Mais les chiffres cachent de fortes disparités

Sida dans le monde : trois porteurs du virus sur cinq ont accĂšs aux traitements

  • PubliĂ© le 18 juillet 2018 Ă  12:43
  • ActualisĂ© le 18 juillet 2018 Ă  17:08
Test du Sida

PrÚs de trois séropositifs sur cinq dans le monde - 21,7 millions sur 36,9 millions au total -, prennent des traitements antirétroviraux, soit la plus haute proportion jamais atteinte, selon un rapport de l'Onusida publié mercredi.

L'instance de l'ONU chargée de la lutte contre le sida a toutefois tiré la "sonnette d'alarme" sur l'insuffisance des financements. "Il manque 7 milliards de dollars par an (...) pour nous permettre de maintenir nos résultats", a déclaré à l'AFP son directeur exécutif, Michel Sidibé.

En 2017, 36,9 millions de personnes dans le monde vivaient avec le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH), contre 36,3 millions en 2016, selon le rapport annuel de l'Onusida dévoilé à Paris. Et 21,7 millions avaient accÚs aux traitements antirétroviraux qui préviennent le développement du sida (contre 19,4 millions en 2016).

L'an dernier, 940.000 personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida (990.000 en 2016), selon ces chiffres publiés avant la conférence internationale sur le sida d'Amsterdam (23-27 juillet).

À titre de comparaison, au pic de l'Ă©pidĂ©mie en 2005, 1,9 million de dĂ©cĂšs dans le monde Ă©taient liĂ©s au sida, et seuls 2 millions de porteurs du VIH (sur 30 millions au total) avaient accĂšs aux traitements. Il y a eu 1,8 million de nouvelles infections l'an dernier, un nombre stable par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.

- La moitié des enfants non traités -

Ces résultats globaux cachent de fortes disparités. En Afrique de l'Ouest et centrale notamment, seuls 40% des porteurs du virus ont accÚs aux traitements. "Certains pays continuent à nous inquiéter, comme le Nigeria, qui représente à lui seul environ la moitié de toutes les nouvelles infections d'Afrique de l'Ouest", selon M. Sidibé.

Autre source d'inquiĂ©tude: "l'Ă©pidĂ©mie en Russie est en train de se gĂ©nĂ©raliser. Alors qu'elle Ă©tait concentrĂ©e sur les populations qui s'injectent des drogues, elle touche de plus en plus la population gĂ©nĂ©rale", a expliquĂ© M. SidibĂ©. Il a pointĂ© du doigt "des lois gĂ©nĂ©ralement punitives". Celles-ci empĂȘchent "de mettre en place des politiques de rĂ©duction des risques qui permettraient Ă  ces populations qui s'injectent des drogues d'avoir accĂšs Ă  des services de santĂ© (...) Ces personnes se cachent et infectent leurs partenaires".

M. SidibĂ© a par ailleurs reconnu des insuffisances dans la lutte contre le sida chez les enfants. "MĂȘme si on a Ă©vitĂ© 1,4 million de nouvelles infections chez les enfants depuis 2010, on constate malheureusement que nous n'avons pas fait suffisamment de progrĂšs", a-t-il notĂ©. "On continue Ă  avoir plus de 50% des enfants qui n'ont pas accĂšs aux traitements, et il y a eu l'annĂ©e derniĂšre 110.000 dĂ©cĂšs et 180.000 nouvelles infections. C'est inadmissible", a-t-il ajoutĂ©.

AprÚs les succÚs remportés ces derniÚres années, "nous nous endormons sur nos lauriers et nous faisons face à une crise de la prévention", a estimé le patron malien de l'Onusida, en insistant sur l'importance du financement. "La crainte est que la diminution des contributions des bailleurs internationaux n'entraßne une diminution des investissements internes des pays touchés", a-t-il dit. Or, "au moins 44 pays dépendent à 75% de l'aide internationale pour combattre l'épidémie".

"Si l'on ne dispose pas de ces ressources, il y a un risque important de rebond de l'épidémie, avec un risque de résistance grandissante et d'augmentation de la mortalité due au sida", a-t-il prévenu.

AFP

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