notamment en France, oĂč il ne compte Ă ce jour que sept magasins.
"Les prochaines annĂ©es vont ĂȘtre passionnantes" en France "avec la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques", avait soulignĂ© fin mars sa directrice opĂ©rationnelle Ger Wright, Ă©voquant la possibilitĂ© de construire "son activitĂ© au sein du marchĂ© français de maniĂšre organique" si son projet pour Go Sport n'Ă©tait pas retenu.
Dans son offre finale, la filiale de Frasers, Sports Direct, s'était engagée à reprendre 75 magasins et 136 des 227 salariés du siÚge. Dans les magasins, Sports Direct reprendrait 1.477 salariés sur les 1.574 recensés. Sports Direct a également l'intention de faire passer les magasins Go Sport sous son enseigne Sports Direct "de maniÚre raisonnée et progressive au cours des trois ou quatre prochaines années".
Mais pour Me Evelyn Bledniak, avocate du comité social et économique central (CSEC) de Go Sport, l'offre d'Intersport offre de bien meilleures garanties en termes de "pérennité" de l'activité et de l'emploi.
Selon elle, certaines des annonces faites par Frasers lors de l'audience du 18 avril "ont un peu troublé tout le monde" et sont "de nature à changer considérablement la physionomie du dossier" comme l'hypothÚse de fermetures de magasins et de licenciements, ainsi que la "possibilité à trÚs court terme de filialiser (des) magasins".
"Entre les deux offres, pour moi, il nây a pas de dĂ©bat, mais on attend la dĂ©cision", a-t-elle dit Ă l'AFP.
AFP
