Six personnes interpellées en lien avec le rapt d'une magistrate et de sa mère

  • Publié le 9 février 2026 à 10:31
  • Actualisé le 9 février 2026 à 10:33
Des scellés de la police sur un garage où deux femmes dont une magistrate ont été séquestrées, à Bourg-lès-Valence, le 6 février 2026 dans la Drôme ( AFP / Alex MARTIN )

Coup de filet dans l'enquête sur le rapt et la séquestration survenue cette semaine d'une magistrate grenobloise et sa mère: six personnes, dont un mineur, ont été interpellées dans cette nouvelle affaire de demande de rançon en cryptomonnaies, selon le parquet de Lyon dimanche.

Les deux victimes, âgées de 35 et 67 ans, avaient été retrouvées blessées vendredi dans un garage dans la Drôme après avoir été séquestrées pendant une trentaine d'heures.

Dimanche après-midi, vers 15h, un sixième homme mineur, a été interpellé a indiqué à l'AFP le procureur de Lyon, Thierry Dran, confirmant une information du Parisien.

Plus tôt dans la journée, il avait déclaré que quatre hommes et une femme avaient déjà été arrêtés, trois dans la nuit et deux dans la matinée, et placés en garde à vue.

Deux des personnes interpellées dans la nuit tentaient de prendre un bus pour l'Espagne, selon une source proche du dossier, tandis que les deux suspects arrêtés dimanche matin se trouvaient dans l'ouest lyonnais, a indiqué une seconde source.

La femme arrêtée est la compagne de l'un des autres suspects, a précisé cette source, ajoutant que d'autres personnes sont encore recherchées.

Policiers et magistrats se montraient prudents dimanche sur le profil des gardés à vue, présentés par plusieurs médias comme des exécutants, notamment des petits délinquants recrutés sur les réseaux sociaux.

"L'enquête le démontrera, il est beaucoup trop tôt pour tirer la moindre conclusion", a commenté le procureur de Lyon à ce sujet.

L'enquête se poursuit, pilotée par l'Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et traitée par la Juridiction interrégionale de Lyon et les polices judiciaires lyonnaise et iséroise.

- Demande de rançon -

La magistrate, qui exerce à Grenoble, a été enlevée jeudi vers 2h50 à son domicile de Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble, avec sa mère, avait indiqué vendredi le procureur de Lyon en conférence de presse.

Son compagnon, "associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaie", était absent lors du rapt mais a prévenu la police vers 09h30 jeudi matin, après avoir reçu un message de la part des ravisseurs, menaçant de mutiler les victimes si un versement de rançon en cryptomonnaies n'était pas rapidement effectué", selon M. Dran qui a refusé de préciser le montant demandé.

Un important dispositif policier, comptant 160 agents de différents services, a alors été mobilisé dans la région, mais les deux femmes ont réussi à se défaire de leurs liens et à donner l'alerte par leurs propres moyens.

"Elles ont pu profiter de l'absence de leurs ravisseurs pour se détacher" et appeler de l'aide en tapant contre la porte du garage où elles étaient enfermées, à Bourg-les-Valence, avait détaillé le procureur.

"Alerté par le bruit, un voisin est alors intervenu. Il a pu ouvrir la porte et ainsi permettre à nos deux victimes de s'échapper", selon M. Dran.

La mère et la fille, qui souffraient d'hématomes, se sont réfugiées dans un laboratoire d'analyses médicales situé à proximité avant d'être prises en charge par les secours et admises à l'hôpital.

Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vols de cryptomonnaies se sont multipliés en 2025 en France, parallèlement à la popularité de ces actifs.

En janvier, un homme de 74 ans avait été enlevé dans le but d'extorquer une rançon en cryptomonnaie à son fils, à Voiron (Isère), et libéré quelques heures plus tard à Loriol (Drôme). Trois personnes avaient été mises en examen et écrouées dans cette affaire. 

AFP

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