Le parquet de Paris a indiqué mercredi à l’AFP faire appel de la relaxe prononcée la veille d’un animateur périscolaire pour agressions sexuelles sur des enfants d’une école maternelle du XIe arrondissement.
"Le parquet a fait appel de la décision de relaxe rendue sur les infractions pour lesquelles il avait requis la condamnation", a déclaré le ministère public. Son appel se limite donc à trois enfants sur les neuf pour lesquels le désormais ex-animateur a été jugé en mai, lors du premier procès public depuis le début du scandale du périscolaire parisien.
David G., 36 ans, poursuivi pour agressions sexuelles sur des enfants de l’école maternelle Alphonse Baudin entre septembre 2024 et avril 2025, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel "faute d’éléments matériels suffisamment constitués", "au bénéfice d’un doute très sérieux".
C’est la deuxième relaxe en quelques semaines prononcée envers un animateur périscolaire parisien pour des accusations d’agressions sur des enfants.
Le parquet le poursuivait pour cinq mineurs - pour finalement requérir à l’audience sa condamnation pour seulement trois d’entre eux -, tandis que les familles de quatre autres l’avaient assigné directement en justice.
Dans ce dossier sans adulte témoin direct de faits sexuels ou éléments matériels catégoriques, l’accusation contre l’animateur périscolaire reposait essentiellement sur les témoignages concordants d’enfants de trois à cinq ans faisant état, avec les mots de leur jeune âge, d’attouchements de sa part sur leurs parties intimes.
A la barre, le prévenu avait démenti avec aplomb tout geste sexuel envers des enfants, estimant qu’il "faut être psychopathe pour faire ça".
Ce journaliste freelance a en revanche été reconnu coupable de harcèlement sexuel sur deux collègues et condamné à 8 mois de prison assortis d’un sursis de 24 mois, avec obligation de soins et d’indemniser les victimes.
Sa relaxe mardi a provoqué un tollé parmi les familles des enfants, certains parents éclatant en sanglots dans la salle.
"Marine Le Pen a eu un an de bracelet électronique et nous rien, alors qu’on viole des enfants", avait réagi dans la foulée la porte-parole du collectif #MeTooEcole, Barka Zerouali, né à la suite de cette affaire.
L’organisation tiendra une conférence de presse jeudi à 08H30 devant l’école Baudin.
Dans un communiqué, le tribunal a expliqué avoir "constaté des variations dans les déclarations des enfants entre les éléments rapportés par les parents et les auditions faites par les enquêteurs".
"L’examen psychologique des enfants indiquait que les déclarations initiales avaient pu être orientées par les questions de leurs parents", a-t-il précisé.
AFP
