Golf

Ryder Cup: l'Europe sur la bonne voie, Woods aux abois

  • PubliĂ© le 29 septembre 2018 Ă  21:03
  • ActualisĂ© le 29 septembre 2018 Ă  21:19
L'Anglais Tommy Fleetwood lors de la 2e journée de la Ryder Cup le 29 septembre 2018

Un exploit: les Etats-Unis en ont besoin dimanche pour conserver la Ryder Cup, car ils sont relĂ©guĂ©s Ă  quatre longueurs (10-6) des EuropĂ©ens Ă  l'issue des derniers doubles samedi, une journĂ©e oĂč Tiger Woods a tout perdu.

Ce ne fut pas aussi simple que la feuille de score peut le laisser penser. Et l'histoire a montrĂ© qu'il ne faut jamais savourer trop tĂŽt dans une Ryder Cup. Mais au final, avant les douze simples de dimanche, le matelas acquis par les hommes du capitaine europĂ©en Thomas Björn va faciliter leur sommeil. D'un point de vue purement comptable, il ne manque plus aux EuropĂ©ens que quatre victoires et un match nul pour l'emporter dimanche. Un scĂ©nario a priori dans leurs cordes, et pas loin d'ĂȘtre idĂ©al.

Sans doute encore sonnés par le cinglant 4-0 du vendredi aprÚs-midi, les Américains ont eu bien du mal à se remettre dans le match samedi matin.
A l'image d'un Tiger Woods parfois livide, absent, et incapable de hausser son niveau de jeu le matin aux cÎtés d'un Patrick Reed en mode boulet. Le Tigre n'a pas été plus brillant l'aprÚs-midi avec Bryson DeChambeau.

- Fleetwood-Molinari, le duo star -

Le +Tigre+, celui que tout le monde attendait dans cette Ryder Cup, a une nouvelle fois perdu en double, sa troisiÚme défaite d'affilée en France, portant à 19 son bilan en Ryder Cup dans cet exercice bien particulier. Ironie de l'histoire, il a perdu les trois fois face à la paire Fleetwood-Molinari, les stars absolues, pour l'instant, de l'équipe européenne.

Le duo anglo-italien, vĂ©ritable coup de gĂ©nie du capitaine Björn, a dĂ©jĂ , en deux jours, marquĂ© de son empreinte l'histoire de la Ryder: quatre matches, quatre points, et un rookie (Fleetwood) dĂ©jĂ  au tableau d'honneur. L'Italien lui, malgrĂ© deux Ryder, n'avait pas une seule victoire Ă  se mettre sous la dent. Cette Ă©dition n'est mĂȘme pas terminĂ©e et il en a dĂ©jĂ  quatre. Leur nom sera inscrit encore plus haut dans le palmarĂšs s'ils remportent, sĂ©parĂ©ment, leur simple de dimanche: aucun joueur europĂ©en n'a jamais engrangĂ© cinq points sur cinq possibles lors d'une Ryder Cup. Une belle source de motivation.

Tiger Woods, sans doute le plus grand joueur de l'histoire du golf, a lui confirmé son incapacité chronique à glaner des points en double en Ryder Cup (19 défaites dans cet exercice). Une incongruité qui restera l'un des points noirs de sa carriÚre. Le +Tigre+ n'a pas été le seul joueur US à passer au travers samedi. La paire Finau-Koepka n'a pas fait d'étincelles le matin, battue par le duo McIlroy-Garcia, et Johnson-Fowler ont été défaits, assez facilement, par le réjouissant tandem Casey-Hatton.

- Brookline-Medinah, match nul... -

La meilleure association US, Spieth-Thomas, en arrachant deux points samedi, a permis à l'équipe de Jim Furyk de ne pas sombrer. Quant à Bubba Watson, transparent vendredi, il s'est bien repris, avec Webb Simpson, pour décrocher ce 6e point qui entretient l'espoir de l'Amérique. Deux fois dans l'histoire une équipe est en effet parvenue à renverser une situation aussi compromise le samedi soir: les Etats-Unis sur le parcours de Brookline à Boston, en 1999, et surtout l'Europe à Medinah, en 2012.

La premiÚre fois, les Américains, menés chez eux, avaient eu besoin de George W. Bush, à l'époque gouverneur du Texas, pour les motiver dans les vestiaires. Invité par le capitaine de l'époque, Ben Crenshaw, il avait lu aux joueurs une lettre d'un soldat ayant combattu à Fort Alamo et avait fini par ces mots: "la victoire ou la mort". Dans un climat nauséabond, les Américains l?avaient finalement emporté.

Le "miracle" de Medinah, en revanche, constitue l'une des plus belles pages de l'équipe d'Europe sur le sol américain. Quelques acteurs de ce moment historique sont encore là, cette année en France, comme Ian Poulter, alias "Mr Ryder", et Dustin Johnson, le numéro 1 mondial. Les Américains vont forcément s'en rappeler pour tenter de gagner, in extremis, une Ryder Cup sur le sol européen. Ce n'est plus arrivé depuis 25 ans. Ce serait donc un exploit, un vrai.

- © 2018 AFP

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