Etats-Unis

Rencontre Trump-Juncker sous haute tension Ă  la Maison Blanche

  • PubliĂ© le 25 juillet 2018 Ă  16:25
  • ActualisĂ© le 25 juillet 2018 Ă  17:04
Le président américain Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 8 juillet 2017 à Hambourg

Le tĂȘte-Ă -tĂȘte devrait ĂȘtre tendu: Donald Trump reçoit mercredi le chef de l'exĂ©cutif europĂ©en Jean-Claude Juncker, au moment oĂč les nĂ©gociations pour tenter de mettre fin Ă  la guerre commerciale dĂ©clenchĂ©e par le prĂ©sident amĂ©ricain semblent dans l'impasse.

La rencontre entre le magnat de l'immobilier, qui martÚle par tweets interposés sa volonté de ne rien lùcher, et le Luxembourgeois, qui ne cache pas qu'il nourrit peu d'espoirs, s'annonce particuliÚrement délicate. "Nous ne sommes pas les ennemis des Etats-Unis, nous avons un passé commun qu'on ne doit pas oublier. (Mais) je ne suis pas excessivement optimiste", a affirmé ce dernier à la chaßne allemande ZDF.
Preuve des turbulences liées au bras de fer engagé par le président américain: son administration vient d'annoncer une aide d'urgence de 12 milliards de dollars destinée aux agriculteurs touchés par les représailles aux tarifs douaniers décrétés par Washington visant la Chine, l'Union européenne ou encore le Canada.

- "Tueur brutal" -

Connu pour son franc-parler --et son humour-- le chef de l'exécutif européen a raconté que M. Trump lui avait dit, à l'occasion du dernier G7: "Jean-Claude, tu es un tueur brutal". "Je pense qu'il a dit cela comme un compliment mais je n'en suis pas sûr...", a-t-il ajouté.
Donald Trump menace rĂ©guliĂšrement de franchir un nouveau cap en l'absence de concessions de la part de Bruxelles: imposer des droits de douane sur les importations de voitures europĂ©ennes, ce qui inquiĂšte particuliĂšrement l'Allemagne, oĂč ce secteur clĂ© emploie quelque 800.000 personnes.

Assurant savoir "comment s'y prendre" avec le président américain, M. Juncker a lancé une mise en garde à ce dernier avant de le retrouver, prévenant que l'Europe répondrait "de maniÚre adéquate et immédiate" s'il bougeait sur l'automobile.

En Ă©cho, Cecilia Malmström, la Commissaire europĂ©enne au Commerce, a Ă©voquĂ© dans la presse suĂ©doise "une longue liste de produits amĂ©ricains" qui pourraient ĂȘtre visĂ©s pour un montant total de 20 milliards de dollars.

A la veille de la rencontre, le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois dĂ©noncĂ© l'attitude de l'Europe Ă  laquelle il rĂ©serve depuis plusieurs mois ses flĂšches les plus aiguisĂ©es. "Ce que nous fait l'Union europĂ©enne est incroyable (...) Ils ont l'air gentils, mais ils sont durs", a-t-il lancĂ© depuis Kansas City, dans le Missouri, promettant de dĂ©fendre avec vigueur les intĂ©rĂȘts de l'AmĂ©rique lors de sa rencontre avec le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne.

- "Pas de faiblesse!" -

Il a aussi ironisĂ©, comme il l'avait dĂ©jĂ  fait au G7, sur le manque d'audace prĂ©sumĂ© des partenaires des Etats-Unis, proposant que tout le monde abandonne "tous les tarifs douaniers, les barriĂšres non-tarifaires et les subventions". "Cela serait vĂ©ritablement le libre-Ă©change! J'espĂšre qu'ils le feront, nous sommes prĂȘts, mais ils ne le feront pas!", a-t-il ajoutĂ©.

Se réjouissant, sur le ton volontiers provocateur qu'il affectionne, que les pays visés par les tarifs douaniers "viennent tous à Washington pour négocier", Donald Trump martÚle que sa stratégie finira pas porter ses fruits et que "le résultat final en vaudra la peine". Mais l'approche est loin de faire l'unanimité dans le camp républicain, traditionnellement favorable au libre-échange.
"Je ne pense pas que les tarifs douaniers soient la bonne réponse", a lùché mardi le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Ce dernier est originaire du Wisconsin, Etat qui abrite le siÚge de Harley-Davidson. Le célÚbre constructeur de motos a averti sans détour que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires allait rogner ses marges en 2018. Comme lui, nombre d'élus du "Grand Old Party" s'inquiÚtent de l'impact possible de la croisade présidentielle sur les élections de mi-mandat prévues en novembre.

John Thune, sénateur républicain du Dakota du Sud, a vu dans l'annonce du plan de 12 milliards de dollars la preuve que la politique agressive de Donald Trump au nom de "L'Amérique d'abord" provoquait "de nombreux dommages collatéraux". A quelques heures de sa rencontre avec M. Juncker, la président américain a dénoncé ces "hommes politiques faibles" qui veulent mettre fin au bras de fer. "Qu'est-ce qu'ils s'imaginent? Va-t-on simplement continuer à laisser nos agriculteurs se faire arnaquer? Pas de faiblesse!", a-t-il lancé.

AFP

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