ProblĂšmes techniques

Report du premier lancement de la fusée New Glenn de Jeff Bezos

  • PubliĂ© le 13 janvier 2025 Ă  19:11
  • ActualisĂ© le 13 janvier 2025 Ă  19:15
La fusée New Glenn à Cape Canaveral en Floride, le 21 février 2024

Le vol inaugural de la fusée géante New Glenn de l'entreprise du fondateur d'Amazon Jeff Bezos devra attendre encore un peu : sa société Blue Origin a annulé le lancement en raison de problÚmes techniques non spécifiés.

Blue Origin devait lancer pour la premiÚre fois lundi sa grande fusée New Glenn, un vol inaugural à l'allure de tournant pour la société fondée par le milliardaire américain, et potentiellement l'industrie spatiale privée.

"Nous abandonnons la tentative de lancement pour rĂ©soudre un problĂšme de sous-systĂšme du vĂ©hicule qui nous conduirait au-delĂ  de notre fenĂȘtre de tir", a indiquĂ© Ariane Cornell, une dirigeante de Blue Origin, lors d'une retransmission en direct Ă  laquelle assistaient des centaines de milliers de spectateurs.

Cette fusée qui a demandé des années de conception et dont le lancement a été déjà reporté de multiples fois, mesure 98 mÚtres, soit la taille d'un immeuble d'environ 30 étages.

L'objectif est clair: "Atteindre l'orbite. Tout ce qui va au-delà est un bonus", avait vanté David Limp, le PDG de Blue Origin.

Si la société du fondateur d'Amazon emmÚne déjà depuis des années des touristes pendant quelques minutes dans l'espace grùce à sa plus petite fusée New Shepard, elle n'a jusqu'ici mené aucun vol en orbite.

Avec New Glenn, Blue Origin ambitionne de rattraper son grand rival SpaceX, qui appartient à un autre milliardaire américain, Elon Musk.

Elon Musk avait d'ailleurs souhaité "bonne chance" à Blue Origin sur le réseau social X.

L'entreprise du patron de Tesla domine depuis des années le marché commercial spatial avec ses fusées Falcon 9 et Falcon Heavy, et développe aujourd'hui la plus grande fusée jamais créée: Starship.

Hasard ou non du calendrier, SpaceX entend mener plus tard dans la semaine le septiÚme vol d'essai de sa méga-fusée.

- "Avoir le choix" -

Avec New Glenn, qui est un "lanceur lourd", Blue Origin voudrait concurrencer SpaceX sur son terrain: le lancement de satellites commerciaux et militaires en orbite, mais aussi de vaisseaux et d'astronautes.

Sa fusée doit pouvoir emporter jusqu'à 45 tonnes en orbite basse. C'est plus du double que Falcon 9, mais moins que Falcon Heavy (63,8 tonnes).

"C'est une bonne chose d'avoir de la concurrence, d'avoir le choix", insiste George Nield, président d'une entreprise promouvant les activités spatiales privées.

"C'est trÚs important pour l'industrie spatiale commerciale, mais aussi pour le gouvernement et la Nasa" car cela permet non seulement de baisser les coûts, mais aussi d'offrir un plan B "en cas de problÚme sur un appareil", dit-il.

Blue Origin a déjà signé des contrats avec plusieurs clients, dont l'agence spatiale américaine pour une mission non habitée vers Mars, et le gouvernement américain pour des missions de sécurité nationale.

CÎté commercial, elle prévoit de déployer des satellites internet pour plusieurs entreprises.

Elle devrait Ă©galement, comme SpaceX avec Starlink, ĂȘtre chargĂ©e du lancement de satellites du groupe Amazon. Jeff Bezos et Elon Musk, les deux hommes les plus riches au monde, se livrent Ă©galement bataille dans le domaine de l'internet par satellite.

- "Prix beaucoup plus bas" -

Les similaritĂ©s entre les deux gĂ©ants privĂ©s du spatial ne s'arrĂȘtent pas lĂ . Comme la Falcon 9, New Glenn est pensĂ©e pour ĂȘtre en partie rĂ©utilisable.

Lors de cette mission inaugurale qui devait durer environ six heures, Blue Origin comptait tenter de récupérer le premier étage de sa fusée.

L'entreprise est déjà parvenue à faire se poser sa fusée New Shepard au Texas. Mais cette fois-ci, elle entendait tenter un atterrissage contrÎlé sur une barge en mer, une manoeuvre similaire à celle réussie par SpaceX avec sa fusée Falcon 9.

"Un processus extrĂȘmement compliquĂ©", selon Elliott Bryner, professeur Ă  l'universitĂ© aĂ©ronautique Embry-Riddle.

Mais alors que la course à la privatisation et la militarisation de l'espace bat son plein, ce processus qui permet de "réutiliser de grandes parties de fusées" est crucial car il permet à la fois "d'offrir un accÚs à l'espace à un prix beaucoup plus bas" et d'accélérer la cadence des lancements, pointe-t-il à l'AFP.

AFP

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