Industrie automobile

Renault veut supprimer 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France

  • PubliĂ© le 28 mai 2020 Ă  23:55
  • ActualisĂ© le 29 mai 2020 Ă  05:36
Le constructeur automobile français Renault compte supprimer environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans

Le constructeur automobile français Renault compte supprimer environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans, a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes.

Le projet, qui doit ĂȘtre rendu public vendredi matin, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© jeudi soir aux organisations syndicales, lors d'un comitĂ© central social et Ă©conomique (CCSE) du groupe. Il prĂ©voit de rĂ©duire les effectifs "sans licenciement sec", via des dĂ©parts volontaires, des dĂ©parts Ă  la retraite non remplacĂ©s et des mesures de mobilitĂ© interne ou de reconversion, ont indiquĂ© ces sources Ă  l'AFP.

Les capacitĂ©s de production du groupe au niveau mondial devraient ĂȘtre rĂ©duites, passant de 4 millions de vĂ©hicules actuellement Ă  quelque 3,3 millions, sur une base de deux Ă©quipes (ce qui correspond Ă  une production rĂ©elle potentielle plus Ă©levĂ©e en ajoutant une troisiĂšme Ă©quipe). Renault va suspendre des projets d'extension d'usines au Maroc et en Roumanie, envisage de rĂ©duire ses capacitĂ©s de production en Russie, et Ă©galement de rĂ©duire les activitĂ©s mĂ©caniques en CorĂ©e du sud et la fabrication de boĂźtes de vitesse en Turquie.

Le projet inclut en France l'arrĂȘt de la production automobile Ă  Flins (Yvelines), aprĂšs la fin de la Zoe d'ici quelques annĂ©es. L'usine, actuellement de 2.600 salariĂ©s, sera cependant reconvertie et rĂ©cupĂšrera l'activitĂ© du site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui emploie 260 personnes dans la rĂ©paration de moteurs et boĂźtes de vitesse utilisĂ©s comme piĂšces de rĂ©emploi.

L'avenir de Fonderie de Bretagne, avec prĂšs de 400 salariĂ©s Ă  Caudan (Morbihan), reste en suspens avec une "revue stratĂ©gique" annoncĂ©e. MĂȘme chose pour l'usine de Dieppe (Seine-Maritime), oĂč une rĂ©flexion sera engagĂ©e pour "un projet de reconversion Ă  la fin de la production de l'Alpine 110".

Enfin, la fusion des site de Douai et Maubeuge, dans le Nord, est envisagée pour créer un centre d'excellence des véhicules électriques et utilitaires légers.
En France, une procédure d'"information-consultation" des représentants du personnel commencera "à partir de la mi-juin", selon une source syndicale.

Un conseil d'administration du groupe a été convoqué jeudi soir.

De sources concordantes, le plan d'économies de 2 milliards d'euros est réparti pour environ un tiers sur la production, un tiers sur l'ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau.

Interrogé par l'AFP à l'issue du CCSE, Franck Daoût, délégué syndical central de la CFDT, a souhaité "un accord de méthode" pour la mise en ?uvre du plan, "avec des expertises sur les sites, localement, commençant le plus tÎt possible".

Concernant l'impact social des suppressions de postes, M. Daoût a souligné qu'il s'agira de "départs naturels à la retraite et de départs volontaires". "Ils sont malins. Ils présentent ça comme des hypothÚses de travail, disent +on le fera avec vous+, alors que tout est déjà décidé", a cependant critiqué un autre responsable syndical, sous couvert de l'anonymat.

AFP

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