Royaume-Uni : 200 arrestations lors d'une manifestation en soutien au groupe interdit Palestine Action

  • PubliĂ© le 9 aoĂ»t 2025 Ă  19:21
  • ActualisĂ© le 9 aoĂ»t 2025 Ă  20:14
Un manifestant est emmené par des policiers lors d'une manifestation « Lift The Ban » (LÚve l'interdiction) en soutien au groupe interdit Palestine Action, qui réclame la levée de l'interdiction récemment imposée, sur Parliament Square, dans le centre de Londres, le 9 août 2025

Un total de 200 partisans de l'organisation Palestine Action ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s samedi lors d'une manifestation de soutien Ă  Londres Ă  ce rĂ©seau propalestinien, interdit depuis dĂ©but juillet et classĂ© comme "organisation terroriste", a indiquĂ© sur X la police londonienne. Cette interdiction a Ă©tĂ© jugĂ©e "disproportionnĂ©e" par l'ONU.

"Nous avons dĂ©sormais arrĂȘtĂ© 200 personnes sur Parliament Square", devant le Parlement britannique, a-t-elle Ă©crit, expliquant avoir arrĂȘtĂ© ou ĂȘtre "en train de le faire" Ă  toutes les personnes ayant brandi la pancarte "Je m'oppose au gĂ©nocide, je soutiens Palestine Action".

Sur place, des manifestants ont brandi d'autres pancartes comme "Agir contre le génocide n'est pas un crime" ou "Free Palestine".

"C'est un impĂ©ratif moral d'ĂȘtre ici", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Mathilda, qui ne souhaite pas donner son patronyme.

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée aprÚs l'attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 qui a entraßné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Les représailles israéliennes ont depuis fait au moins 61.330 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon les chiffres du ministÚre de la Santé du Hamas, jugés fiables par l'ONU.

"S'ils veulent m'arrĂȘter, je ne m'enfuirai pas et je ne me cacherai pas", a ajoutĂ© cette septuagĂ©naire venue spĂ©cialement de Bristol, Ă  l'ouest de Londres, et qui Ă©tait assise aux cĂŽtĂ©s d'autres manifestants avec la pancarte soutenant le groupe interdit.

- "Rien Ă  me reprocher" -

"Qu'ils nous arrĂȘtent tous", a renchĂ©ri Richard Bull, un londonien de 42 ans dans un fauteuil roulant. "Ce gouvernement est allĂ© trop loin. Je n'ai rien Ă  me reprocher."

De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans la foule, à quelques pas de laquelle étaient alignés des voitures de police, a constaté une journaliste de l'AFP.

La police avait mis en garde les participants contre les "potentielles conséquences pénales" de leurs actes.

Les personnes arrĂȘtĂ©es n'ont pas opposĂ© de rĂ©sistance, beaucoup formant un "V" de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d'autres manifestants, a constatĂ© une journaliste de l’AFP.

Palestine Action a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme "terroristes" au Royaume-Uni, aprÚs des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l'armée de l'air.

Le groupe Defend Our Juries organise depuis des manifestations pour protester contre cette interdiction.

"Nous continuerons tant que le gouvernement tentera de faire taire ceux qui dénoncent sa complicité dans des crimes de guerre", a réagi Defend Our Juries dans un communiqué.

"Nous sommes déjà de plus en plus nombreux à nous préparer pour la prochaine vague d'actions en septembre."

- "Informations inquiétantes" -

Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants "ne connaissent pas la vraie nature" de Palestine Action. "Ce n'est pas une organisation non violente", a assuré la ministre de l'Intérieur Yvette Cooper, disant disposer d'"informations inquiétantes" sur ses projets.

Plus de 200 partisans avaient déjà été interpellées avant la manifestation de samedi, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries.

Trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi antiterroriste jeudi pour avoir exprimé leur soutien au mouvement, une infraction passible de jusqu'à 6 mois de prison.

L'appartenance Ă  un groupe interdit ou l'incitation Ă  le soutenir peut elle valoir jusqu'Ă  14 ans de prison.

L'interdiction fait l'objet d'une action en justice, lancĂ©e par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de ce groupe qui se prĂ©sentait comme un "rĂ©seau d'action directe" visant Ă  dĂ©noncer "la complicitĂ© britannique" avec l’État d'IsraĂ«l, en particulier sur la question des ventes d'armes.

AFP

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