Justice

Rétractation de Takieddine: Nicolas Sarkozy saura vendredi s'il est mis en examen

  • PubliĂ© le 6 octobre 2023 Ă  09:01
  • ActualisĂ© le 6 octobre 2023 Ă  09:14
L'ancien président Nicolas Sarkozy, à Arcachon, en Gironde, le 25 août 2023, à la sortie d'une séance de dédidace pour son dernier livre

Nicolas Sarkozy ressortira-t-il vendredi mis en examen ou tĂ©moin assistĂ© du tribunal de Paris ? C'est l'heure de la dĂ©cision pour les juges d'instruction qui l'interrogent depuis mardi dans l'enquĂȘte sur des manƓuvres frauduleuses pour le disculper des soupçons de financement libyen de sa campagne prĂ©sidentielle 2007.

AprÚs une trentaine d'heures d'interrogatoire sur trois jours, l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) devrait se présenter une derniÚre fois vendredi matin devant les magistrats financiers chargés de l'information judiciaire ouverte en mai 2021 aprÚs la rétractation du sulfureux intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine.

Dans cette opĂ©ration, appelĂ©e "Sauver Sarkozy" par l'un des mis en cause, la justice s'intĂ©resse aux manƓuvres qui auraient Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es par au moins neuf protagonistes, Ă  des degrĂ©s et moments divers: la reine des paparazzis Mimi Marchand, l'intermĂ©diaire NoĂ«l Dubus, dĂ©jĂ  condamnĂ© pour escroquerie, le dĂ©funt financier Pierre Reynaud, le puissant chef d'entreprise David Layani, etc.

L'objectif aurait d'abord Ă©tĂ© d'obtenir que le sulfureux intermĂ©diaire franco-libanais Ziad Takieddine retire, fin 2020 contre rĂ©munĂ©ration, ses accusations contre lui. Ce revirement avait donnĂ© lieu Ă  une retentissante interview sur BFMTV et Paris Match, point de dĂ©part de l'enquĂȘte.

Puis, au premier semestre 2021, cela aurait visé à obtenir une preuve que le retentissant "document libyen" publié dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012 par Mediapart et évoquant un financement à hauteur de 50 millions d'euros était un faux.

Ou encore à obtenir de magistrats libanais la libération d'un fils Kadhafi détenu dans ce pays, pour que la famille du défunt dictateur libyen facilite la mise hors de cause de M. Sarkozy.

Pour les enquĂȘteurs, selon un chiffrage rĂ©cemment Ă©tabli, au moins 608.000 euros auraient pu ĂȘtre utilisĂ©s dans cette opĂ©ration.

Dans cet interrogatoire de premiÚre comparution entamé mardi, M. Sarkozy est interrogé sur des soupçons de "recel de subornation, association de malfaiteurs en vue de la préparation d'escroqueries en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de la corruption de personnels judiciaires étrangers", d'aprÚs une source judiciaire.

- "Folie" -

Vendredi, les juges d'instruction devront trancher entre deux options.

PremiÚre possibilité, ils considÚrent disposer de suffisamment d'indices graves et concordants quant au fait que M. Sarkozy aurait donné une forme d'aval à ces démarches. Dans ce cas, ils pourraient le mettre en examen pour tout ou partie des infractions visées, et l'ancien président risquerait un procÚs.

Seconde possibilité: ils estiment qu'à ce stade les éléments à leur disposition confirment certes que M. Sarkozy était informé au moins d'une partie de l'opération, mais qu'il n'a joué aucun rÎle actif pour la favoriser. Dans ce cas, ils pourraient le placer sous le statut moins incriminant de témoin assisté.

S'il obtient ce statut pour toutes les infractions en cause, alors M. Sarkozy éviterait à ce stade le risque d'un procÚs: une victoire judiciaire pour lui.

En juin, face aux enquĂȘteurs de l'Oclciff, spĂ©cialisĂ©s dans les affaires financiĂšres, l'ex-prĂ©sident a certes dit avoir Ă©tĂ© informĂ© par Mimi Marchand en octobre 2020, soit un mois avant que l'information ne soit publique, d'un souhait de M. Takieddine de changer de version.

Mais selon ses auditions dévoilées par Libération et consultées par l'AFP, M. Sarkozy a assuré qu'"aucun élément concret matériel, de téléphonie, ne peut (l)'incriminer dans cette folie, ni de prÚs, de ni de loin".

Longuement interrogé sur son agenda et sa téléphonie de la fin 2020 et du début 2021, qui suggÚrent des rendez-vous ou conversations à des moments-clés avec des protagonistes du dossier, M. Sarkozy a évoqué quelques "coïncidences" mais nié tout contact significatif.

Pour lui, "toute cette petite bande n'a que pour seule prĂ©occupation de se faire mousser les uns par rapport aux autres" en prĂ©tendant ĂȘtre en contact avec lui, et "l'idĂ©e mĂȘme que je puisse pousser directement ou indirectement au financement des pieds nickelĂ©s est une idĂ©e folle".

Quelle que soit la décision des magistrats, l'agenda judiciaire de M. Sarkozy, qui sera samedi matin dans son fief de Neuilly-sur-Seine pour la promotion de son dernier livre "Le temps des combats", restera trÚs chargé.

Outre le procÚs du financement libyen, prévu début 2025, il sera jugé en novembre en appel dans le dossier Bygmalion.

L'affaire dite "Bismuth" pourrait, elle, faire l'objet d'un nouveau procÚs, pour raisons procédurales.

AFP

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1 Commentaires
Dom
Dom
2 ans

Suppression des avantages liés à ses anciennes fonctions
Ça fera des Ă©conomies.