Russie : le chercheur français Vinatier devant le tribunal pour des accusations d'"espionnage"

  • PubliĂ© le 25 aoĂ»t 2025 Ă  14:55
  • ActualisĂ© le 25 aoĂ»t 2025 Ă  15:12
Le chercheur français Laurent Vinatier, accusé d'avoir recueilli des informations militaires russes sans s'enregistrer comme "agent étranger" dans un box d'accusés lors d'une audience au tribunal du district de Zamoskvoretsky, à Moscou, le 16 septembre 2024

Le chercheur français Laurent Vinatier, déjà condamné à trois ans de prison en Russie, doit comparaßtre lundi devant un tribunal de Moscou pour des accusations d'"espionnage", ce qui laisse présager une prolongation de sa peine.

L'audience dans cette nouvelle affaire doit se dĂ©rouler Ă  huis clos et concerne une enquĂȘte pour "espionnage" lancĂ©e Ă  l'encontre de Laurent Vinatier, a confirmĂ© Ă  l'AFP Anastassia Pychkina, porte-parole du tribunal de Lefortovo.

Il n'est toutefois pas possible de savoir dans l'immĂ©diat si M. Vinatier a Ă©tĂ© inculpĂ© ou non pour ces accusations et aucune accusation spĂ©cifique n'a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©e par les enquĂȘteurs ou le Parquet.

Incarcéré depuis juin 2024, ce chercheur spécialiste de l'espace post-soviétique était employé sur le sol russe par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s'agissant de l'Ukraine.

Laurent Vinatier a Ă©tĂ© condamnĂ© en octobre 2024 Ă  trois ans de prison pour ne pas s'ĂȘtre enregistrĂ© en tant qu'"agent de l'Ă©tranger", un label utilisĂ© par les autoritĂ©s russes pour rĂ©primer leurs dĂ©tracteurs.

Les nouvelles accusations d'espionnage le visant sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'Ă  20 ans de prison.

"Connaissant le gouvernement russe on n'a pas été étonné qu'ils le poursuivent à nouveau, qu'ils trouvent encore des choses à lui reprocher", a déclaré à l'AFP la mÚre du chercheur français, Brigitte Vinatier.

Se disant "prise de court" par ces nouvelles accusations, Mme Vinatier a dit ne s'attendre "Ă  rien de bien, Ă  rien de positif".

"Les autorités françaises ont réclamé des nouvelles et des informations tout le temps avec un manque de réponses de la part des autorités russes qui leur ont dit simplement qu'elles seraient prévenues en temps voulu", a-t-elle indiqué.

- Relations glaciales -

Selon elle, son fils a été transféré récemment à la prison moscovite de Lefortovo, notamment connue pour accueillir des détenus visés par des affaires à résonance politique.

Paris a exigé de Moscou la libération de son ressortissant, accusant la Russie de chercher à prendre des Occidentaux en otage, alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis l'assaut russe contre l'Ukraine lancé en 2022 et les sanctions qui ont suivi.

Lors de son premier procĂšs en octobre, M. Vinatier avait Ă©tĂ© reconnu coupable d'avoir manquĂ© Ă  son obligation de s'enregistrer sous le label d'"agent de l'Ă©tranger", alors mĂȘme qu'il collectait des "informations dans le domaine des activitĂ©s militaires" pouvant ĂȘtre "utilisĂ©es contre la sĂ©curitĂ©" de la Russie.

L'intéressé avait reconnu les faits, mais plaidé l'ignorance. Il s'est également excusé, espérant l'indulgence de la justice.

Selon des sources interrogĂ©es par l'AFP, le Français travaillait depuis des annĂ©es sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine, avant mĂȘme l'offensive russe de fĂ©vrier 2022, dans le cadre de discrets efforts diplomatiques en parallĂšle Ă  ceux des Etats.

Jusqu'Ă  son arrestation, il effectuait des voyages dans les deux pays.

Cette nouvelle affaire survient aprÚs une série d'actes de déstabilisation et de désinformation imputées à la Russie sur le territoire français, tandis que la France se voit reprocher son soutien militaire à l'Ukraine ou encore de censurer les médias russes.

La semaine derniÚre, alors que les efforts diplomatiques s'intensifiaient pour tenter de trouver une issue au conflit en Ukraine, le président français, Emmanuel Macron, avait qualifié son homologue russe, Vladimir Poutine, d'"ogre à nos portes" et de "prédateur" qui "ne veut pas la paix".

AFP

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