Au moins 90 personnes ont été tuées

Séisme/Mexique: le pays enterre ses morts, l'aide s'organise

  • PubliĂ© le 11 septembre 2017 Ă  05:33
Les destructions provoquées par un séisme de magnitude 8.2 à Juchitan de Zaragoza, le 10 septembre 2017 au Mexique

Les processions funéraires se succédaient dimanche à Juchitan, dans le sud du Mexique, tandis que l'aide s'organisait peu à peu, trois jours aprÚs le tremblement de terre de magnitude 8,2 qui a fait au moins 90 morts.


"Nous informons que le bilan des personnes qui ont perdu la vie est passé à 90, dont 71 dans l'Etat de Oaxaca, 15 au Chiapas et 4 dans l'Etat de Tabasco", a indiqué la protection civile mexicaine dans un communiqué diffusé dans la soirée.
Dans l'Etat d'Oaxaca, le plus meurtri par ce puissant séisme, 25 nouvelles victimes ont été dénombrées dans la journée alors que le pays commençait à enterrer ses morts.

"Je ne sais pas si je pleure de tristesse, Ă  cause du choc ou par peur de ce qui nous attend maintenant", commentait un habitant de Juchitan, Refugio Portales, en suivant le cercueil d'un ami au son des trompettes et tambours d'un orchestre traditionnel mexicain.
Peu avant, une femme de 85 ans, Manuela Villalobos, morte durant son sommeil dans l'effondrement de sa maison, avait été portée en terre entourée de ses proches, dont certains en tenues indigÚnes aux motifs colorés.

- Plus de 800 répliques -

La tristesse le disputait à l'angoisse dans cette ville de 100.000 habitants subissant d'incessantes répliques - plus de 800 depuis jeudi soir -, fragilisant dangereusement des structures déjà endommagées. "Nous avons peur d'entrer dans nos maisons pour retirer les décombres, mais nous n'avons pas le choix parce que personne ne nous aide", commentait Carlos Villalobos Martinez, un retraité de 58 ans ayant échappé "par miracle" avec sa famille à l'effondrement de sa maison.

Plusieurs familles accompagnées d'enfants et de personnes ùgées s'étaient installées sur la petite place de l'église, d'autres avaient déployé des hamacs sous des arbres à proximité de leur maison, refusant de se rendre dans des abris afin de surveiller ce qui restait de leurs biens.

"Si nous restons dans nos maisons, nous risquons d'y ĂȘtre ensevelis, mais si nous partons dans les abris, on risque de nous voler nos biens", confiait Ă  l'AFP Hector Aguilar, un professeur d'histoire de 52 ans. Un des rares hĂŽtels de cette localitĂ© qui semblait avoir rĂ©sistĂ© au tremblement de terre a vu ses murs se fissurer aprĂšs une rĂ©plique de 5,6 degrĂ©s. La dizaine de clients prĂ©sents ont dĂ» sortir en catastrophe et abandonner le bĂątiment qui menaçait de s?effondrer, a constatĂ© l'AFP.

Sous la pluie, des femmes ont allumĂ© un feu pour prĂ©parer Ă  manger, tandis que les hommes et les enfants dĂ©gageaient Ă  la main les dĂ©combres de leurs maisons: blocs de bĂ©ton, morceaux de bois, fenĂȘtres brisĂ©es. "Nous sommes toujours sans eau ni Ă©lectricitĂ©, les enfants ont dormi dans la rue, personne n'est venu nous aider", se lamentait Maria. Parmi la population, l'exaspĂ©ration semblait croissante devant la lenteur, selon eux, de l'aide apportĂ©e.

La nourriture se faisait rare dans la ville et le prix de la tortilla de maĂŻs a plus que doublĂ© en quelques jours, passant de 30 Ă  70 pesos (environ 3,5 euros). Certains commerçants vendaient samedi leurs produits par une fenĂȘtre de crainte d'Ă©ventuels pillages.

- 'TĂąche titanesque' -

L'aide commençait toutefois Ă  arriver dans cette rĂ©gion de petites montagnes oĂč vivent des communautĂ©s indigĂšnes parfois isolĂ©es.
"Nous sommes venus soutenir nos frÚres qui sont ici à Oaxaca. Il n'y a plus de recherche de personnes, mais du soutien à la communauté", déclarait à l'AFP Miguel Angel Nava, un secouriste participant à la distribution de vivres et au traitement des blessés.

"C'est une tùche titanesque, c'est un séisme aussi grave que celui de 1985. Mais en nous unissant, on peut le surmonter", assurait ce volontaire en combinaison orange, tout en se joignant à une chaßne humaine pour déblayer les ruines d'une maison.
Dans le reste du pays, des vivres ont été récoltés pour venir en aide aux survivants, notamment au Zocalo, dans le centre de la capitale Mexico.

A Monterrey (nord), le footballeur français André-Pierre Gignac a également participé à une collecte en signe de solidarité.
L'épicentre du tremblement de terre - le plus puissant en un siÚcle au Mexique - a été localisé dans le Pacifique, à environ 100 kilomÚtres au large de Tonala (Etat du Chiapas), selon le centre géologique américain USGS.

La secousse, qui a aussi fait plus de 200 blessés, a été ressentie jusqu'à Mexico, y déclenchant des mouvements de panique, mais aussi au Guatemala, dont quatre habitants ont été blessés.

L'ouragan Katia, de catĂ©gorie 2, qui faisait craindre vendredi soir une seconde catastrophe pour le pays en quelques jours, a finalement Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ© en tempĂȘte tropicale, provoquant toutefois des inondations et la mort de deux personnes, plus au nord dans l'Etat de Veracruz (est).

AFP

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