Nicaragua

Reprise prévue du dialogue gouvernement-opposition

  • PubliĂ© le 25 juin 2018 Ă  08:47
  • ActualisĂ© le 25 juin 2018 Ă  08:58
Des étudiants munis d'armes artisanales derriÚre une barricade, le 23 juin 2018 à Managua, au Nicaragua

Le gouvernement nicaraguayen et l'opposition doivent reprendre lundi le dialogue pour tenter de trouver une issue Ă  la vague de violences qui a fait plus de 200 morts en un peu plus de deux mois.

Les représentants du gouvernement du président Daniel Ortega et de l'Alliance civique pour la Justice et la Démocratie - une coalition de groupes d'opposition de la société civile- - ont été convoqués par l'Eglise catholique, qui joue le rÎle de médiateur, lundi à 10h00 (16h00 GMT) afin de discuter de la proposition d'organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021.

"Nous ne pouvons rien faire qui ne soit pas fondĂ© sur la Constitution. Si nous voulons faire quelque chose de bien, nous devons le faire lentement", a dĂ©clarĂ© Ă  la presse le cardinal Leopoldo Brenes, archevĂȘque de Managua et prĂ©sident de la ConfĂ©rence Ă©piscopale du Nicaragua (CEN), directement impliquĂ© dans ces pourparlers.

Lors de la messe dominicale en la cathĂ©drale de Managua, le cardinal a dĂ©clarĂ© dans son homĂ©lie que le pape François est "trĂšs inquiet" de la situation au Nicaragua. "Il souhaite que l'on maintienne le dialogue car c'est la seule façon de rĂ©soudre les problĂšmes", a soulignĂ© Mgr Brenes. Les Ă©vĂȘques se sont posĂ©s en mĂ©diateurs depuis mai, essayant de faire dialoguer le gouvernement et l'opposition - formĂ©e de reprĂ©sentants des Ă©tudiants, d'entreprises et de la sociĂ©tĂ© civile - qui manifeste depuis le 18 avril contre le prĂ©sident Ortega, Ă  la tĂȘte du pays depuis 2007, aprĂšs une premiĂšre pĂ©riode au pouvoir de 1979 Ă  1990.

Cette nouvelle rencontre doit se tenir deux jours aprÚs un nouveau regain de la répression contre les opposants au président Ortega. Samedi, au moins huit personnes ont été tuées dans des opérations des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires, à Managua et dans d'autres villes du Nicaragua.

Parmi les victimes figurent un enfant de 15 mois ainsi que des étudiants qui étaient retranchés dans les locaux de l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua.

Dans le cadre du dialogue, deux techniciens de la Commission interamĂ©ricaine des droits de l'homme (CIDH) sont arrivĂ©s Ă  Managua dimanche ainsi que des fonctionnaires du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l?homme pour enquĂȘter sur ces violences.

La CIDH a publié vendredi, veille des nouvelles violences, un rapport qui faisait état au 19 juin d'au moins 212 morts, 1.337 blessés et plus de 500 personnes placées en détention depuis le début de la vague de répression.
 

 - © 2018 AFP

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