Pour un cessez-le-feu

Rencontre Trump-Zelensky en marge des funérailles du pape

  • PubliĂ© le 26 avril 2025 Ă  14:52
  • ActualisĂ© le 26 avril 2025 Ă  15:59
Photo diffusée par le service de presse de la présidence ukrainienne, le 26 avril 2025, montrant une rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky (g) et le président américain Donald Trump à la basilique Saint-Pierre en marge des funérailles du pape François au Vatican

Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés samedi à Rome avant les funérailles du pape lors d'un échange jugé posifif par les deux parties, et vont se reparler aprÚs la cérémonie, alors que Washington met la pression pour arriver à un cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie, Kiev craignant de se faire forcer la main.

Assis sur des fauteuils rouges dans la basilique Saint-Pierre et penchés l'un vers l'autre, d'aprÚs des photos transmises par la présidence ukrainienne, les deux hommes se sont parlé une quinzaine de minutes, selon cette source. Le bras droit de M. Zelensky, Andriï Iermak a qualifié la discussion de "constructive", tandis que la Maison Blanche l'a jugéee "trÚs productive".

C'était la premiÚre fois que les deux hommes se retrouvaient depuis l'échange houleux à Washington le 28 février, quand Donald Trump et son vice-président JD Vance avaient littéralement tancé le président ukrainien.

- Accélération des discussions -

"Les dirigeants sont convenus de poursuivre leurs discussions aujourd'hui. Les équipes travaillent à l'organisation de la suite de la réunion", selon le porte-parole de Volodymyr Zelensky, Serguiï Nykyforov, a indiqué à des journalistes, dont l'AFP, alors que Donald Trump est supposé quitter Rome trÚs vite aprÚs la cérémonie.

Sur un autre cliché, les deux hommes sont debouts dans la basilique en compagnie de deux autres principaux alliés de l'Ukraine, Emmanuel Macron et Keir Starmer.

Des dizaines de chefs d'Etat ou de gouvernement et de hauts responsables ont convergé vers Rome samedi pour les funérailles du pape François, ouvrant la possibilité à de multiples rencontres diplomatiques. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a échangé une brÚve poignée de main avec Donald Trump en pleine tensions commerciales entre l'UE et les Etats-Unis.

Ces rencontres interviennent en pleine effervescence diplomatique.

Donald Trump a assuré dans la nuit de vendredi à samedi que la Russie et l'Ukraine étaient "trÚs proches d'un accord", sans en dévoiler le contour, tandis que son homologue russe Vladimir Poutine, avec lequel il a entamé depuis plusieurs mois un rapprochement sensible, a évoqué la "possibilité" de "négociations directes" entre Moscou et Kiev.

Il n'y a eu aucune nĂ©gociation directe entre les deux belligĂ©rants pour discuter d'un arrĂȘt du conflit depuis celles qui ont Ă©chouĂ© en 2022.

L'émissaire américaine Steve Witkoff, interlocuteur américain privilégié du Kremlin, a rencontré Vladimir Poutine vendredi, pour la quatriÚme fois depuis la relance des relations entre les deux puissances à l'initiative du président américain, et plusieurs officiels russes ont affirmé que le dialogue russo-américain progresse de maniÚre positive.

ParallĂšlement Ă  ce rapprochement, Donald Trump, dont les Ă©quipes nĂ©gocient sĂ©parĂ©ment avec les Ukrainiens, a multipliĂ© rĂ©cemment les critiques contre Volodymyr Zelensky, accusant l'Ukraine d'ĂȘtre un obstacle Ă  la fin de la guerre, et plaçant le prĂ©sident ukrainien sous une trĂšs forte pression Ă©tant donnĂ© qu'il a un besoin vital du soutien militaire amĂ©ricain pour rĂ©sister Ă  l'invasion russe Ă  grande Ă©chelle lancĂ©e en fĂ©vrier 2022.

Donald Trump, qui avait affirmé pendant sa campagne électorale qu'il pourrait mettre trÚs rapidement un terme à la guerre, semble vouloir forcer la main de Volodymyr Zelensky pour entamer un processus de rÚglement du conflit, mais Kiev craint que son protecteur américain le contraigne à accepter des conditions trop favorables au Kremlin, que ce soit sur d'éventuelles concessions territoriales ou les garanties de sécurité à l'Ukraine.

Le président américain a ainsi assuré au magazine Time, dans un entretien réalisé mardi et diffusé vendredi, que la Russie conserverait la Crimée, une péninsule ukrainienne qu'elle a annexée en 2014 et dont la reconnaissance en tant que territoire russe est mentionnée, selon des médias, dans la proposition américaine de rÚglement.

- Crimée -

"La Russie gardera la Crimée. Et Zelensky comprend ça", martÚle ainsi le président américain dans Time à propos de cette péninsule stratégique donnant accÚs la mer Noire.

Mais le président ukrainien a réfuté cette idée en martelant vendredi que "tous les territoires temporairement occupés appartiennent à l'Ukraine".

Donald Trump a aussi fait de nouveau porter à l'Ukraine la responsabilité du conflit, considérant que "ce qui a fait commencer la guerre, c'est quand ils (les Ukrainiens, ndlr) ont commencé à parler de rejoindre l'Otan", reprenant de facto les éléments de langage diffusés par la Russie depuis des années.

C'est l'armée russe qui a envahi à grande échelle le territoire ukrainien en février 2022, déclenchant un conflit sans précédent en Europe depuis des décennies.

Les possibles concessions territoriales qui seraient exigées de Kiev dans le cadre des projets américains sont trÚs clivantes en Ukraine, pays dont la Russie contrÎle aujourd'hui environ 20% de la superficie, et alors que Moscou consolide progressivement depuis des mois son ascendant militaire.

L'Ukraine veut des garanties de sécurité militaires solides de ses alliés occidentaux pour dissuader Moscou d'attaquer à nouveau aprÚs la conclusion d'un éventuel cessez-le-feu.

AFP

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