Pédocriminalité

Reconnaissance des agressions sexuelles : l'Eglise doit Ă  aller plus loin

  • PubliĂ© le 18 novembre 2021 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 18 novembre 2021 Ă  06:34
Le théologien Patrick Goujon (D) s'exprime le 17 novembre 2021 à Lourdes, aux cÎtés de Jean-Marc Sauvé, le président de la commission ayant révélé l'ampleur de la pédocriminalité dans l'Eglise

Le théologien jésuite et victime d'agressions sexuelles Patrick Goujon et le président de la commission ayant révélé l'ampleur de la pédocriminalité dans l'Eglise, Jean-Marc Sauvé, ont encouragé mercredi les responsables catholiques à aller plus loin dans la reconnaissance de ces crimes.

"Toute reconnaissance publique est bonne, mais pas suffisante. Il faut aussi une reconnaissance individuelle" de ce qu'ont vécu les victimes, a déclaré Patrick Goujon devant des religieuses et des religieux des congrégations et instituts réunis de mardi à vendredi à Lourdes.

M. Goujon a regretté que des membres du clergé, individuellement, aient encore tendance à "minimiser" la violence des faits ou le nombre de victimes.

Pour sa part, Jean-Marc Sauvé a souligné la nécessité d'une "démarche de reconnaissance personnelle". Tout en estimant que l'Eglise devait "se dessaisir de ses biens" pour indemniser les victimes, il a insisté sur d'autres formes de réparation dont "une parole de vérité". "La parole de vérité doit consister à dire: +nous reconnaissons que nous avons mal agi, que nous avons merdé+. La question de l'argent n'est pas obligatoire mais on ne peut pas s'y dérober", a précisé M. Sauvé.

Patrick Goujon, auteur du livre "PriÚre de ne pas abuser", a également insisté sur la nécessité d'utiliser un langage plus clair pour parler de la pédocriminalité. "Un viol, c'est un viol. On ne sait pas nommer les choses", a-t-il dit en regrettant l'utilisation d'euphémismes comme "gestes déplacés".

Les deux hommes ont Ă©galement critiquĂ© la "sacralisation" de la figure du prĂȘtre qui en fait une sorte de "Dieu vivant", ouvrant la voie Ă  des abus, y compris sexuels.

Accueillis avec une "joie grave" par VĂ©ronique Margron, prĂ©sidente de la ConfĂ©rence des religieux et religieuses de France (Corref), ils ont Ă©tĂ© applaudis Ă  plusieurs reprises par leurs auditeurs qu'ils ont mĂȘme fait rire Ă  plusieurs reprises.

Cette rencontre à Lourdes a lieu aprÚs les révélations choc de la commission Sauvé qui a estimé, dans son rapport publié en octobre, à 330.000 le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences sexuelles depuis 1950, quand elles étaient mineures, de la part de clercs, religieux ou personnes en lien avec l'Eglise.

DĂ©but novembre, les Ă©vĂȘques catholiques ont reconnu la "responsabilitĂ© institutionnelle" de l'Église dans les actes pĂ©docriminels et leur "dimension systĂ©mique".

En avril, les congrégations religieuses de la Corref avaient déjà reconnu leur "responsabilité collégiale" dans les violences sexuelles. Ces deux institutions se sont engagées à des mesures de réparation individuelle en plusieurs étapes, dont une indemnisation financiÚre si la victime le demande.

La Corref doit adopter des mesures concrÚtes d'ici vendredi, dont la création d'une instance dédiée à la médiation entre victimes et instituts.

AFP

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1 Commentaires
la vérité si je mens !
la vérité si je mens !
4 ans

La dĂ©mission de tous les Ă©vĂȘques de France et de Navarre, ainsi des outre mer . Le reste c'est du du bla bla de comptoir