Protestation historique

Racisme aux Etats-Unis: nouvelle journée de rassemblements massifs attendue samedi

  • PubliĂ© le 6 juin 2020 Ă  07:10
  • ActualisĂ© le 6 juin 2020 Ă  07:32
Une manifestation contre la mort de George Floyd et les violences policiĂšres prĂšs de la Maison Blanche le 5 juin 2020 Ă  Washington

Les Etats-Unis s'attendaient à des rassemblements massifs contre les inégalités raciales et les brutalités policiÚres samedi, lors d'une journée qui sera également marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd, dont la mort a déclenché ce mouvement de protestation historique.

Des rassemblements importants s'annoncent dans de nombreuses villes amĂ©ricaines, notamment Ă  New York, Miami et Washington, oĂč des dizaines de milliers de personnes sont attendues selon les mĂ©dias amĂ©ricains.

AprÚs une premiÚre cérémonie émouvante à Minneapolis jeudi, un deuxiÚme hommage sera rendu samedi à cet Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai dans cette ville du nord du pays. La nouvelle cérémonie aura lieu à Raeford, dans son Etat natal de Caroline du Nord.

La polémique augmente face à la répression des manifestations par les forces de l'ordre. Plusieurs vidéos montrant des interventions policiÚres musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

La derniÚre en date, diffusée jeudi soir, montre un manifestant fermement repoussé par deux policiers et heurtant violemment le sol, alors qu'il est seul face à des dizaines d'entre eux dans la ville de Buffalo, dans l'Etat de New York. Un premier communiqué officiel affirmait que le manifestant de 75 ans, qui saignait abondamment et semblait avoir perdu connaissance, avait "trébuché et chuté".

Devant l'indignation, les deux policiers impliquĂ©s ont Ă©tĂ© suspendus. Le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a appelĂ© Ă  ce qu'ils soient limogĂ©s et le procureur local a ouvert une enquĂȘte. "Les policiers doivent ĂȘtre des protecteurs, pas des guerriers", a dĂ©clarĂ© le responsable du comtĂ© oĂč se trouve Buffalo, Mark Poloncarz.

- Agents suspendus -

A New York mĂȘme, le maire Bill de Blasio, huĂ© jeudi lors d'une cĂ©rĂ©monie d'hommage Ă  George Floyd Ă  Brooklyn pour n'avoir pas condamnĂ© les brutalitĂ©s policiĂšres contre des manifestants non violents, a promis d'enquĂȘter sur les faits signalĂ©s et indiquĂ© que des mesures disciplinaires suivraient.

Deux agents ont été suspendus, a annoncé vendredi le chef de la police de la ville, Dermot Shea, évoquant "des incidents troublants". L'un est vu dans une vidéo poussant une femme à terre, l'autre retirant le masque d'un manifestant et utilisant du gaz poivre contre lui.

A l'autre bout du pays, dans l'Etat de Washington, la maire de Tacoma a demandé le limogeage de policiers impliqués dans la mort d'un homme noir le 3 mars, aprÚs la diffusion d'une nouvelle vidéo semblant les montrer en train de s'acharner sur l'homme, plaqué au sol au bord de la route.

A Indianapolis, dans le Midwest, la police enquĂȘtait aprĂšs une autre vidĂ©o montrant des policiers sortant matraques et gaz poivre lors de l'arrestation d'une manifestante dimanche. En prĂ©vision des nouvelles manifestations, le chef de la police de Seattle a annoncĂ© l'interdiction du recours au gaz lacrymogĂšne pour trente jours.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les "prises d'étranglement", technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris "Je ne peux pas respirer" ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.

- "Un grand jour" -

Les nouveaux exemples de violences policiĂšres nourrissent la colĂšre Ă  l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd.

Certaines revendications des manifestants, qui défilent depuis 10 jours, ont été entendues: le policier qui a appuyé pendant prÚs de neuf minutes son genou sur le cou de George Floyd a été inculpé mercredi d'homicide volontaire -- et non plus involontaire -- et les trois autres agents présents inculpés de complicité.

Mais les marches vont dĂ©sormais au-delĂ  de ce seul cas, pour dĂ©noncer un racisme systĂ©mique et rĂ©clamer un vĂ©ritable changement. Elles sont ces derniers jours restĂ©es pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont dĂ©sormais levĂ© leur couvre-feu. Mais pas New York, oĂč il est maintenu jusqu'Ă  dimanche soir. Vendredi, plusieurs milliers de personnes ont convergĂ© Ă  Brooklyn et Manhattan.

Plusieurs manifestations ont aussi eu lieu Ă  l'Ă©tranger, notamment au Canada, oĂč le Premier ministre Justin Trudeau a dĂ©filĂ© Ă  Ottawa avec plusieurs milliers de manifestants.

Donald Trump, qui ne cesse d'appeler à rétablir l'ordre public, a appelé à nouveau vendredi les Etats qui ne l'ont pas fait, comme New York, à appeler en renfort la Garde nationale.

Il a suscité un tollé en déclarant, lors d'une intervention consacrée à la baisse surprise du chÎmage, qu'il s'agissait d'un "grand jour" pour George Floyd "en termes d'égalité", alors que le président est accusé de n'avoir jusqu'ici apporté aucune réponse aux maux dénoncés par les manifestants.

AFP

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